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vendredi 14 mars 2014

Un moment de grâce

Il y a des jours où on se paye une bonne tranche de chance... Mercredi dernier par exemple... Et même jeudi avec...
Mercredi, donc, j’allais accompagner la classe de ma plus grande au Planétarium de Villeneuve d’Ascq. Bon. Déjà, c’est pas mal, parce que j’aime bien les planétariums et que j’aime bien aussi ma fille. Il faut reconnaître quand même que c’est le genre de sorties où je n’ai pas vu assez ma fille (occupée à tenir son rôle de collégienne avec ses copines), ni le planétarium (une séance vite fait), mais ce n’est pas grave, le meilleur est après...
En sortant, bien entendu, en papivore accompli, je prélevai sur un présentoir tout un assortiment de dépliants et prospectus, dont la plupart seront parfaitement inutiles. Et puis, le dernier numéro de Sortir. Je ne sais pas combien de numéros de Sortir ont paru depuis l’apparition du numéro 1 dans ma folle jeunesse, mais je sais que dès que j’en vois un, je le prends et je l’épluche... Comme Presto, d’ailleurs, et pour les mêmes raisons.
Dans le bus, je le feuillette, explore les concerts, constate que je ne connais pas le dixième des groupes qui passent en métropole et, soudain, je vois que Jacques Higelin passe le lendemain au Casino Barrière de Lille !
Mince alors. Le Hige ! Mon vieux camarade. Je ne l’ai pas vu en concert depuis un sacré bout de temps (est-ce que je l’ai vu depuis « Les Héros de la voltige » ?? C’est bien possible...) En tout cas, je l’ai raté sur la tournée d’Amor Doloroso, et celle de Coup de Foudre... Je me souviens qu’il est déjà passé au Casino Barrière et aussi au Sébasto... Bon, ses disques n’étaient pas les meilleurs qui soient et le camarade a pris un méchant coup de vieux. Il nous a fait une tournée « Higelin chante Trénet » aussi, et là, je ne voudrais pas dire, mais ça ne m’attirait pas du tout...
Mais ce coup-ci, je ne sais pas, une envie... L’occasion qui fait le larron... Le manque... J’ai bien envie de voir Higelin, même s’il est âgé, même s’il est moins bon... Bref, je vais sur le site de la Fnac pour voir s’il reste des tickets : il en reste. Est-ce que ça dérange si je vais au concert jeudi soir ?
Pas du tout.
Bon, je retourne sur le site, place assise numérotée. Dernier rang deuxième balcon. Mince. Je prends quand même. Trois minutes plus tard, je retourne sur le site, pour revoir le plan de salle : concert indisponible !!! Comme dirait Isi : « Ah ouais, quand même... » Le bol, je vous dis...

Et comme si ça s’arrêtait là. Le lendemain, bien que je sois prêt à l’heure, je pars de chez moi un poil trop tard. J’arrive à Lille, me gare sans difficulté là où j’avais prévu de me garer (comme d’habitude. J’ai une méthode infaillible pour trouver une place : j’y crois!) et je me mets en quête de la salle, que j’ai vue depuis la rocade... Direction la gare. L’heure tourne. Où elle est cette tour ?
Ah ouais, la passerelle là-bas, c’est probablement par là, je fais demi-tour... Je cours un peu... Mais avec le manteau c’est pas trop pratique. Je prends la passerelle. Arrivé au milieu, mince, je vois la tour, là-bas, j’étais sur le bon chemin, pourquoi est-ce que j’ai fait demi-tour pour emprunter cette passerelle qui m’éloigne ? Je rebrousse chemin de nouveau, l’heure du début de concert approche. Oh ! Un Quick... Pour maintenant, je ne suis plus à 5 minutes, j’ai raté le début, c’est sûr...
Je continue ma marche forcée, tout en ingurgitant le plus mauvais cheeseburger que j’aie jamais avalé de ma vie. Un morceau de carton entre deux tranches de pain. Je le fais descendre avec un coca largement dilué par les glaçons... Comment ces foutus fast-food peuvent-ils continuer à engranger des bénéfices en vendant des merdes pareilles ? Le prochain colis Amazon que je reçois, je garde le carton pour en faire des hamburgers... Si ça se trouve, je vais faire fortune, moi aussi.
Je finis par arriver à la salle. La parka et le jean, ça dénote un peu avec les serviteurs du capitalisme en smoking et jupes droites, mais, ho, je viens voir Higelin, merde. Qu’est-ce qu’il vient fiche dans un endroit pareil...
J’emprunte un escalator (je le rendrais en sortant), arrive sur le palier où se trouve l’entrée de la salle, entends la musique qui sourd entre les portes. Bon ben j’ai pas eu de chance jusqu’au bout...
…
Et ben si !!!
Une ouvreuse s’approche, déchire mon ticket et, comme le concert est déjà commencé, elle m’emmène au parterre et m’attribue un siège laissé vacant par quelqu’un qui n’est pas venu (ou qui, moins résistant que moi, est mort en mangeant son hamburger au Quick). Me voilà super bien placé... J’entends une demie chanson, puis interroge ma voisine : c’est la première de la soirée ! Je n’ai raté que l’entrée en scène et le premier couplet de la première chanson. Trop fort...

Et comme la chance n’est pas avare en bonne surprise, en voici une autre : c’était un super bon concert !!! Jacquot était en forme, à part un nez qui coule qui lui a permis de délirer régulièrement entre les morceaux, martyrisant son roadie, qui ne demandait que ça... Les morceaux étaient bien choisis, bien alternés, permettant à notre papy survolté de reprendre son souffle avec les chansons douces, les musiciens étaient excellents et j’ai passé un super bon moment...

Après l’entrée en matière composée de trois chansons récentes (et dont je pourrais retrouver les titres en fouinant dans ma discothèque, mais comme ça, à froid, je ne les connais pas => "Délire d'Alarme", la première), entrecoupés de délires Higelinesques où, par exemple, il introduit la chanson « La Ballade au Bord de l’eau » par des cris de libellules acharnées (oui, je sais, ne me demandez pas de les reproduire, faut être Hige lui-même pour oser... Si je le trouve sur Youtube en rentrant de vacances, je vous mets l’extrait tout de suite => pas trouvé...), la guitare nous fait l’intro caractéristique de « J’suis qu’un grain de poussière », chouette... Ça donnera le ton de cet excellent concert qui voguera de titres récents en anciennes chansons, un vrai bonheur...
Il a encore pas mal de pêche et une voix qui tient la route, d’autant qu’elle n’a jamais été un instrument très mélodieux, plutôt une source d’énergie flamboyante pour gueuler les mots (et une caresse dans les chansons douces). Il est, en plus, un superbe musicien et il n’a pas son pareil pour changer de ton quand il sent que ça voit ne va pas tenir la note originelle, ce qui change certes la nuance des chansons, mais évite le couac ! La seule chanson qui lui ait fait quelques misères et pour laquelle il a un peu cafouillé dans la recherche de la « bonne note », c’est le Berceau de la Vie. Dommage, je l’adore... mais je ne lui jetterai pas la pierre, au moins il n’est pas aussi gâteux que Peter Gabriel qui était incapable de chanter dans le rythme un tube aussi énorme que Solsbury Hill... Je n’ai pas pris la peine de faire un article pour mon concert de Pete Gabe (c’est un projet « pour demain »), mais en même temps, c’est pas charitable de tirer sur l’ambulance... Il ferait mieux de prendre sa retraite...

Joli et tendre moment, guitare/accordéon pour la « rousse au Chocolat »


Version un peu molle, au début, mais qui monte en puissance de « Paris-New York/New york Paris »... De « Tombé du ciel », il nous évite le titre éponyme, rebattu, pour nous chanter « Chanson » et c’est vraiment très bon et je suis aux anges... « We are the Show Men », d’Illicite, ça s’enchaîne, un titre après l’autre, sans faux-pas, je m’éclate et je prends un plaisir énorme, j’aime bien quand ça me prend comme ça par surprise, un concert...
Quand il entame Champagne en duo piano/percussion avec Mahut, je ne tiens plus, je me lève, en même temps qu’un paquet de fans qui ont des fourmis dans les jambes et on va danser et chanter devant la scène... Il nous joue encore... puis sort de scène.
Il est temps de gueuler jusqu’au rappel, passage obligé des concerts... En même temps, si personne ne disait rien, il ne reviendrait pas non plus, faut pas déconner, alors, puisque c’était bien, je gueule, faut pas me forcer...

Quand il revient, c’est pour chanter « Irradié », oh la la, difficile de ne pas sauter partout, j’espère juste que mon genou ne va pas me jouer des tours... Mais non, le sol est souple, tout va bien... Ca dure, y a la présentation des musiciens incluse dans la chanson, c’est excellent... Quand le concert s’achève, ça fait 2h40 que notre héros national est sur scène et brûle les planches... J’en connais pas mal qui pourrait en prendre de la graine...

Merci, Jacques !!!

jeudi 31 janvier 2013

Adam Ant is the Blueblack Hussar in Marrying the Gunner’s Daughter


Un des moments les plus étonnants de mon concert d’Adam Ant il y a deux mois, avait été de découvrir qu’un nouvel album était en préparation... Ben merde alors, vingt après, ça faisait plus Alexandre Dumas qu’Adam Ant...

Il n’empêche qu’il était prévu pour mi-janvier, alors je l’ai pré-commandé, d’autant que je me suis vraiment éclaté à son concert... Bon. Le jour venu, message d’Amazon « le disque est retardé, on vous l’envoie mi-février »... Qu’à cela ne tienne, on n’est pas pressé de voir ce qui pourrait très bien être un fiasco, surtout avec un titre pareil !

Trois jours plus tard, le disque est dans ma boite aux lettres. Bon. Faut pas chercher à comprendre.
Depuis, il n’a pas quitté la platine...

Bien sûr, ça ne révolutionnera probablement pas l’histoire du rock’n’roll et, à part au top 10 des jaquettes les plus hideuses, ça ne sera sûrement jamais n°1, mais on s’en fout ! Adam Ant, 57 ans aux fraises est totalement débarrassé du moindre espoir de se hisser au sommet de la gloire. Il ne peut plus compter sur sa belle gueule pour tenter de faire passer des daubes commerciales éhontées comme au début des années 90. Résultat, il a fait ce qu’il aimait, avec les musiciens qu’il aimait et ça nous donne un foutu bon disque de rock, avec musiques entêtantes et souvent répétitives, choeurs interminables et parfois pas très justes, paroles hilarantes, rythmiques qui me font danser (vive le casque sans fil, je peux maintenant faire la cuisine dans un mouvement chorégraphique frénétique), ballades agréables et épicées... J’adore...

Pourvu que ce ne soit pas qu’un feu d’artifice ! Je veux d’autres concerts et d’autres albums !!! 

1. Cool Zombie
2. Stay In The Game
3. Marrying The Gunner’s Daughter
4. Vince Taylor
5. Valentines
6. Darlin' Boy
7. Dirty Beast
8. Punkyoungirl
9. Sausage
10. Cradle Your Hatred
11. Hardmentoughblokes
12. Shrink
13. Vivienne's Tears
14. Who’s A Goofy Bunny?
15. How Can I Say I Miss You?
16. Bullshit

dimanche 1 juillet 2012

Brilliant


Contre toute attente, malgré mes constantes inclinations envers les groupes aux guitares lourdes, j'ai craqué un jour de 1985 pour Ultravox... Je n'étais pas très branché "new wave", même si j'écoutais The Cure depuis les débuts (les fans d'étiquettes vont sauter au plafond, mais je n'en ai qu'un nombre très limité dans ma boîte et "new wave" est celle qui couvre tout un pan de musique rock de The Cure à A-ha)...
Mon camarade de combat Eric, puisque j'étais à l'armée, dans un bureau à attendre que ça se passe, n'écoutait que ce genre, qui était au top de la mode et j'ai donc d'emblée eu sous l'oreille les groupes connus et inconnus (la France et ses médias sous-développés ayant enterré d'office 80% de la production, comme c'est toujours le cas). Je gérais ce raz-de-marée de nouveautés avec la subtilité qui me caractérise, en recopiant sur cassettes tout ce que j'aimais et en éliminant le reste. Exit Depeche Mode, OMD, New Order, Indochine (yurk !) Talk Talk (exceptionnellement, j'y suis revenu dans les années 2000, faut croire que je ne suis pas si définitif dans mes choix ;-)   ) et dans la boîte House of Tears, Tears for Fears et surtout, avant tout, Ultravox, dont l'emphase, la voix superbe de Midge Ure, la vraie batterie de Warren Cann en plus des boîtes à rythmes des synthés de Billy Currie et le vrai son de guitare (Ure, de nouveau) m'avaient tapé dans l'oreille...


Dans les années qui suivirent, je me procurai toute la discographie du groupe, profitant de mes voyages à Londres pour acheter d'occase, l'un après l'autre, tous les maxi-singles, le groupe n'étant pas avare d'inédits et de remix... Je découvris alors que le groupe avait connu une incarnation post-punk et pré-Ure (j'adore ce genre de phrases incompréhensible au commun des mortels), Ultravox! (ne pas oublier le point d'exclamation), avec John Foxx au chant et Stevie Shears/Robin Simon, formation responsable de trois excellents albums, dans une autre veine...


Bref, il n'y a guère que les deux réincarnations des années 1990, initiées par Billy Currie qui avait regroupé quelques parfaits inconnus pour tenter de profiter du nom du groupe, que je n'ai pas aimées (le brave vieux Billy avait un peu exagéré sur ce coup-là, ce qui est d'autant plus dommage que j'ai quelques uns de ses albums solos et qu'ils sont tout à fait honorable).
Quand les musiciens se retrouvèrent en 2008 pour une tournée "Return of Eden", je m'en suis réjoui, surtout que l'album est excellent, même si la voix de Midge Ure est, forcément, un peu érodée par l'âge. Quand ils annoncèrent en 2011 leurs retrouvailles durables pour un nouvel album studio, je ne pus m'empêcher de sourire et de précommander l'album...
Y avait-il un risque qu'ils pondent une daube ? Pas vraiment... Il n'y a aucune chance que cet album vienne relancer leur carrière, ils ne l'ont visiblement pas fait pour ça et leurs messages enthousiastes tout le long de la réalisation du disque montraient qu'ils prenaient du plaisir à l'écrire et le produire, nous promettant autant de plaisir à l'écouter...
Pari tenu, l'album n'est peut-être pas Brillant (leur fameuse mégalomanie ;-) ) mais il vaut largement l'écoute. On retrouve en trois notes le "son Ultravox", le sens du détail (les titres en un mot), le soin de la production, l'immédiat accès à une musique qui bouge, aux mélodies évidentes et parfaites du clavier de Currie et pourtant aux richesses harmoniques qui font que dans dix ans, on pourra encore le réécouter avec le même sourire.

 Flow

Alors, au niveau des bémols, après un début flamboyant, le choix des chansons plus "cool" me refroidit un peu : Remembering, Fall, One et Contact, c'est trop mou pour moi... Une seule aurait suffi pour un album, là, ça fait un tiers du disque et bof... Peut-être m'y ferai-je avec le temps ?  J'ai comme un doute.
En attendant, j'ai 8 chansons nouvelles d'Ultravox (au complet : Ure/Cann/Cross/Currie) et ça me convient, car je ne l'aurais jamais espéré...
D'autant qu'il y a une tournée à l'appui et que j'aimerais bien y aller (je suis toujours frustré, après plus de 25 ans, d'avoir raté leur passage à Bercy pour la tournée U-Vox)... Mais évidemment, c'est au beau milieu d'une semaine juste avant les vacances de Toussaint et j'ai le choix entre Anvers (160km), Paris (226km) et Tilburg (237km)... La distance ne me dérange pas trop, mais ce serait cool de ne pas être tout seul et je ne vois pas grand monde pour m'y accompagner... Mais bon, ça ne va probablement pas m'arrêter et je vais sûrement craquer pour Tilburg, parce que le 013 est une salle que j'adore...

Live