mardi 30 avril 2013

Le Baiser de la mouche – Chris Simon


Le Baiser de la Mouche est un court recueil de nouvelles fantastiques, sept exactement. Je mentirais en prétendant que je l’ai beaucoup apprécié. Pas parce qu’il est mal fichu, au contraire : l’écriture en est vive et précise, recherchée, poétique, les ambiances y sont détaillées et riches. En revanche, les « intrigues » ne correspondent pas à ce que j’attends (et aime) du fantastique... Même si le canon « strict » du fantastique est respecté ici (intrusion d’un élément impossible dans la réalité), cet élément n’est pas le moteur du récit, ni même un point d’appui. Le surnaturel y est une péripétie presque... naturelle, faisant partie du décor et acceptée par les personnages qui s’en étonnent à peine. On s’enfonce davantage dans une ambiance onirique et étrange, mélange de réalisme et de songe, de surréel et de trivial, que dans des intrigues ficelées, plus proche de l’horreur, et c’est un peu à côté de ce que je m’attendais à trouver dans un recueil de « Nouvelles Fantastiques », mes préférences errent plutôt du côté de l’horreur moderne.
Cela dit, je comprends très bien que le domaine est suffisamment vaste pour inclure les textes de ce recueil qu’on serait bien en peine de « cataloguer » et que s’ils ne siéent pas nécessairement à mes goûts, ils peuvent rencontrer leur public, car ils le méritent... Pour les amateurs de sombre poésie, d’ambiance onirique, de fantastique à tendance cauchemar soft, une petite « mise en bouche »...

Retrouvez l'auteur, son univers et ses livres sur : http://www.ebookbychrisimon.com/

jeudi 18 avril 2013

Fiction Spécial 28 - Toxicofuturis



Oh la la... Autant j’ai plaisir à relire les univers, autant je n’aurais probablement jamais ouvert cette antho si j’avais eu la malchance de la lire à l’époque... Bon. Tout arrive tôt ou tard, j’ai eu la malchance de la lire de nos jours...

Que c’est mauvais... A croire que Demuth n’avait aucun goût ou aucun choix... Etant donnée la qualité du bouquin, sur papier torchon type « Fiction » déjà jauni dès sa sortie, avec un texte visiblement non corrigé (coquilles, fautes d’orthographe et d’accords pleuvent à verse), on peut supposer que l’anthologiste disposait d’un pécule si dérisoire qu’une fois rameuté les copains, il ne pouvait pas se permettre de leur refuser leur texte. On peut supposer que ceux-ci, devant la somme dérisoire qu’on leur proposait, sortait de leur tiroir les machins innommables qu’on leur refuserait ailleurs...
Je ne sais pas, mais j’aimerais bien leur trouver des excuses, parce que si j’ai entrepris de lire ce recueil, c’est que le sommaire m’intéressait et que les noms des auteurs m’attiraient...

Hélas, entre le machin infâme torché (c’est le cas de le dire) par Frémion, la nouvelle foutraque et anodine de Jan De Fast, les textes banals et immédiatement oubliés de Barlow, Walther (shhhheshhh), Houssin, Dermèze (gentil), Jeury et Alexandre... Il ne restait pas grand chose à se mettre sous la dent... Le Curval n’est pas trop mal et le texte de Michel Leriche est étonnant, car il ne décrit pas mal notre monde... d’aujourd’hui ! Ce qui n’est pas souvent le cas des textes de 77...

Bon. On ne meurt pas d’un mauvais livre... Il y en a d’autres ;-)

vendredi 12 avril 2013

Tuons et créons, c’est l’heure – Lawrence Block

Malgré le titre français qui ne donne pas envie de s’arrêter, j’ai lu dernièrement cette deuxième aventure de Matt Scuder, cet ex-flic détective qui n’en est pas un... J’ai apprécié, comme la première fois, l’écriture sèche et la caractérisation du personnage, très « noir ». Le héros dur, mais honnête, toujours prêt à prendre sur lui et qui triomphe, de justesse, des bagarres et attentats qu’il subit...
En dehors de ça... L’intrigue ne tient pas vraiment debout, « l’enquête » est sans intérêt et les déductions du détective sont crétines et sans fondements.
Bref, un bon roman policier, mais pas bon...:-(

Je pense que je me laisserai tenter par une 3e aventure « pour voir », mais que si Block ne redresse pas la barre, ce sera la dernière...

jeudi 11 avril 2013

Eros au Futur - Fiction Spécial 27

 Nouvelle plongée dans un futur du passé et dans les seventies... Je deviens un vrai vieux con nostalgique, ce qui est toujours mieux qu'un vieux con mort ou fasciste ou amorphe ou pas mal d'autres choses encore que je ne souhaite à personne...

Contrairement au dernier Fiction Spécial que j'ai exploré, celui-ci est d'une très bonne tenue (exception faite des coquilles et fautes diverses, mais bon, on sait qu'Opta était un éditeur merdique qui ne privilégiait guère l'étape "correction" de ses bouquins...)

Il est tout de même plus aisé de créer une anthologie de textes étrangers que français... Même s'il y a de très bons écrivains en France, il faut, en tant qu'anthologiste, oser refuser un texte qu'on a sollicité. Ça ne doit pas être évident... Si je retourne au FS 28 de la fois dernière, vous imaginez Michel Demuth, après avoir demandé un texte spécifique à Yves Frémion, alors rédacteur en chef d'univers, revue cotée dans laquelle Demuth pouvait espérer publier un de ses propres textes, refuser celui-ci ?? "Écoute, Yves, tu te fous de ma gueule, la merde que tu as envoyée est la pire chose que tu aies jamais pondue ! N'importe quel collégien m'aurait fourni mieux et si on t'avait envoyé cela, même en bouche-trou, tu te serais essuyé les pieds dedans...

Non. Je ne pense pas. C'est plutôt : "Ah merde, il se fout de ma gueule, la merde qu'il m'a envoyée est la pire chose qu'il ait jamais pondue ! Bon. Tant pis, je ne peux pas la lui refuser, j'ai une nouvelle en attente pour Univers. Et puis, j'aurai jamais assez de textes pour ce Fiction si je refuse. Oh, tant pis, je m'en fous, je serai payé pareil et lui aussi... De toutes façons, personne ne retient jamais le nom de l'anthologiste, alors..."

Évidemment, pour Jacques Chambon, le travail était plus aisé... Il n'avait qu'à choisir dans des anthologies anglo-saxonnes, les textes qu'il préférait. Le travail d’écrémage des mauvais textes avait déjà été faits par ses homologues américains... En prenant les meilleures nouvelles de chaque livre, il s'assurait de produire une excellente antho, d'autant qu'il a plutôt bon goût. Tout ça pour pas vraiment plus cher qu'une antho originale... Trop cool.

Cet Éros au Futur est plutôt réussi, même si on n'y trouve pas, de nos jours, le "frisson de l'audace" qui, peut-être, imprégnait la chose en 1977. En tout cas, les textes ont bien passé l'épreuve du temps...
Les deux nouvelles de Silverberg sont de beaux textes bien de leur époque, celle où il était non seulement en verve, mais aussi "habité"... Le texte de Brian Aldiss est tout simplement excellent. A la relecture des univers, ainsi qu'ici, je me rends compte que j'aime beaucoup Aldiss. Je me souviens en revanche de n'avoir pas vraiment apprécié ses romans à l'époque... Peut-être est-il temps que j'aille m'y plonger de nouveau (à moins qu'il ne soit vraiment bien meilleur novelliste que romancier ??) 

Certaines nouvelles accusent leur âge et sont peut-être un peu moins intéressantes de nos jours, pour avoir gagné en "banalité", comme celles de Joanna Russ ou de Pamela Sargent. Mais d'autres, bien qu'un peu "défraîchies" également, restent très lisibles par l'efficacité de l'écriture, comme celles de Piers Anthony ou Terry Champagne, par exemple...

J'ai beaucoup aimé l'ensemble de l'antho... La seule nouvelle à m'avoir déçu a été celle d'Harlan Ellison, trop brouillonne, banale et longue pour retenir mon attention...



lundi 8 avril 2013

Les Souris ont la peau tendre – San-Antonio


Le commissaire San-Antonio fait de la Résistance... Pour ce troisième volet des aventures du célèbre personnage de Frédéric Dard, San-A se fait parachuter sur la côte belge en pleine Occupation, pour aider le correspondant local à éliminer une taupe...
Bon. Comme d’habitude, il ne faut pas chercher une intrigue tarabiscotée dans ce bouquin... San-A avance au hasard, distribue et reçoit des gnons, séduit toutes les gonzesses qui passent et zigouille quelque méchants au passage, tandis que les balles qui le visent passent toutes à deux centimètres de sa caboche... Normal, quoi, le quotidien du héros... Le seul intérêt du roman vient, bien sûr de sa forme et de son langage savoureux...
Honnêtement, vivement quand même que la Guerre soit finie et qu’il commence à mener des enquêtes civiles... Si possible avec Béru et Pinuche... J’avoue que je ne me rappelle plus à partir de quel roman ça arrive... Je me laisse porter tranquillement au fil des tomes...

dimanche 7 avril 2013

RCW - Ayerdahl


Publié chez Actu-SF, cette nouvelle d’Ayerdahl est plus qu’un hommage à Roland, trop tôt disparu. C’est une nouvelle incursion dans les Futurs Mystères de Paris, un magnifique nouvel épisode des aventures de Temple Sacré de l’Aube Radieuse, un pastiche qui ne dérape jamais dans la parodie, un clin d’œil, un salut, un moment de pur bonheur, un « à la manière de » parfait qui m’a réjouit tout le long de sa lecture et m’a laissé en larmes dans son final émouvant et sincère.
Merci, Yal, pour cette belle nouvelle.

 Roland, en train de faire l'andouille, 
au petit-déj' dans ma cuisine, à Roubaix...
Crétin ! Maintenant, j'aimerais bien avoir aussi un cliché
après ce délire... Mais à l'époque, le fou-rire m'avait suffi...
Vous profiterez donc de cet anonyme RCW...

mardi 2 avril 2013

Univers 05



Ah ! Magie des Univers... Parfois, à la relecture, on se demande pourquoi on a tant aimé cette série et parfois, comme ici, on constate qu’on ne pouvait pas faire autrement...
Sous une couverture magnifique de Forest, voici l’un des tout meilleurs numéros de l’anthologie trimestrielle de notre adolescence (bon, les plus jeunes et les plus vieux, vous adaptez...)
En lisant la nouvelle de Katia Alexandre et Michel Jeury, j’ai la surprise de replonger dans l’univers du lamentable Fleuve Noir de Jeury (Goer, descendu en flammes plus bas dans ce blog)... Sauf qu’ici, c’est une nouvelle tout à fait honorable, entêtante, avec une histoire... Très belle...
Suit une nouvelle de David Gerrold, un peu anecdotique, mais très bien troussée. Et les nouvelles se suivent, parfaites : Bishop, évoque de façon un peu nostalgique le rêve de l’espace dans une société à la « 1984 » ; Barlow, le sort des futurs demoiselles de compagnie des pilotes de l’espace, dans un texte très beau et très poignant ; Priest, charge la mule dans une société patriarcale ; Eklund utilise les voyages temporels pour mieux résoudre les triangles amoureux ; Lafferty (un cran au dessous) délire dans un texte écrit sous influence (j’espère pour lui;-) ) et Wolfe livre une magnifique nouvelle sur la différence.
Le Port-Folio de Volny est peut-être un peu daté, mais hélas toujours d’actualité...

Un numéro quasiment parfait... Je continue donc ma relecture de la série...

dimanche 31 mars 2013

La Fiancée des Ténèbres – Meg Cabot


Quatrième et avant-dernier tome (à ma connaissance) de la série Mediator, de Meg Cabot, romans fantastiques pour adolescentes (tout à fait mon profil). Suze est mediator et voit les morts depuis toujours. Son boulot est de les accompagner et de les aider à s’en aller... Oui, un peu comme dans le 6e sens, sauf que c’est une comédie... Oui, un peu comme dans Dead like me, sauf qu’elle n’est pas morte au préalable et qu’elle ne fauche personne...
Dans ce tome, elle rencontre un autre jeune mediator et elle tente de gérer son amour enfin avoué pour le fantôme qui hante sa chambre... Malheureusement, Cabot en profite pour changer le caractère de son héroïne et, au lieu d’être une badass qui flanque des torgnoles, elle passe pas mal de temps à pleurer toutes les larmes de son corps, ce qui est quand même moins rigolo.
On ne s’ennuie cependant pas et ça se lit à toute berzingue et avec le sourire...
Je n’en demande pas plus à ce genre de bouquin... A suivre pour le dernier tome …
;-)

lundi 25 mars 2013

L’Affaire Jane Eyre – Jasper Fforde



Alors là, on s’accroche...
Je ne sais pas pourquoi j’ai téléchargé les bouquins de Jasper Fforde... Ça fait partie des charmes de la mise à disposition de la culture mondiale:c’est là, les couvertures surréalistes ne sont pas mal, on clique et hop...
Et puis, en passant, par hasard, je vois qu’un des tomes a été traduit par Michel Pagel. Bon. C’est une raison comme une autre, mais moi je suis un fidèle de Michel. Et mieux, j’aime bien cet affreux jojo, même si on n’échange guère plus que des vœux de bonne année de nos jours :(
Bref, comme je connais assez l’individu pour savoir que sa traduction ne peut pas être qu’alimentaire, je me dis que Fforde ne doit pas être mauvais... Je regarde si, par hasard, Michel n’aurait pas traduit les autres... Ah non. Bon. Tant pis, on va quand même commencer par le premier, faut être un peu logique... Et là...

Là, on plonge en trois lignes dans une réalité qui n’est pas la nôtre, mais presque. Une uchronie ? Non. Un monde parallèle plutôt. Mais divergent... Qui s’éloigne à angle aigu du nôtre. Un monde où les valeurs sont plus réelles que dans le nôtre. Où ce sont les manuscrits des grands écrivains qui sont au musée sous globe et non pas des cailloux dorés. Un monde où le temps peut s’arrêter (mais la Chronobrigade veille), où où peut-être prisonnier d’un poème, où une modification d’un manuscrit original impacte tous les exemplaires qu’on en a tirés, un monde où on participe au Roi Lear comme au Rocky Horror Picture Show, un monde en fait où tout ce qui peut arriver, même de plus improbable, arrive... Et avec le sourire, s’il vous plaît...

Bref, c’est une folie douce que ce premier tome de Thursday Next, une jubilation de tous les instants...

A part pour le chapitre 13... qui faisait planter ma liseuse, parce qu’il existait dans la table des matières, mais pas dans le texte... Je me suis dit que c’était fait exprès, comme la page 12bis dans Spirou, un gag éculé sur la nocivité treize exagérée de ce nombre, puis j’ai changé d’avis, à cause du titre du chapitre dans la TdM... Alors, j’ai refermé le livre pour une dizaine de jours, le temps de rentrer de vacances et de tenter de re-télécharger une meilleure version... Inutile... Car il n’y a effectivement pas de chapitre 13 dans tous les tomes de la série... Andouille d’auteur à la noix ! J’ai poireauté dix jours pour lire la fin du bouquin !!!

A suivre, chic, il y a encore quatre tomes...

vendredi 22 mars 2013

Adopte un auteur

Dans la jungle du numérique, certains auteurs ont compris que plutôt que de se faire entuber par un gros éditeur, puis piraté, il n'était pas inutile d'aller chercher des lecteurs où il y en a : sur le net ! (Ça n'empêche pas de se faire entuber un jour par un gros éditeur, personne ne refuserait ;) )

Le site "adopte un auteur" regroupe quelques auteurs qui acceptent de donner leurs livres (numériques) aux lecteurs à la seule condition que ceux-ci les chroniquent (sur leur blog ou dans les commentaires des gros libraires numériques)... Voilà un moyen intéressant et original pour se faire connaître...

J'en ai immédiatement adopté une... Parait que ça bouffe presque pas ces bestioles (une question d'habitude...)



;)

Chronique de son livre prochainement sur ce blog !

http://www.adopteunauteur.fr/

jeudi 21 mars 2013

Le Train de la réalité - Roland C. Wagner



Nouvelle immersion dans le monde parallèle de Rêves de Gloire... Ce recueil de nouvelles n'est pas une suite, mais d'autres nouvelles dans la même uchronie, certaines antérieures à RdG... Elles s'intègrent à l'univers, sans s'y intégrer, puisqu'elles se passent principalement en métropole, où le principal traumatisme déclencheur de l’uchronie est bien sûr l’assassinat de Charles De Gaulle. D’ailleurs on va découvrir dans ce livre qui se cachait derrière cet attentat...
Mais n’y a-t-il pas plus de tueurs que nécessaire ? L’ennui avec l’inconscient collectif, c’est qu’il est... collectif et plus d’une voix s’élève pour raconter ses souvenirs...
Ce recueil n'a pas l'unité (si on peut dire) de Rêves de Gloire, mais ce  n'est pas un roman, donc c'est difficilement comparable... J'ai en tout cas beaucoup aimé cette "piqûre de rappel" quelques mois après avoir lu RdG. J’ai juste été un peu déçu de ne pas pouvoir adorer la meilleurs nouvelle du livre : celle du meilleur groupe de rock inconnu de tous les temps, une idée délicieusement Wagnérienne dont le plaisir de lecture est gâché par le choix de Roland d’associer à la voix du narrateur son accent. Que c’est désagréable à lire : je pense sincèrement que le ton aurait suffi, sans déformer les mots, il a bien suffi pour tant de personnages, tant de « voix » des deux livres...
A part ce bémol, une belle réussite dans la continuité du roman avec des échos et des réverb de ce qui se passe en Algérois au bon endroit, au bon moment...

dimanche 17 mars 2013

univers 14



Suite de la période politico-n’importe quoi d’univers... Entendons-nous : ce n’est pas le côté politique d’Univers qui me dérange/dérangeait, d’autant que je partage nombre d’entre elles, en particulier de celles de Monsieur l’ex député Vert Yves Frémion, mais le grand déballage des nouvelles incompréhensibles ou dérisoires sous couvert de modernité... En gros, je constate que ce que je n’avais pas aimé à l’époque, je ne l’aime toujours pas. Le contraire est rarement vrai...
Dans cet Univers 14, je glisserai charitablement dans la première poubelle (de tri sélectif) venue, les textes de Jack Dann et Leveghi, oubliés 5 minutes après les avoir lus...
Dans la 2e poubelle, celle des textes sans intérêt autre qu’anecdotiques, je balancerai le Thirion (frénétique comme à son habitude, mais certaines des ses nouvelles étaient plus réussies), le Houssin (pochade-copinage, dommage), le Coney (apparemment incompréhensible, mais qui s’éclaircit sur la fin, sans pour autant rendre le texte intéressant, quel supplice!) et même le Marlson (banal)
3e bac, nouvelle pas mal, mais très (trop) classique, le Plaisir solitaire de Brian Aldiss, variation sympathique sur Jack l’Eventreur...

Je ne sauverais donc réellement de cet Univers que quatre mémorables pièces :

* l’essai de Bernard Blanc La S-F est-elle radioactive ?, à la fois rigolard et véhément, du pur Bernard Blanc d’alors... Pas étonnant que je fusse à l’époque abonné au Citron Hallucinogène...

* D’amour, de libre arbitre et d’écureuils gris par un soir d’été de Stephen Goldin, une magnifique nouvelle de SF, classique, romantique, éternelle. Parfaitement écrite, avec retenue. J’adore...

* Chronique d’écriture S-F d’Yves Dermèze, petit article (ou nouvelle) d’humour SF bon enfant et malicieux, comme les adorait Dermèze, alias Paul Bérato... Paul Béra est souvent considéré comme un auteur français très mineur et c’est vrai qu’il n’a jamais révolutionné le genre, mais il a passé sa vie à écrire sans faillir des romans de SF qui se tiennent, tout en se tenant à l’écart des modes et des genres. Il était en outre d’une gentillesse et d’une simplicité remarquable et j’ai correspondu un bon moment avec ce vieux monsieur qui vivait modestement "dans sa grande bâtisse en phase de décrépitude avancée" (© Lionel Evrard) du Sud de la France, avec ses 17 chats. J’ai même publié quelques unes de ses pochades dans Lendinstorize, des petits textes humoristiques, qu’il m’envoyait écrits au stylo de sa petite écriture très lisible, mais un peu tremblotante, sur des petits morceaux de papier pelure, des récupérations, car, m’avait-il confié dans un courrier, il tirait sur tout, parce qu’il vivait au seuil de la misère !
Un triste jour, je lui avais envoyé son exemplaire de Lendinstorize et celui-ci était revenu avec la mention « décédé », me rendant bien triste de n’avoir jamais pu rencontrer mon « papy-sf »...
De le retrouver publié dans Univers me fait plaisir, car cela prouve que certains savaient reconnaître le talent où il était, même sans « charge politique » pour l’enrober. Merci Frémion...
De surcroît, le texte est hilarant !;-)

* Le meilleur de cet Univers (et c’est bien la seule fois), c’est le Port Folio de Volny : Sondage. En 6 images d’une sobriété parfaite, il a tout dit de l’indifférence dans lequel vit le monde, de l’hypocrisie des media et des sondages, de notre aveuglement quotidien... C’est une pure merveille...
Tiens, d'ailleurs, je suis sûr que ça ne dérange personne si je le passe ici :



 

mardi 12 mars 2013

Chérub 2 : Trafic – Robert Muchamore



Pas de doute, c’est bien écrit. Facile, rapide, efficace. Du bon roman d’espionnage... Mais comme toujours dans les romans d’espionnage, les héros sont des gens peu recommandables, à l’honnêteté et à la vertu limitée. Ils tuent, boivent, se droguent, mentent, trahissent « pour les besoins de la mission » bien sûr, pas les uns envers les autre, là, ils sont réglos. Enfin, normalement...
Le problème dans Chérub, c’est que les héros sont des ados et que le bouquin est sensé être destinés aux ados... Et que là, ça commence à puer...
Parce que des ados, y en a des bien clairs dans la tête, capables de trier le bon du mauvais, mais il y en a beaucoup aussi, c’est le propre de l’adolescence, qui se cherchent, qui s’égarent, qui gobent... Est-ce bien malin de leur fourrer dans les pattes, un truc aussi réjouissant, mais aussi tendancieux ? Avec un personnage principal toujours prêt à faire des conneries ? Qui ne reste dans le « droit chemin » que par chance, par contrainte ou par subversion ?
Je ne vais pas m’ériger en censeur ou en vieux con... Peut-être que je m’inquiète pour rien et que les ados qui lisent des romans font tous, justement, partie de ceux qui vont savoir trier les idées... Après tout, j’ai lu, ado, un sacré paquet d’OSS 117, avec Hubert Bonisseur de la Bath qui baisait tous azimuts et torturait les opposants (j’avais même lu un SAS, mais j’avais quasiment eu la nausée à cause d’une scène de torture horriblement explicite et complaisante : je n’en ai jamais plus ouvert un) et je n’ai jamais torturé personne... J’ai vu des dizaines de films gore et n’ai jamais éventré autre chose qu’un Bounty...
Cela dit, c’était des lectures d’adultes et je ne faisais que profiter du laxisme de mes parents. Je ne suis pas sûr qu’ils aient eu raison de n’exercer aucun contrôle sur mes lectures à l’époque ! Je suis même sûr que je ne laisserais pas mes propres enfants les lire. Pas sans en discuter en tout cas...

Pour la même raison, je ne mettrai pas les Chérub à leur disposition avant un bon moment... Et peut-être pas du tout, s’ils ne me les demandent pas... (Mais moi, je vais encore en lire... Tant que je ne serai pas lassé:-P )

Pour en revenir au bouquin proprement dit, ça défile comme une série américaine, et le fait que les personnages soient des ados permet des dialogues incisifs et des situations très premier degré qui font sourire et relancent l’action. C’est vraiment très « speed » et sympa...
En revanche, au niveau des idées qui puent, si la drogue, c’est sale et vilain, l’alcool, c’est interdit, mais toléré... Les seuls inconvénients en sont, c’est bien connu, uniquement des gueules de bois très comiques le lendemain... Mouais...
Quant à la supériorité de l’éducation des super-espions, c’est uniquement grâce à la sévérité de leurs instructeurs. Les punitions et les humiliations, y a que ça de vrai... On voit que c’est écrit par un anglais, il ne manque que les coups de canne !

Au secours !!! Restons focalisés sur les missions et les rapports entre élèves, ça vaut mieux...

samedi 9 mars 2013

L’Enfant des Glaces / Les Otages des Glaces – GJ Arnaud


Le rythme de croisière s’installe et l’auteur raconte linéairement les aventures de Lien Rag... Après avoir recherché pendant longtemps Jdrou, la femme rousse dont il est amoureux, tout en s’occupant secrètement de leur fils métisse, Rag finit par découvrir qu’elle a été tuée. Il confie son enfant à Yeuse et s’enfuit avec Kurts, le pirate...
Rien de neuf, donc dans ces deux épisodes : les personnages sont connus et réapparaissent tour à tour, ça ronronne un peu, ce n’est guère passionnant... C’est écrit avec la passion d’un article de presse régionale et on subit, comme d’habitude, les fantasmes sexuels de l’auteur, ce qui ne peut plaire qu’à ceux qui les partagent... Il y a trente ans, c’est à ce moment de la saga que j’avais abandonné. Je comprends pourquoi...
Je vais essayer de « passer le cap » cette fois-ci en espérant que la série rebondira un peu et tiendra les promesses de ses 60 et quelques épisodes... Mais si ça reste figé comme ça, je n’irai pas bien loin...
It’s a question of... temperature...

NB : Les couvertures des FNA ne sont pas souvent jolies (et encore moins en rapport avec le contenu), mais pour ces deux tomes-là, ils s'étaient réellement surpassés ! La cover des Otages donne envie de vomir... Quant à l'autre, si c'est pour nous claquer un portrait d'Annie Duperey, j'aurais préféré qu'ils prennent une photo tirée "d'un Eléphant, ça trompe énormément"... Y avait pas plus de rapport avec l'Enfant des Glaces, mais j'sais pas pourquoi, j'aime mieux...

vendredi 8 mars 2013

Sans Forme – Gail Carriger



Deuxième volet des aventures steampunk d’Alexia Taraboti, ah non, Lady Maccon, elle s’est mariée, dommage pour l’éditeur qui continue à écrire « Une aventure d’Alexia Taraboti » sur la couverture... L’effet premier est toujours le même pour moi, la profusion de détails vestimentaires, le détail de chacun des repas pris par les protagonistes m’énervent un peu, mais les solides personnages et les aventures originales (malgré quelques ficelles un peu grosses) emportent l’enthousiasme et donne envie d’avancer dans le roman et dans la saga... A noter une très nette prédilection de Mme Carriger pour les descriptions de jolis fessiers... Chacun ses petites obsessions, hein ? Celle-là, je la comprends bien...
Dans ce tome, un phénomène étrange prive les êtres surnaturels de leurs caractéristiques dans une zone géographique qui semble se diriger du sud au nord. Dans cette zone, humains et vampires redeviennent humains (avec les inconvénients que cela présente : faiblesse, vieillissement, mortalité), pour les fantômes, c’est pire, ils sont immédiatement exorcisés... Cela dit, ils ne sont pas bien lotis au départ, les pauvres... Et comme si Lord Maccon n’avait pas assez à faire avec cela, il doit encore faire face à son ancienne meute, qu’il a abandonné jadis, pour trahison... Heureusement que sa vive épouse le soutien et l’épaule en permanence, ou presque... Car la pauvre connaît quelques faiblesses ces derniers temps... Et pour cause...
Distrayant et gouleyant...

jeudi 7 mars 2013

100 jours en enfer – Robert Muchamore


Premier tome d’une longue série de la série Cherub, de Robert Muchamore, romans d’espionnages pour adolescents (tout à fait mon profil), ce roman écrit d’une manière très efficace, mais sans originalité (ficelle commerciale, à mon avis, ça sent le « pro », le scénariste de série télé), plonge le jeune James Choke, ado à la dérive, récemment orphelin dans le monde secret et mystérieux de Cherub. Mais si, vous savez bien la branche archi-secrète du MI5 qui ne recrute que des enfants pour être des espions...
Ah ben non, vous ne savez pas, puisque c’est archi-secret. Bon. Faites comme si je n’avais rien dit...

Bref, Cherub recrute des enfants, car personne ne se méfie des enfants... (A part peut-être le Grand Méchant Loup, mais c’est une autre histoire). On se trouve donc plongé dans une espèce de Totally Spies pour garçons, en un peu plus « musclé » et réaliste, donc, malgré une bonne dose d’humour.
Ça se lit tout seul, c’est vif et drôle, bien ciblé... Reste à voir si ça tient la distance, car si ce premier tome fonctionne très bien sur les trois premiers quarts (la découverte du futur héros, son recrutement, sa formation, un rien sadique, mais c’est souvent une caractéristique des romans d’espionnage, donc ça se tient), c’est un peu plus poussif sur le dernier quart, celui de sa première vraie mission...

A tester donc sur le prochain tome...

mercredi 6 mars 2013

univers 13



Saut en avant dans les Univers... On arrive dans la période du tout Frémion, le délire politique bat son plein et il est parfois difficile de discerner la SF dans tout ça... Les nouvelles partent dans tous les sens. Parfois, rarement, elles sont géniales, la plupart du temps, c’est du charabia insupportable... A moins que, éventuellement, sous influence, comme on dit publiquement ? Comme je ne bois pas plus que je ne me drogue, je passe à côté... Au moins, cette relecture forcée me vaccinera contre une éventuelle nostalgie de la revue !!!

Ce numéro 13 est particulièrement affligeant...
Parmi les humains en métalhumain de David R. Bunch est un texte pessimiste et bien fichu sur une humanité en triste état.
Contre-Odyssée de Michael D. Toman est un délire plutôt rigolo. Après Flaubert dans le numéro 4, c’est Homère qui est dans son collimateur...
Après ces deux nouvelles agréables, ça se détraque. Non-conforme de Jacques Boireau est une nouvelle de politique-fiction « à la française » comme il s’en écrivait tant. C’est tout à fait anecdotique et on pourrait même trouver ça ‘mignon » sous la plume d’un collégien.
J’avais toujours détesté les textes de Craig Strete, mais j’avais gardé le souvenir que celui-ci m’avait plu... Faudra que je vérifie si c’est pas plutôt dans le 17 (?) En tout cas, Nous sommes les gens dont nos parents nous ont causé au téléphone est juste un gros tas de mots... Même pas drôle.
Il n’y a pas que les Français qui écrivait de la politique-fiction, les Italiens aussi... La vie considérée comme une interférence entre la naissance et la mort de Vittorio Curtoni est le récit d’un emprisonnement politique. C’est pas de la SF. Ah si, c’est de la SF parce que c’est les Américains qui ont envahi l’Italie. Si, si, c’est dit dans la première page.
A part ça, c’est pas de la SF et c’est Chiant. (Oui, C majuscule)
Les poètes de Millgrove, Iowa de John T. Sladek est une pochade. Aucun intérêt.
Périphérie de Felix C. Gotschalck est une nouvelle « classique », pas mal fichu, le genre qui « soutient » un bon sommaire, mais qui, noyée dans un mauvais, est jetée avec l’eau du bain.
Les gens heureux ont une histoire de Philippe Castellin, un texte gentiment masturbatoire que Frémion a publié par copinage, comme on le devine à la lecture de l’édito... Pas étonnant que l’auteur n’a plus jamais fait parler de lui...
Heureusement que le numéro se termine sur Le prophète de John Christopher, solide nouvelle de sf classique, malgré son thème très en avance sur son temps... Pas assez pour sauver le numéro à mon goût...

mardi 5 mars 2013

Les garennes de Watership Down – Richard Adams



Encore une relecture ? Il est vrai qu’en choisissant de replonger dans un livre dont on garde un bon souvenir, on a moins de risques d’être déçu qu’avec une nouveauté... Cela dit, il ne faut pas en faire une généralité, car, les années aidant, les goûts se sont précisés ou ont changé, les exigences envers un texte également, en général. La déception peut être à la hauteur des attentes que l’on a envers le livre...

Disons-le tout net, ce n’est pas le cas avec Les Garennes de Watership Down. J’avais gardé un bon souvenir du livre, sans pour autant le porter aux nues. Je me souvenais de l’originalité du propos, du moment agréable que j’avais passé en le lisant... En le redécouvrant, mon envie première s’est transformée en pur délice, tant ce livre est une merveille. Non seulement, l’histoire est une passionnante épopée menant de jeunes révoltés depuis leur confortable lieu de naissance, menacé par une catastrophe prédite par l’un d’entre eux, medium, jusqu’à l’endroit inconnu où ils éliront domicile, mais le vocabulaire utilisé par l’auteur est riche et fleuri, faisant de la lecture un double moment de délices... Par ailleurs, le quotidien des héros (qui, si vous ne l’avez pas déduit du titre, sont des lapins, j’ai omis de vous le dire) est rendu à la perfection. Bien entendu, c’est le principe du roman animalier, les animaux sont un peu anthropomorphisés, puisqu’ils parlent et interagissent, mais, et c’est la force d’Adams, il laisse à ses lapins leurs caractéristiques rabiques et bien qu’il détaille par exemple leur très long voyage, il révèle à un détour de paragraphe que celui-ci n’a duré que deux jours... Le temps ne s’écoule pas à la même vitesse chez les hommes et chez les lapinidés à l’espérance de vie de trois ans... De même que leur périple ne s’étend en réalité que sur quelques kilomètres... Par ailleurs, il n’hésite pas à interrompre leurs aventures par des contes de tradition orale racontée par les protagonistes et qui mettent en scène Shraa’ilshâ ; le seigneur des lapins, à qui le traducteur a donné un nom aux consonances indiennes quand l’auteur avait préféré des sonorités arabisantes. (un soin particulier à éviter les anciennes colonies ? Bizarre. Je ne vois pas pourquoi sinon remplacer El-ahrairah par Shraa’ilshâ...)
Périples, aventures, guerre et paix à quatre pattes, comment être davantage dépaysé ? ;-)

Contes comme aventures sont tout simplement savoureux et j’ai adoré chaque minute de voyage avec Noisette, Cinquain et les shrar lapins qui les accompagnent...

lundi 4 mars 2013

univers 01



A la poursuite des Univers, avec ce troisième retour vers le futur...
Univers 01. Le livre que j’ai acheté à 14 ans et qui allait me marquer durablement, puisque j’allais rechercher très vite les autres numéros de la série (3,4,5, il me semble que c’est tout ce qui était paru à ce moment, le 2 était épuisé et j’ai fini par le dégoter bien plus tard... Les 6 à 19, je les ai toujours achetés à parution...)
Cette première relecture depuis 30 ans, quel parfum avait-elle ? Celui de la nostalgie ? Même pas vraiment, car j’ai redécouvert chaque nouvelle comme si je ne les avais jamais lues, les ayant toutes oubliées (sauf une dont les premiers mots m’ont immédiatement remis sa musique en tête...), même si, parfois, il me restait un souvenir du plaisir (ou non) que j’y avais pris... C’est comme ça, j’oublie les histoires, mais je me souviens si cela m’a plu ou non...
Ce premier sommaire d’univers donnait le la et mélangeait textes « classiques » et délires expérimentaux (souvent chiants, il faut bien l’avouer, mais parfois, ça fait mouche, même si c’est très subjectif).
Dans cette dernière catégorie, L’oiseau de Mort d’Harlan Ellison et Sur le Monde penché de Michel Demuth, deux nouvelles bien casse-pieds, malgré quelques plaisanteries plaisantes dans la première.
Très classiques : Ersatz éternel de Van Vogt, sans intérêt, mais publié pour mettre un nom vendeur au sommaire et Déflation 2001 de Bob Shaw, rigolote, mais complètement anecdotique (ça fait du bien parfois)...
Notes pour un roman sur le premier vaisseau atterrissant sur Vénus de Barry N. Malzberg, ni une nouvelle, ni un roman, mais pas inintéressant à lire. Honnêtement, c’est le meilleur texte de Malzberg que j’ai lu, il a peut-être bien fait de ne pas en tirer un roman imbuvable, à son habitude... Moby, aussi de Gordon Eklund est aussi archi-classique dans le traitement et assez oubliable...
Le défi de l’au-delà, le grand round robin d’auteurs archaïques est plutôt amusant à lire... Surtout parce qu’Abraham Merritt et Catherine L. Moore posent les jalons d’une histoire très classique, mais avec juste ce qu’il faut d’accroches et d’explications pour que les auteurs suivants puissent en tirer un texte potable et que tous leurs efforts sont fichus par terre par Lovecraft qui se met à bavasser interminablement, à tirer l’histoire du côté de ses obsessions, a asséner des explications tarabiscotées et ridicules qui vont à l’encontre de ce que les deux premiers auteurs ont écrit, bref de rendre la nouvelle indigeste et ridicule. On a presqu’envie d’abandonner et puis Robert E. Howard prend le relais. Je n’ai jamais lu une ligne de Howard, mais sa réaction m’a tellement fait rire que ça m’a donné envie... En deux paragraphes, il fout un grand coup de pied dans le galimatias de Lovecraft et repart sur une idée à lui, sans se préoccuper davantage de ce qui précède... Frank Belknap Long reprend alors la nouvelle, y ajoute le point de vue que Howard avait un peu négligé et réussit à écrire une fin qui se tient... Marrant, malgré le presque siècle écoulé depuis l’écriture de ce récit...

Les deux plus belles réussites de cet Univers, selon mon goût actuel... C’est d’abord Le Salaud de Frederick Pohl, qui, en quelques pages mettant en scène un délinquant solitaire dans l’espace infini, aligne des comportements humains immuables, le désespoir de la solitude et des rapports très bien décrits entre les personnages. Excellent.

Enfin, L’Herbe du Temps de Norman Spinrad... A peine avais-je lu les premières lignes que le souvenir de ce texte, que j’avais relu un nombre incalculable de fois à l’époque, il faut l’avouer, m’est revenu à l'esprit. Je savais / saurai / ai su immédiatement où il me menait et de nouveau, j’ai succombé / succombe / succomberai au charme indicible d’une nouvelle absolument parfaite. Du très, très grand Spinrad... Et probablement une des meilleures nouvelles de SF que j’ai jamais lues / lirai jamais...