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lundi 2 septembre 2013

A poil en civil - Jerry Stahl



Le premier roman de Jerry Stahl est déjà une espèce d’ovni littéraire, mais pas tant que ça... Dès les premières pages on sait qu’on est dans un roman policier, mais on a l’impression d’être plongé dans un film des frères Cohen. Les personnages sont tarés, les situations glauques et hilarantes, c’est un tour de grand huit macabre, pervers et déjanté... Le wagonnet s’élève en cliquetant pendant deux chapitres et puis, zou, on file le long du bouquin où tout se succède, s’entremêle et s’imbrique pour former un réjouissant manège de branques...
Tous les personnages se croisent et jouent un rôle dans le tableau, même les accessoires cités dans un chapitre réapparaissent une centaine de page plus loin au cours d’une action apparemment sans intérêt, sauf celui de faire rire le lecteur et de montrer que l’auteur/peintre, maîtrise toutes ses touches de pinceau. Ce que je trouve si irritant dans un roman policier « sérieux » (Harlan Coben) à savoir les rapports inévitables entre personnages (familiaux, amoureux, professionnels) qui les fait se croiser et s’entrecroiser de façon affreusement théâtrale, dans le mauvais sens du terme devient ici un ressort puissant de l’ironie et de l’humour du bouquin. c’est énorme et hilarant...
Bon, on espère un peu que les fantasmes sexuels de Stahl lui permette d’avoir une vie plus « normale », parce que c’est un vrai festival de situations délirantes et malsaines dans ce domaine-là aussi, même si c’est légèrement plus « sage » que dans « Perv » !!!

samedi 10 août 2013

Le Tailleur De Pierre – Camilla Läckberg



Troisième « aventure » de Patrick Eldstrom et Erica Falck écrite par Camilla Läckberg, nouvelle coqueluche scandinave et « reine du crime ». Ce tome 3 commence à accumuler/amplifier toutes les ficelles des deux premiers, tueur « local » à l’histoire écrite « en parallèle », un chapitre sur son crime actuel et l’enquête policière, un interlude sur son passé censé justifié, à terme, son attitude létale.
Ce qui faisait le sel du premier roman, à savoir l’enquête teigneuse de la romancière qui dépassait et aiguillonnait les policiers locaux est complètement absent de cet opus. La romancière est devenue une jeune maman angoissée, voire même plutôt névrosée (mais à peu près tous les personnages le sont, là-dedans : si l’ambiance décrite est fidèle à la vie quotidienne dans cette région, désolé de le dire, mais ils sont tous fous, ça fait peur  !!!!), du coup toute l’enquête est menée mollement par son mari Patrick, malgré la nullité de la plupart de ses collègues. Le personnage ridicule du commissaire est de nouveau mis en avant pour des épisodes burlesques parfaitement inintéressants...
Bref, à mon sens, le roman se laisse lire, si on l’a commencé, mais je ne me sens pas trop l’envie de me plonger dans le prochain volume... Je le ferai sûrement, tôt ou tard, pour tâter le terrain. Si je sens que ça ne se « redresse » pas, j’irai voir ailleurs...

vendredi 12 avril 2013

Tuons et créons, c’est l’heure – Lawrence Block

Malgré le titre français qui ne donne pas envie de s’arrêter, j’ai lu dernièrement cette deuxième aventure de Matt Scuder, cet ex-flic détective qui n’en est pas un... J’ai apprécié, comme la première fois, l’écriture sèche et la caractérisation du personnage, très « noir ». Le héros dur, mais honnête, toujours prêt à prendre sur lui et qui triomphe, de justesse, des bagarres et attentats qu’il subit...
En dehors de ça... L’intrigue ne tient pas vraiment debout, « l’enquête » est sans intérêt et les déductions du détective sont crétines et sans fondements.
Bref, un bon roman policier, mais pas bon...:-(

Je pense que je me laisserai tenter par une 3e aventure « pour voir », mais que si Block ne redresse pas la barre, ce sera la dernière...

lundi 8 avril 2013

Les Souris ont la peau tendre – San-Antonio


Le commissaire San-Antonio fait de la Résistance... Pour ce troisième volet des aventures du célèbre personnage de Frédéric Dard, San-A se fait parachuter sur la côte belge en pleine Occupation, pour aider le correspondant local à éliminer une taupe...
Bon. Comme d’habitude, il ne faut pas chercher une intrigue tarabiscotée dans ce bouquin... San-A avance au hasard, distribue et reçoit des gnons, séduit toutes les gonzesses qui passent et zigouille quelque méchants au passage, tandis que les balles qui le visent passent toutes à deux centimètres de sa caboche... Normal, quoi, le quotidien du héros... Le seul intérêt du roman vient, bien sûr de sa forme et de son langage savoureux...
Honnêtement, vivement quand même que la Guerre soit finie et qu’il commence à mener des enquêtes civiles... Si possible avec Béru et Pinuche... J’avoue que je ne me rappelle plus à partir de quel roman ça arrive... Je me laisse porter tranquillement au fil des tomes...

samedi 26 janvier 2013

L’arc en ciel a pris la Fuite – Alfred Hitchcock



Ça faisait un moment que j’avais envie de voir si les romans des 3 jeunes détectives de ma jeunesse tenaient encore la route. Après une fouille en règle de toutes les étagères qui pouvaient contenir des romans « jeunesse » (et il n’en reste pas tant, puisqu’on a tout émigré dans la nouvelle chambre d’Eléonore), il m’a fallu me rendre à l’évidence : pas de « Dragon qui éternuait », pas de « Chinois qui verdissait », il ne me restait que cet « Arc-en-Ciel »... Où ont donc pu bien passer les autres ?
Je ne me souviens pas de les avoir vendus dans une braderie... Oubliés dans une école lors d’un changement de poste ? Dommage.
(Note pour le futur : ne jamais se débarrasser d’un livre qu’on a aimé, même si on pense ne jamais le relire... Bon. Sauf si on les a en numérique et que c’est des vilains poches tout jaunes...)
Une première chose, qui ne m’avait jamais effleuré quand j’étais enfant : jamais Alfred Hitchcock n’a écrit une seule ligne de cette série. Ni même exercé la moindre activité éditoriale, sélectionné un texte. Même pas signé les introductions qui apparaissent sous son nom !
La série a été imaginée et écrite (au moins les premiers) par Robert Arthur Jr, dont l’éditeur a eu l’idée géniale (mais très valorisante pour l’auteur, mais bon) d’adjoindre le nom d’Hitchcock, pour faire vendre. Après quelques tomes, d’autres auteurs ont pris la relève (dont le dernier, Marc Brandel, est également l’auteur de quelques thrillers sympa. Je me souviens de « La Queue du Lézard », chez NéO) et quand Hitchcock est mort, la série a continué... sans son nom sur la couverture...

Ce point d’histoire étant fait (oh my ! comme ce blog devient culturel...), je dois dire que j’ai bien aimé replonger dans ce bouquin... C’est sûr que c’est un peu vieillot, les 3 jeunes Détectives vivent dans les sixties, ils n’ont pas de téléphones mobiles, pas d’ordinateurs, pas de GPS, même pas de scooters ! Leur arme secrète, c’est la craie de couleur qu’ils ont dans leur poche pour tracer leur signe de reconnaissance. Et puis le cerveau hors du commun d’Hannibal Jones, dit Babal, leur chef... Mais l’histoire est bien ficelée, chacun des personnages a son rôle à jouer (même si c’est, parfois, un rôle de faire-valoir) et leur repère secret, munis de multiples entrées secrètes (elles aussi) ont définitivement marqué mon imagination enfantine au point de résonner encore dans ma tête avant même que j’entame la lecture... (Un peu comme le repère des diablotins de « L’Autobus à Impériale » (Dis voir, André, tu devais pas me prêter le dvd?))

En fait, ça se lit comme on regarde un vieux film policier. C’est en noir et blanc, daté, fruit de son époque, mais on se laisse prendre à l’histoire et on passe un bon moment...

Je pense que je vais me pochetroquer quelques titres, si possible ceux que j’ai déjà lus, gamin. Autant ajouter la nostalgie au plaisir de la lecture, ça fait pas de tort...

mercredi 9 janvier 2013

Cousu Main – Carl Hiaasen



Deuxième roman de Carl Hiaasen que je tente. Avec plaisir.

Il existe plusieurs sortes de romans policiers, ceux aux énigmes tarabiscotées, ceux aux études de mœurs poussées de certaines catégories sociales, ceux aux détectives noirs et mortels, ceux aux coups de théâtre tellement minutés qu’on se croirait sur une scène de Broadway, ceux qui font dans le sordide et le misérabilisme, ceux qui explorent une époque ou une civilisation différente de la nôtre. Celui-ci se trouverait à la limite de la parodie, dans la caricature du héros policier... Ici, on ne fait pas dans la mesure, le héros est LE héros, même quand il se prend des bastos, il le fait en héros. Il tombe toutes les filles de la terre sans jamais le chercher, il sait tout sur tout le monde, il tue sans hésiter, mais toujours ceux qui le méritent.
Les autres personnages sont également réglés sur « à fond », le vilain Docteur est très vilain, lâche, riche, incompétent, le stupide journaliste télé est stupide, veule, stupide, macho, stupide et cupide, la brute tueur à gages est grand, laid, méchant, crétin, la jolie fille à poil est gentille, simplette, amoureuse, la grande productrice de télé est intelligente, victime, amoureuse, etc, etc.

Ça pourrait lasser, mais c’est écrit de façon jouissive, avec dérision et efficacité. On le lit comme on regarde un film « too much », le genre où les codes sont annoncés à l’avance et grossis sans scrupules, comme un Tarantino, par exemple... C’est un excellent roman récréatif, un San-Antonio à l’américaine, le vocabulaire fleuri en moins.

jeudi 6 décembre 2012

Une Douce Vengeance – Elizabeth George



Avec ce quatrième roman, Elizabeth George décide de remonter le temps et de nous raconter le passé de ses personnages principaux. Hélas.
Hélas, car c’était déjà un défaut difficilement supportable sur « Un Lieu du Crime » (et un léger défaut sur « Cérémonies Barbares » où ces personnages étaient mis de côté au profit d’une intrigue foisonnante). Nous voilà donc parti pour un gros roman à l’eau de rose avec les atermoiements des héros sensés être hauts en couleurs et qui sont juste affreusement ridicules et ennuyeux. Monsieur le Comte policier, sa mère adultère, son frère drogué (par sa faute) et son amie droguée, son ami infirme (par sa faute) et qui en souffre dans son ego (comme si une jambe qui ne fonctionne plus diminuait la valeur morale de son propriétaire, quel cliché malsain), sa fiancée qui aime son ami infirme (par sa faute) (mais qui ne le sait pas, mais nous on le sait, comment cela va-t-il se révéler, suspense incroyable, oh la la, ma chère, resservez-moi une tasse de thé), son futur grand amour qui travaille pour son ami infirme (par sa faute), la sœur de son ami infirme (par sa faute) modèle de mode délurée et amoureuse d’un vilain drogué, ami du frère drogué... Et j’en passe.
On nage dans le mauvais feuilleton de TF1 en début d’après-midi, avec révélations sur les mœurs dissolues d’une bande de rupins, dissimulation de sentiments, etc. On va jusqu’à la tentative de viol en public (mais personne ne dit rien et la victime surtout pas, vous comprenez elle l’aime son drogué violent imbécile) et les dissimulations de preuves par les héros pour protéger leurs frères et sœurs. C’est con.

Et il ne faut pas compter sur l’intrigue pour relever le niveau : on se perd dans les tentatives de rationaliser le comportement de ces personnages fantoches, la crédibilité est proche du néant. Franchement, le vilain méchant de Cornouailles, voisin de Linley là-bas se trouve être un travesti en secret à Londres (oh zut, vous vouliez le lire ? N’ayez crainte : on le devine dès la page 12) et elle habite où ? Sur le palier de la fiancée de Linley... Comme le monde est petit ! Tellement petit qu’elle travaille avec le frère de Linley et qu’ils se font surprendre par la sœur de Saint-James et son petit copain. Et que le petit copain est aussi dans le mauvais coup avec eux. Et plus si affinités. Et si ça ne suffisait pas, rassurez-vous, il y a d’autres personnages, eux aussi avec plein de liens avec tous les autres et tous aussi coupables... C’est aussi mauvais qu’un Harlan Coben...

J’ai subi le roman jusqu’au bout, parce que j’ai aimé les quatre autres que j’ai lus... Mais j’envisagerai le prochain avec beaucoup de réticence et s’il part vers ce genre d’horizon, ce sera club de la page 30 direct... Méfiance...


samedi 10 novembre 2012

La Muraille Invisible – Kurt Wallander – Henning Mankell



Petit à petit, j’avance dans la saga de Kurt Wallander et je m’approche du final que Mankell a décidé... J’ai trouvé cet opus particulièrement réussi : l’énigme dans laquelle s’englue, à son habitude, le commissaire Wallander est une des plus tordues imaginée par son auteur. Tout le début du roman est captivant : les deux affaires apparemment séparées, dont on sent les incroyables ramifications, les états d’âme de Wallander qui se sent vieillissant et se sent de plus en plus près de décrocher, sans que, cette fois-ci, cela devienne envahissant et déprimant, tout concourt à faire de la Muraille Invisible le meilleur roman de la série...
On se demande comment nos policiers, quelques peu dépassés par la technologie employée par les conspirateurs et par l’ampleur de la machination qui s’étale sous leurs yeux, vont renouer les fils et construire leur enquête...
Mankell y réussit plutôt bien sur les trois quarts du roman. Sur le dernier quart , malheureusement, il s’essouffle, comme sur la plupart des Wallander, hélas, et la résolution du roman est d’une faiblesse attristante, quelques pan-pans échangés dans une forêt et un fabuleux complot mondial assujetti à l’introduction d’une carte bancaire dans un distributeur à une heure précise, on ne peut guère plus stupide...
Ce final, certes déplorable, ne suffit pas à gâcher ma bonne impression sur ce bouquin... J’espère juste toujours que Mankell finira par écrire LE roman idéal un jour...

lundi 22 octobre 2012

Strip Tease – Carl Hiaasen



Pas vraiment attiré par le roman dont un si mauvais film de Verhoeven avec Demi Moore a été tiré, je me suis lancé dans la lecture de Strip Tease après en avoir lu des louanges sur le forum des vilains pirates d'ebooks. Curieux, comme d'habitude, je me suis laissé tenter et je n'en ai pas été déçu.

Solide roman policier à l'américaine, pas vraiment policier en fait disons "Thriller" (j'ai du mal avec les étiquettes), mettant en scène Erin, stripteaseuse par obligation se battant pour garder la garde de sa fille avec son ex, loser et voleur. Il y a des morts, des bagarres, des gardes du corps, des tueurs, des avocats, des politiciens (et même des stripteaseuses)... C'est l'Amérique des séries et des films... C'est surtout à la fois très terre à terre et bourré d'humour et de personnages déjantés, parfois un peu too much... 
J'ai adoré le garde du corps monolithique et ses tentatives pour « gagner le gros lot » en faisant un procès à un géant de l'alimentation pour avoir trouvé un cafard dans son yaourt (cafard qu'il a soigneusement introduit lui-même évidemment) ou l'ex-mari spécialiste des vols et reventes de fauteuils roulants dans les hôpitaux et maisons de retraite... Un peu moins le politicien queutard et débilissimme dont on doute qu'il puisse, même aux USA, arriver à ce poste en étant aussi con... Mais on aurait pu dire ça aussi de Sarko il y a quelques années, alors pourquoi pas ?

Strip Tease s'est révélé un très bon roman et j'ai engrangé d'autres livres de Carl Hiaasen pour un usage ultérieur     ;-)

Ah, au fait, je n'ai jamais vu le film Strip Tease (d'Andrew Bergman) et le mauvais Verhoeven, c'était Showgirls !!!     :-P

lundi 15 octobre 2012

Le Temps de la Sorcière - Arni Thorarinsson


Après plusieurs expériences heureuses en "polars nordiques", j'ai séché un peu sur le polar Islandais, avec Arnaldur Indridasson. Je n'ai lu que "La Femme en Vert", il y a un an, et j'ai aimé cela assez moyennement. L'intrigue était plutôt réussi, mais le côté sordide de la vie quotidienne du héros, la noirceur ordinaire imprégnant le bouquin m'ont un peu refroidi.
On m'a dit grand bien des autres romans et Claude, elle, a bien aimé celui-ci, donc je les ai achetés et me suis procuré les e-books (oui, les deux). On verra bien quand j'aurais envie d'y plonger...

En attendant, je me suis procuré les deux premiers romans de Thorarinsson (je devrais dire d'Arni, puisque j'y ai appris que les Islandais n'ont pas de noms de famille... Si leurs noms finissent par "son", c'est pour dire "fils de" (et "dottir" pour "fille de"...))

Le moins que je puisse dire est que je ne suis pas emballé...

Le personnage central est un journaliste déplacé en province par sa rédaction et qui tente de trouver ses marques en enquêtant sur la mort d'un jeune lycéen (ça c'est idiot : il n'y en a pas beaucoup de vieux), coqueluche de tous et acteur dans une pièce qui allait juste se jouer... S'y greffe la mort d'une dame durant une expédition surprise genre "stage de survie", mort peut-être pas accidentelle...Les personnages sont bien définis et crédibles, le livre est bien écrit, mais l'action se traîne incroyablement. On est déjà à la page 100 quand l'éventualité d'une mort non accidentelle pour la femme est évoquée (alors qu'on sait depuis la page 3 que ça va être le cas !!!)  C'est sûr que c'est une approche réaliste d'une enquête policière qui doit probablement bien plus ressembler à ça qu'à une course poursuite revolver au poing à la Harry Bosch, qui reste un personnage de roman, mais c'est nettement moins prenant pour le lecteur...

Heureusement, comme je vous le disais, les personnages sont assez crédibles et c'est bien tourné... Je ne me suis pas ennuyé, même si j'ai trouvé ça un peu long. Paradoxal... C'est peut-être aussi l'effet "découverte"... Sachant à quoi m'attendre, je goûterai peut-être davantage le suivant...




Mais pas tout de suite...
;-)

samedi 13 octobre 2012

Une Blonde en Béton – Michael Connelly



Comme je ne me souviens pas de tous les titres des Bosch que j'ai lus, ayant saisi la série à bras le corps sans souci de chronologie, je ne me souvenais pas si j'avais lu celui-là.
Dans le doute, comme j'ai décidé de les lire dans l'ordre, je l'ai entamé...

Dès l'introduction, je reconnais l'arôme : oui, je l'ai déjà lu... Mais comment le lâcher ? C'est tout l'inverse de la page 30, c'est un Connelly des débuts, la Rolls Royce du polar. Tout ce que j'aime est là-dedans : une histoire solide, des fausses pistes crédibles, des personnages en béton (ha ha, trop facile) avec des réactions humaines, des intrigues secondaires pas envahissantes...

Bref, je ne l'ai pas lâché et je l'ai relu avec joie !

Le prochain dans l'ordre chronologique, c'est Le Dernier Coyote. Et celui-là, je me souviens très bien l'avoir lu : c'est mon premier Bosch... Vais-je le relire ?

La réponse un de ces jours;)

mardi 2 octobre 2012

Les Péchés de nos Pères – Lawrence Block

Longtemps j'ai ignoré les romans policiers... J'en lisais bien quelques uns, mais je n'y étais pas accro. C'est Claude qui en « consommait » plus que moi et je suivais le mouvement, par curiosité. C'est probablement la redoutable efficacité des polars de Michael Connelly et l’opiniâtreté de son Harry Bosch de héros qui ont contribué à me faire rechercher et lire de plus en plus de policiers.

Petit à petit se dessinent des constantes dans mes « coups de coeur » et mes rejets... J'aime les enquêtes, construites, avec recherches, interrogatoires, coups de théâtre (mais pas trop, je n'aime pas le sensationnel pour le sensationnel).

Je n'aime pas les romans où le héros attend passivement que l'énigme se résolve seule, se contentant de se promener au long du roman en posant quelques questions. Pour cette raison, je n'ai pas aimé le Maigret que j'ai lu pour essayer (exit Simenon), pas plus que l'aventure du Commissaire Brunetti (exit Donna Leon) ou celle de Pepe Carvalho (exit Montalban)...

J'aime bien les personnages qui suent et qui souffrent, qui cherchent, qui se trompent, les intrigues bien construites avec explications gigognes. Bosch, Wallander, Temple Sacré de l'Aube Radieuse (héhé) sont de beaux personnages ; E. Georges, Mankell, Indridason, Läckberg m'ont réservé de bons moments...

Mais je n'en suis qu'à mes premiers pas dans le domaine et il y a quantité d'auteurs, grands ou petits, que je n'ai jamais lus... Aussi j'ai abordé ce premier « Matt Scudder » de Lawrence Block avec le petit pincement qui accompagne les nouveautés... Allait-il rejoindre rapidement le Club de la page 30 ou me donner quelques frissons ? 

 

Chic, c'est la deuxième solution qu'il faut retenir : un petit roman vif et sans gras, un héros avec une histoire classique de roman noir : divorcé, ancien flic et détective non officiel. Il est engagé sans l'être pour découvrir qui était une jeune fille qui a trouvé la mort peu de temps auparavant. C'est sombre, mais pas triste, direct et sobre (peut-être un peu trop direct, mais bon)... C'est amusant, parce que l'intrigue m'a fait pensé aux « Mers du Sud » de Montalban. Une enquête sur une personne décédée. Mais là où Carvalho se promène mollement entre deux repas et deux parties de jambes en l'air, Scudder enquête, reconstitue le parcours de la morte et de son assassin présumé avec simplicité et persévérance. Du roman policier comme je les aime...

vendredi 28 septembre 2012

La Glace Noire – Michael Connelly



Deuxième aventure d'Harry Bosch, ce roman de l'époque où Connelly écrivait avec intensité montre notre héros comme on le préfère : au bas de la pente, hargneux, en lutte contre sa hiérarchie pour faire éclater la vérité, même si elle ne plaît pas à tout le monde.

L'enquête, dense et bien documentée, envoie Bosch au Mexique sur les traces d'un collègue mort, collègue plutôt ripoux, dont la jeune veuve ne laisse pas Harry indifférent.

Du polar haut de gamme, sans aucun doute...

mercredi 26 septembre 2012

L'Affaire Caïus – Henry Winterfeld

Avec l'entrée au collège d'Eléonore, entrée libératrice si l'en est, étant donné la misérable dernière année d'école primaire qu'elle a vécue sous la férule d'une maîtresse Steampunk (une survivance de la pédagogie du XIXe siècle égarée au XXIe, mais peut-être est-ce de l'uchronie ? Je laisse aux spécialistes le soin de statuer), avec cette entrée, donc, porteuse de tous les espoirs (que je lui souhaite de ne pas voir déçus, mais, statistiquement, sur dix profs, même si elle a les inévitables têtes de con qui fourmillent dans l'éducation nationale, il devrait y en avoir un certain nombre tout à fait potable), avec cette entrée, re-donc (et il va falloir que j'arrête les digressions, à part celle-ci qui est voulue pour faire un gag idiot), est arrivé le premier travail de l'année qui l'a fait sourire : lire un livre en entier pour le 30 septembre.
Le lendemain, elle avait fini de lire « L'affaire Caïus » et elle nous le passait en disant « c'est bien, vous pouvez le lire. » Dont acte...

Ce livre, écrit par un auteur allemand expatrié aux USA, est un sympathique roman policier historique. Rufus se fait renvoyer de l'école pour avoir provoqué une bagarre en écrivant sur sa tablette « Caïus est un âne ». Quand la même inscription est découverte le lendemain sur le mur du Temple de Minerve, la culpabilité de Rufus est évidente. Seulement ce n'est pas un enfantillage, c'est un crime passible de prison, surtout que le père de Caïus, sénateur, n'est pas très heureux de voir brocarder sa progéniture sur les murs de la ville. Oui mais Rufus jure à ses amis qu'il est innocent : eux seuls seront à même de mener l'enquête visant à établir la vérité.

Très agréable à lire, avec ce qu'il faut de sérieux et de fantaisie, tout en étant très classique de facture, il est facile de voir pourquoi il est donné à lire « en classe », on imagine bien le film qu'on pourrait en tirer, façon le Club Antique des Cinq enquête à Rome... Un chouette bouquin pour les plus jeunes...

mardi 25 septembre 2012

Trafic de Reliques – Elis Peters



Heureuse surprise que ce roman policier où Frère Cadfael résout une enquête sur un meurtre dans son Pays de Galles natal, sur fond de transfert de reliques sacrées vers une abbaye.
Ça se passe au XIIe siècle et notre héros, moine Bénédictin, a apparemment bien vécu avant d'entrer dan les ordres, ce qui lui donne une expérience qui, associée à son sens du jugement très sûr, le mettent en position de jouer les détectives... Ça tombe bien, puisqu'il va en résoudre vingt des énigmes au cours des quasi-vingt années au cours desquelles l'auteur a écrit cette série.
Bien troussé, amusant et élégamment écrit, ce roman est un petit régal. Me voilà destiné à suivre une nouvelle série... Amen !


(Je vous laisse le plaisir de comparer la misérable cover française (et encore, j'ai choisi la moins mauvaise de toutes les nombreuses éditions) et celle du livre anglais (on dirait du Barry Smith)... 

vendredi 21 septembre 2012

Cérémonies Barbares – Elizabeth George


En entamant ce deuxième volume des enquêtes de Thomas Linley et Barbara Havers, j'ai un peu fait la grimace : les déboires amoureux des personnages récurrents ont des relents de soap opera et j'ai un peu de mal à me fondre dans l'univers un peu précieux des grandes amours contrariées de ces pauvres gens de la Haute... Heureusement, l'intrigue est vite mise en place, comme toujours avec E. George, et elle est prenante et bien ficelée.
Les objections passent vite au second plan et le bouquin se dévore à une vitesse phénoménale tant on a plaisir à voir s'ajouter et s'opposer les hypothèses, tandis que les suspects sont mis en lumière chacun à leur tour, personne n'étant très net. Classique, mais efficace.
Au final, le côté « Peyton Place » peut être vu comme parodique sans gêner l'intérêt du roman... Je rempilerai donc avec grand plaisir pour la quatrième aventure du duo, et probablement assez vite...

jeudi 13 septembre 2012

Le Prédicateur – Camilla Läckberg


Quelques années ont passé et nous retrouvons les personnages principaux (c'est le plaisir des séries) mariés et heureux... Ericka Falck étant enceinte, elle va céder la vedette à Patrick Hellstrom, ce qui va réduire considérablement l'originalité de ce tome par rapport au premier,,,
Cela dit, s'il avait été un copié/collé de celui-ci, cela n'aurait pas été plus original, donc, pourquoi pas ?
Le personnage du commissaire ridicule, s'il est toujours aussi ridicule, n'est pas mis en avant cette fois-ci, ce qui est très agréable.
Nous avons donc un roman policier nordique, bien construit, avec une intrigue originale, ancré dans le quotidien du petit village côtier de Fjällbacka , avec son lot de riches tordus, de familles tuyau-d-poele et de tueurs barrés (je reste vague, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir). Heureusement qu'il y a quelques personnes « normales » et qu'on apprécierait de fréquenter qui traversent le roman, sinon on pourrait se poser quelques questions sur la vie quotidienne en Suède !!!

Excellent roman, en tout cas, je suis bien content d'avoir les autres volumes...

lundi 10 septembre 2012

La Lionne Blanche – Henning Mankell


Troisième aventure de Kurt Wallander, ce roman mêle une enquête sur un meurtre en Suède englobée/provoquée par la préparation d'un attentat contre Nelson Mandela en Afrique du Sud, juste avant la prise de pouvoir de celui-ci.
Si le roman démarre de façon tout à fait prometteuse, l'auteur, emporté par son sujet et son amour irraisonné de l'Afrique, se met vers les deux tiers du bouquin à vouloir multiplier les rebondissements afin d'essayer d'y donner un rôle un peu plus important à Wallander qui semble assez dépassé par les évènements, maillon faible d'un livre dont il est censé être le personnage principal. On part donc dans un délire pas très crédible et inutilement compliqué où Wallander se met à vouloir aider un tueur noir, où sa fille se fait enlever (puis libérer en quelques pages, ressort dramatique testé et abandonné sans aucun intérêt pour l'histoire), il devient ensuite (je parle toujours de Wallander) fou de rage et dépressif, refrain connu, puis il est mis de côté sans préavis pour que le roman puisse s'achever sur l'attentat contre Mandela, à faire échouer coûte que coûte.
Bref, ça a beau se lire facilement, Mankell ayant du métier, on est loin de la qualité des autres opus ... Je suis très mitigé sur ce bouquin et je le classe parmi les moins bons de la série...

vendredi 7 septembre 2012

Laissez tomber la fille – San-Antonio



Entre deux romans un peu plus costauds, je me suis offert ma deuxième récréation San-Antonienne. Premier San-A officiel de la collection, cet opus se déroule pendant l'occupation Allemande. Le commissaire San-Antonio s'est mis en congé du gouvernement collabo, sans entrer pour autant en résistance, son égocentrisme naturel ne le poussant guère vers les grandes causes.
Suite à une malencontreuse ressemblance avec un malfrat, il tombe en plein dans un sombre complot avec passage d'échantillon de gaz ultra-secret d'Allemagne en Angleterre, bandits folkloriques menés par un chef mystérieux... Aprsè s'être fait plomber le bide, il foncera dans le tas et, au final, fera lui même passer l'échantillon Outre-manche...
Toujours aussi haut en couleurs, le roman déboule comme un bolide et se lit avec joie en quelques heures...
Prêt à continuer la série... ;-)

jeudi 23 août 2012

Réglez-lui son compte – San-Antonio

Il y a bien longtemps, quand j'avais entre 13 et 15 ans, j'ai lu un maudit paquet de San-Antonio... Entre ceux que j'avais trouvé dans une valise offerte par mon grand-père, tas de vieux polars tout droit sortis de braderies et récupérations diverses, comme il savait si bien en faire, ceux que je récupérais moi-même dans diverses brocantes et ceux que j'avais à prêter, j'étais un grand fana des aventures gouailleuses du commissaire inventé par Frédéric Dard... Un beau jour, cependant, je me suis lassé du filon : les intrigues se réduisant à peau de balle, le style flamboyant se transformant en style paresseux. Dard enfilait les romans comme d'autres les boulons, à la chaîne , et ça se ressentait drôlement. En gros, c'est facile à dater : le jour où l'auteur s'est mis à invectiver ses lecteurs en les tutoyant, j'ai cessé de lire ses délires de bas étage...
J'ai pourtant toujours gardé un bon souvenir de toute la première période et je me disais qu'un jour...



Vive Marcel ! J'ai récupéré tous les premiers romans de San-A et je me suis décidé à plonger dans le tout premier. Bon, c'est, je crois, le tout premier par ordre chronologique, mais il a été publié « en série » bien plus tard. Il ne s'agit pas d'un roman, d'ailleurs, mais de deux nouvelles pas mal tournées, quoiqu'un peu faiblardes côté intrigue. Cependant, ça m'a permis de replonger dans le style « San-A », la verve inimitable, l'argot semi-inventé, le personnage haut en couleurs (mais qui s'en prend plein la tronche, car il n'est apparemment pas si malin qu'il le claironne). C'est un vrai plaisir et ça provoque un irrépressible sourire... Nul doute que je m'offrirai encore de ces petites récréations.