Parmi les pérégrinations de la Braderie, un moment magique à la Isidore m'est resté...
On était devant le stand d'un brocanteur, tandis que les fans de SF (cf futur post) fouillaient des caisses de vieux poches humides et jaunis (de Western ! Si, si...), quand Isidore a soudain affirmé "ça, ça coûte 6 euros."
Je jette un rapide coup d’œil sur l'objet qui valait si cher d'après lui et il montrait un cendrier de bar, estampillé "33 export"... Froncement de sourcil, le temps de comprendre ce qui passait dans sa tête de 4 ans (et demi, ajouterait-il avec insistance)... Ah ! Oui ! Bien sûr... 33 export... 3+3, donc 6 euros.
Il est bon en calcul le petit Isidou, mais ça fait cher le cendrier !
Encore heureux que ce n'était pas un "1664" !!
Le blog paresseux du Bird... Des criticules rapides de mes lectures, mais pas seulement... Et même, peut-être, ça finira par ressembler à un vrai blog... ;-)
mardi 4 septembre 2012
lundi 3 septembre 2012
Le Peuple des Glaces / Les Chasseurs des Glaces – G.J. Arnaud
Dans ces troisième et quatrième volumes du cycle, on
suit d'une part la formidable évolution des Hommes Roux en
révolutionnaires armés en route vers leur reconnaissance et leur
indépendance et de l'autre les terribles chasses aux Roux, encagés
et traités comme des animaux, un peu comme si Arnaud n'avait pu
prendre une décision pour la suite à donner à sa saga et avait
suivi les deux pistes. Le « fil rouge » et point commun,
c'est toujours son héros, Lien Rag, amoureux fou d'une femme rousse.
En fait, compte tenu de l'immensité géographique de son univers, il
peut faire coexister les deux mignes d'action tout en restant
crédible...
C'est tant mieux, car cela offre un paquet de
possibilités pour la suite.
Les romans sont toujours aussi réussis, écrits et lus
avec aisance, mêlant action et aventure tout en s'attachant aux
personnages dans une vraie saga populaire et réjouissante... Il
explore toujours ses fantasmes en jetant des ponts entre les
espèces, mais ils évoluent en même temps que les Roux sont
assimilés à l'espèce humaine, montrant la sottise des tabous,
puisque il s'agit plus dès lors de relations inter-ethnies. C'est
futé et ouvre également de riches possibilités scénaristiques, le
fils métis de Lien Rag et Jdrou étant né à la fin de ce volume
4...
Les complots des Néo-Catholiques sont un peu mis en
retrait dans ces volumes, mais restent présents en arrière-plan,,,
Il y a 25 ans, je m'étais arrêté au volume 5, je
serai heureux d'aller plus loin cette fois-ci...
samedi 1 septembre 2012
Roland en 10 mots et un dessin...
"Les gens sont des crétins -- et nous sommes des gens."
Tirée de "Rêves de Gloire", cette phrase de Roland ne m'a pas seulement fait sourire par sa justesse : elle m'a envoyé une image de Roland aussi précise qu'une bonne photo... Tout le mépris de l'humanité et de la foule en 5 mots et tout l'amour qu'on peut lui porter en lui pardonnant, car nous en sommes partie intégrante, dans les 5 suivants...
Une merveille de citation....
Le dessin est du Z. Francis Z. Saint-Martin, bien sûr, un ami de toujours. Le genre de gars que tu ne vois pas pendant 20 ans et qui te manque au moins une fois par semaine, comme RCW, tiens...
Il y a presque tout dans ce dessin : Roland, le chapeau, les Santiag, le verre à la main, l'espace, les ordis, la SF et la réalité... Il ne manque que la musique... Tiens, je vous la mets aussi, à jouer fort !!!
Dix Contes de Magie - Jacques Cassabois
Recueil de dix contes "traditionnels" lourdement réécrits par Jacques Cassabois...
Je mets des guillemets à "traditionnels", parce qu'aucun de ces dix contes apparemment très répandus, si on croit les indications de régions qui les suivent, n'évoque le moindre écho dans ma mémoire. Il est vrai que je ne suis pas un fervent de la tradition, à part musicalement, mais j'avoue que ça m'étonne un peu, surtout que la plupart de ces contes se ressemblent furieusement, lissés qu'ils sont par la patte de l'écrivain qui adopte systématiquement le même ton, rendant ce petit livre très lassant...
On a tout intérêt à en distiller la lecture et à se contenter d'un conte de temps en temps, ce que j'ai fait d'ailleurs. Même comme ça, j'ai eu du mal à aller au bout du 10e.
Pourtant ce n'est pas mal écrit, loin de là, Cassabois est un conteur alerte, à la plume limpide, mais bon, j'oublierai rapidement ce bouquin et n'irai probablement pas piocher dedans le jour où je voudrais raconter une histoire aux enfants...
D'autant que, c'est pas pour dire, mais dans le genre misogyne, ces contes-là sont vraiment plus que traditionnels. Les mères sont abusives, imbues d'elles-même ou faibles, lâches, elles oublient leur progéniture aussitôt abandonnée ou la renient et la trahissent...Les seules femmes avec un caractère positif sont les sorcières qui aident toujours le héros, sans révéler leurs pouvoirs... Sympas, mais sorcières tout de même... C'est assez franchement désagréable...
jeudi 30 août 2012
La Mémoire des pierres
Allez, Roland est parti et ce sont les fans de SF qui ont le mieux compris comment réagir... Ainsi la XXe Bradocon va être rebaptisée "Red Deff Con" (pour les gens du Sud-Ouest : "Red Deffe, con") et on va y amener ce qu'on trouve d'inédits de Roland, de choses qu'il aimait et on va déconner sans compter à sa mémoire, pour faire rire l'archétype incarné de l'écrivain rocker fou qu'il est devenu dans la psychosphère...
Alors, puisque je fouille dans mes vieuzeries fanzinesques, je ne résiste pas à vous faire partager quelques vieux souvenirs, certains n'étant d'ailleurs pas strictement Wagnériens, mais bon, bordélique un jour, bordélique toujours....
Petit tour à la convention de Rambouillet en 83... Ma première conv, c'était en 82 à Quetigny et il me semble me souvenir que Roland y était aussi (me souvient d'un cosmic à la caféteria), mais il était un peu lointain pour le petit fan transi que j'étais et je n'ai aucune photo de lui (l'autre solution, c'est qu'il n'y était pas, mais ma mémoire est en défaut là-dessus. Pas moyen de me souvenir... Je me souviens surtout que je n'ai fait que la moitié de la convention, tout simplement parce qu'on jouait jusqu'au petit matin et que je n'émergeais du sommeil qu'autour de midi, l'heure de trouver un truc à bouffer pas cher avant de rejoindre la convention... Je n'y ai donc jamais connu un matin. Y avait-il quelque chose le matin ???)
En 83, en revanche, je me souviens du lieu, des gens, mais pas vraiment de ce qu'il y avait autour... J'y étais allé avec Marie-Pierre et aussi Fred Blayo... Roland était là, dans sa panoplie de rocker...
On le voit ici, inévitablement, sur le stand de Vopaliec-SF qu'il contribuait largement à remplir, en compagnie du jovial Patrice Verry, responsable de tant de nuits blanches pour moi, puisque grand initiateur de ce jeu fabuleux dont je ne suis toujours pas remis : le Cosmic Encounter...
C'est lors de cette convention, je pense, qu'André Ruaud et moi avions décidé de créer le fan-club de Jean-Daniel Brèque et Patrick Marcel, sympathique non association qui n'a servi qu'à nous faire plaisir et à eux aussi ;) Outre le grand "Tac au tac" auquel avaient participé tous les dessineux, JDB y avait créé le "Rambouilléti", gigantesque personnage sur papier nappe qu'en tant que président du fan-club, j'avais récupéré en fin de convention :
Je n'ai jamais su ce que je pouvais faire de cette magnifique œuvre sur papier auto-destructible, mais je me la suis trimballée de déménagement en déménagement, roulée dans une tuyau de carton, un peu plus déchirée et jaunie chaque fois... Je crois qu'elle a fini au recyclage après bien des atermoiements (à moins qu'elle traine encore dans son tube dans le garage ?? Le pire serait que ce n'est pas impossible...)
Pour en finir avec Rambouillet, Roland en conversation avec Dardinier (sur béquilles), à l'arrière-plan, apparemment je mange une pomme, tandis que Michel Pagel... ben, on ne sait pas ce qu'il fait avec la main en l'air... Pas en train de téléphoner en tout cas : le portable n'existait pas ! A gauche, le barbu, c'est Alain Grousset et le chevelu, je ne sais pas, je dirai Eric Vial, mais c'est pas sûr... En tout cas, qui utilisait mon Canon ? Marie-Pierre ?
Un petit saut de deux ans : quelqu'un sait-il pourquoi Jean-Daniel avait dessiné une noisette sur le bide de Jean-Pierre Vernay ???
On est en août 1985, et, visiblement, ça se passe chez Roland !!!
Je me demande bien pourquoi je n'ai qu'une seule photo de l'occasion... (A moins qu'il ne faille refaire une fouille en règle des carton de photos... J'ai fait ça vite fait, parce qu'au sol dans le placard, c'est pas top à cause de mon entorse du genou !!!)
(à suivre...)
;-)
Alors, puisque je fouille dans mes vieuzeries fanzinesques, je ne résiste pas à vous faire partager quelques vieux souvenirs, certains n'étant d'ailleurs pas strictement Wagnériens, mais bon, bordélique un jour, bordélique toujours....
Petit tour à la convention de Rambouillet en 83... Ma première conv, c'était en 82 à Quetigny et il me semble me souvenir que Roland y était aussi (me souvient d'un cosmic à la caféteria), mais il était un peu lointain pour le petit fan transi que j'étais et je n'ai aucune photo de lui (l'autre solution, c'est qu'il n'y était pas, mais ma mémoire est en défaut là-dessus. Pas moyen de me souvenir... Je me souviens surtout que je n'ai fait que la moitié de la convention, tout simplement parce qu'on jouait jusqu'au petit matin et que je n'émergeais du sommeil qu'autour de midi, l'heure de trouver un truc à bouffer pas cher avant de rejoindre la convention... Je n'y ai donc jamais connu un matin. Y avait-il quelque chose le matin ???)
En 83, en revanche, je me souviens du lieu, des gens, mais pas vraiment de ce qu'il y avait autour... J'y étais allé avec Marie-Pierre et aussi Fred Blayo... Roland était là, dans sa panoplie de rocker...
On le voit ici, inévitablement, sur le stand de Vopaliec-SF qu'il contribuait largement à remplir, en compagnie du jovial Patrice Verry, responsable de tant de nuits blanches pour moi, puisque grand initiateur de ce jeu fabuleux dont je ne suis toujours pas remis : le Cosmic Encounter...
C'est lors de cette convention, je pense, qu'André Ruaud et moi avions décidé de créer le fan-club de Jean-Daniel Brèque et Patrick Marcel, sympathique non association qui n'a servi qu'à nous faire plaisir et à eux aussi ;) Outre le grand "Tac au tac" auquel avaient participé tous les dessineux, JDB y avait créé le "Rambouilléti", gigantesque personnage sur papier nappe qu'en tant que président du fan-club, j'avais récupéré en fin de convention :
Je n'ai jamais su ce que je pouvais faire de cette magnifique œuvre sur papier auto-destructible, mais je me la suis trimballée de déménagement en déménagement, roulée dans une tuyau de carton, un peu plus déchirée et jaunie chaque fois... Je crois qu'elle a fini au recyclage après bien des atermoiements (à moins qu'elle traine encore dans son tube dans le garage ?? Le pire serait que ce n'est pas impossible...)
Pour en finir avec Rambouillet, Roland en conversation avec Dardinier (sur béquilles), à l'arrière-plan, apparemment je mange une pomme, tandis que Michel Pagel... ben, on ne sait pas ce qu'il fait avec la main en l'air... Pas en train de téléphoner en tout cas : le portable n'existait pas ! A gauche, le barbu, c'est Alain Grousset et le chevelu, je ne sais pas, je dirai Eric Vial, mais c'est pas sûr... En tout cas, qui utilisait mon Canon ? Marie-Pierre ?
Un petit saut de deux ans : quelqu'un sait-il pourquoi Jean-Daniel avait dessiné une noisette sur le bide de Jean-Pierre Vernay ???
On est en août 1985, et, visiblement, ça se passe chez Roland !!!
Je me demande bien pourquoi je n'ai qu'une seule photo de l'occasion... (A moins qu'il ne faille refaire une fouille en règle des carton de photos... J'ai fait ça vite fait, parce qu'au sol dans le placard, c'est pas top à cause de mon entorse du genou !!!)
(à suivre...)
;-)
mercredi 29 août 2012
Le Vol du Dragon – Anne Mc Caffrey
J'avais lu tant de bien de la Ballade de Pern, que
j'avais téléchargé tous les premiers volumes, bien décidé à
essayer... C'est chose faite...
Club de la Page 30. Un paquet de poncif de Fantasy, les
Guerriers en visite sur le fief du félon, les chevaliers-dragons sur
le déclin, mais qui veulent redorer leur blason. Une narration
éculée et terriblement ennuyeuse...
Je suis en fait quasiment allergique à la Fantasy... Il
faut vraiment que ce soit exceptionnel pour que j'accroche... Mais
quand c'est du pur cliché ridicule, au secours.
Hop. Effaçage.
dimanche 26 août 2012
L'Adversaire – Emmanuel Carrière
Lorsqu'à la fin de la braderie de Cassel, Christine me
donna une pile de livres de poche avec mission de les pochetroquer,
je saisis l'occasion, étant toujours prêt à me faire envoyer
quelques mangas ou poches gratos... En les rangeant dans l'étagère,
je lus la quatrième de couverture de ce roman, ce que je ne fais
jamais, mais bon, c'était pas pour le lire, juste pour savoir si
c'était un polar ou non, avec un titre pareil...
Et là, je fus interloqué par ce résumé. Comme
l'actualité est une chose à laquelle je ne suis perméable que par
brèves périodes, j'étais complètement étranger à l'histoire de
ce criminel pas comme les autres, dont je n'avais absolument jamais
entendu parler... Je ne suis pas non plus attiré par les « histoires
vraies », mais le fait que ce type avait vécu pendant des
années, marié, père de famille, en prétendant être médecin
alors qu'il n'était rien (professionnellement parlant) me paraissait
tellement aberrant que de savoir que c'était vrai m'a empli de
curiosité...
Quand j'ai constaté qu'en plus Marcel l'avait dans son
sac à dos, je m'y suis plongé, la curiosité laissant vite la place
à un malaise grandissant. Non seulement c'était possible, mais
c'était arrivé et, au lieu d'être incroyable, c'était sordide,
petit et ce type, à mon sens mentalement dérangé, existe et est en
prison (même pas en HP). Il devrait en sortir en 2015, ce qui fait une
belle jambe à sa famille massacrée et aux proches spoliés.
Apparemment, il s'achète une conduite à coup de ferveur religieuse
et de pardon catholique, ce qui est une raison de plus pour moi
d'avoir des hauts le cœur, tant ça prouve que l'étau
d'obscurantisme gère encore profondément notre société.
Quant au livre, il hésite entre fascination écœurée
et compréhension de la détresse profonde de l'assassin, gommant
honteusement l'existence des victimes qui sont presque des
accessoires, des éléments qu'on raconte comme des anecdotes dans la
trajectoire du Menteur, qui est son sujet premier.
En
fin de compte, j'aurais préféré une relation plus objective,
journalistique et informative que cette espèce de réhabilitation
admirative, même si elle n'est pas exempte de doutes et de réserves,
d'un type qui sort peut-être de l'ordinaire par son histoire, mais
n'est en fait qu'un malade qu'on n'a pas soigné et qui a terminé sa
longue crise existentielle par un sanglant massacre de femme, enfants
et parents...
Monsieur l'Auteur, vous n'êtes pas net, je me passerai
de vos autres livres...
samedi 25 août 2012
Colorado Kid – Stephen King
Un Stephen King mineur sur le mystère d'un cadavre
retrouvé des années plus tôt dans un petit coin perdu du Maine. Le
choix de la narration (deux vieux journalistes racontent le cas à
leur jeune stagiaire qui, on s'en doute, viendra les remplacer plus
tard) fait que le roman est très bavard et pas très passionnant. Il
y a quelques bons moments, mais après la deuxième lecture de ce
petit bouquin, je ne suis toujours pas capable de raconter vraiment
de quoi il s'agit... On l'oublie au fur et à mesure qu'on le lit.
King a inventé le roman auto-effaçable... Ce type est
trop fort...
vendredi 24 août 2012
Que sa volonté soit faite – Tamiki Wakaki
Dans le genre « comédie romantique fantastique
sur un sujet de société japonais », je m'étais acheté les
trois premiers tomes de « Que sa Volonté soit faite »,
pour voir...
J'ai vu...
Très
joli manga au trait assez kawai, le scénario met en scène
Katsuragi, un otaku pur et dur, spécialisé dans les jeux d'amour et
de drague et qui se surnomme le « Dieu Tombeur », car
aucune fille virtuelle ne lui résiste... Une démone, Elsy, qui
cherche à chasser des âmes en fuite, échappant au royaume des
morts en prenant possession des cœurs défaillants des jeunes filles
en péril, s'adjoint par la ruse la coopération de Katsuragi par
contrat démoniaque, du genre qu'on ne peut briser sans mourir...
Bien entendu, elle n'a rien compris et a cru qu'il était un réel
tombeur de filles... Or, non seulement il n'a jamais approché une
fille de sa vie, mais en plus ça ne l'intéresse pas , vu qu'elles
sont réelles
et
que seul le virtuel l'intéresse...
Sur cette base, Wakaki brode des scénarios très bien
ficelés et hilarants, aux personnages très justes. Katsuragi est
bien sûr pathétique, mais aussi très malin et s'il est souvent
ridicule, il remplit quand même systématiquement sa mission,
assisté de sa naïve et maladroite démone, qui l'appelle « Grand
frère Dieu »
Un très, très chouette manga qui me fait bien rire et
dont je vais aller me dégoter les numéros suivants...
jeudi 23 août 2012
Réglez-lui son compte – San-Antonio
Il
y a bien longtemps, quand j'avais entre 13 et 15 ans, j'ai lu un
maudit paquet de San-Antonio... Entre ceux que j'avais trouvé dans
une valise offerte par mon grand-père, tas de vieux polars tout
droit sortis de braderies et récupérations diverses, comme il
savait si bien en faire, ceux que je récupérais moi-même dans
diverses brocantes et ceux que j'avais à prêter, j'étais un grand
fana des aventures gouailleuses du commissaire inventé par Frédéric
Dard... Un beau jour, cependant, je me suis lassé du filon : les
intrigues se réduisant à peau de balle, le style flamboyant se
transformant en style paresseux. Dard enfilait les romans comme
d'autres les boulons, à la chaîne , et ça se ressentait drôlement.
En gros, c'est facile à dater : le jour où l'auteur s'est mis à
invectiver ses lecteurs en
les tutoyant,
j'ai cessé de lire ses délires de bas étage...
J'ai pourtant toujours gardé un bon souvenir de toute
la première période et je me disais qu'un jour...
Vive Marcel ! J'ai récupéré tous les premiers romans
de San-A et je me suis décidé à plonger dans le tout premier. Bon,
c'est, je crois, le tout premier par ordre chronologique, mais il a
été publié « en série » bien plus tard. Il ne s'agit
pas d'un roman, d'ailleurs, mais de deux nouvelles pas mal tournées,
quoiqu'un peu faiblardes côté intrigue. Cependant, ça m'a permis
de replonger dans le style « San-A », la verve
inimitable, l'argot semi-inventé, le personnage haut en couleurs
(mais qui s'en prend plein la tronche, car il n'est apparemment pas
si malin qu'il le claironne). C'est un vrai plaisir et ça provoque
un irrépressible sourire... Nul doute que je m'offrirai encore de
ces petites récréations.
mardi 21 août 2012
La Huitième Couleur – Terry Pratchett
J'avais déjà essayé, il y a quelques années
d'entamer la lecture du très estimé cycle du Disque-Monde, dont le
côté Pythonien tant vanté ne pouvait que me plaire, et je n'avais
même pas réussi à lire le premier tome en entier, tome dont
j'avais depuis tout oublié...
Les conversations sur le forum m'ayant redonné envie de
réessayer, je me suis plongé de nouveau dans ce premier tome,
m'attendant à lire un roman... En fait, il s'agit d'un recueil de
nouvelles et si cela n'est pas inintéressant, je me trouve quand
même à peiner à finir chacune d'entre elle. Je n'entre pas du tout
dans l'histoire, parodie d'Heroic Fantasy, genre qui n'a pas vraiment
besoin de ça, car il y a trop peu de distance entre l'original et la
parodie. L'humour est un peu potache et les ficelles souvent grosses
(ce qui pourrait ne pas être un problème en soi, j'aime pourtant
beaucoup l'humour Hénorme) , mais rien à faire : je m'ennuie en
lisant ce livre... J'avoue même être en train d'en faire le bilan
avant même d'avoir fini la quatrième nouvelle...
… que j'ai fini par finir, mais ça m'a pris un temps
infini et je suis resté de marbre... Bof.
lundi 20 août 2012
Le Cañon des Aigles – HS Murray
Par le biais de chargement de masse d'ebooks pour
nourrir la machine, je me suis retrouvé devant un paquet de livres
sur lesquels je n'aurais jamais posé les yeux en librairie. J'en ai
effacé pas mal, mais en ai gardé, bien entendu beaucoup et même
beaucoup trop. Toutefois, il est amusant, voire même intéressant
d'ouvrir par hasard un bouquin inconnu. C'est ce qui est arrivé avec
ce western dont j'ai lu les premières pages avec un sourire
goguenard, persuadé que je l'effacerais bien vite (le sourire, mais
le livre aussi ;-)...)
Et puis, non... C'est un solide roman d'aventure, avec
ses cow-boys et ses bandits, ses personnages un peu maudits et
poursuivis par le destin. Je n'en ferai pas mon ordinaire, mais je
l'ai lu avec intérêt dans de très brefs délais... Certains
« chefs-d'œuvre » ne bénéficient même pas d'un tel
privilège !!!
dimanche 19 août 2012
Celtas Cortos à Saint-Quai-Portrieux
J'étais plutôt déçu d'apprendre que Celtas Cortos,
groupe de folk/rock/ska bien barré espagnol passait par chez nous
fin juillet pendant que nous étions en Bretagne, parce que ça
m'aurait bien tenté d'aller les voir sur scène... Et, inversement,
j'ai été plutôt content d'apprendre qu'ils étaient en concert
(gratuit en plus) à trente minutes du gîte le vendredi 20
juillet...
Plutôt content... disons même surexcité. J'annonçais
immédiatement ma décision : « Vous, je ne sais pas, mais moi,
j'y vais ! » Comme j'en passe régulièrement dans la voiture,
tout le monde connaissait un peu et ça branchait Coco d'y aller. Les
filles étaient partantes aussi, y voyant l'occasion d'une fête et
de sortir « maquillées comme dans le clip de Rhianna »,
assez impressionnée aussi pour Lolo par l'ambiance d'avant concert
sur l'album que je possède. Faut dire que c'est un live d'un concert
chez eux et forcément le public « dépote »...
Concert en famille donc, c'est dit...
"LE" morceau que toute la famille adore !
Le clip a quelques années, ils ont maintenant
plus de bouteille, mais une pêche inchangée.
Voyez le public sauter comme des malades ! Bon.
J'aurais dû être plus délicat : entorse du genou, m...e !
Le jour venu, beau ciel bleu, excellent. Je trouve la
route tout de suite, impeccable, nous sommes à pied d’œuvre à
20h45 pour le concert de 21h...
Malheureusement, ils ont un peu de retard et ils entrent
sur scène à 21h25 devant un public un peu clairsemé... Dur, dur
pour le bout de chou. Toute la famille est installée sur les
gradins, sur le côté de la scène et je suis, bien sûr, debout au
centre, à mi-chemin entre la sono et la scène.
Sept musiciens bien rodés envahissent la scène et
c'est parti pour un infernal mélange de musique celtique, de rock,
de ska, délivré avec une pêche d'enfer et plein d'humour. Le
chanteur a un look de « rocker alternatif » et balance
ses notes d'une voix rocailleuse, le guitariste fait très « propre
sur lui », limite guindé, le bassiste a un look disons
« normal » et il assure vraiment un maximum... On a un
excité total à l'arrière-plan, casquette en tissu et t-shirt
« Breizh » qui délire avec un biniou électrique en
forme de flying V recouvert de peluche tigrée !!!!
Le show vaut son pesant de cacahuètes... Je saute comme
un kangourou et les musiciens en font autant car ils ont une pêche
redoutable et ne ménagent pas leur peine... C'est EX-CEL-LENT et j'y
retournerai...
Pendant tout le début du concert, j'ai quand même un
peu de mal à rentrer dedans, parce qu'Isou Bisou, mon diablotin de
quatre ans, fait la navette entre la famille sur son banc et moi au
centre et j'ai toujours un peu peur qu'il se fasse mal ou s'égare.
Coco finira par l'immobiliser à côté d'elle, mais il fera une
bonne crise de larmes : faut pas restreindre sa liberté, le
pauvre... Mais bon, on est des parents indignes et on préfère un
gamin qui pleure plutôt qu'un gamin qui meurt...
Le sachant à l'abri, j'ai pu ensuite prendre mon
pied...
Ça me faisait juste un peu bizarre d'être seul au
centre et eux là-bas, mais bon, ce n'était que le deuxième concert
en famille... Le premier, c'était Marcel, et les enfants avaient
leurs cousins pour s'éclater ensemble quand le concert leur
paraissait trop long...
Entre leurs titres originaux, les traditionnels remis à
leur sauce et une belle reprise de « Fisherman blues »
des Waterboys, le spectacle était parfait et j'ai tant sauté sur le
bitume que j'ai un mal de chien dans les tendons du genou
aujourd'hui... Pffff, ça s'arrange pas... Il va falloir soit que je
me calme, soit que j'augmente la quantité de concerts pour garder un
certain entraînement...
J'avoue que la deuxième solution ne me déplaît
pas....
(Quelques jours et une très longue balade plus tard :
entorse du ligament interne du genou droit qui vient gâcher les
vacances, je suis bien dégouté...)
Si c'était à refaire – Marc Lévy
Réponse
: non.
Si
c'était à refaire, je ne relirais pas ce roman gentillet où tout
se déroule sans surprise dans l'ordre où l'on s'attend à le voir
se dérouler. La surprise finale, qui n'en est pas une, est digne
d'une copie pas très réussie de collégien (c'était
un rêve)
et ne rend même pas le bouquin fonctionnel, car, à sa lumière, de
nombreuses invraisemblances voient le jour.
Bref, je peux au moins dire que j'ai essayé un Marc
Levy,
Faible bilan...
vendredi 17 août 2012
La Princesse des Glaces – Camilla Läckberg
Toujours
à la recherche de nouveaux auteurs de polars, je me suis penché sur
le dernier auteur scandinave « à la mode », Camilla
Läckberg, craignant un peu de tomber sur un phénomène un peu
décevant comme la trilogie Millenium, qui étaient composée de
polars pas mal à mon goût, mais un peu ratés quand même, englués
qu'ils étaient dans un background politico-économico-journalistique
un peu imbuvable...
Pas
de cela ici, c'est d'un bon polar « à la suédoise »,
proche des gens, dont il s'agit. Plus optimistes que les Wallander,
il met en scène l'écrivain Ericka Falck, qui ne tardera pas à
tomber amoureuse du policier Patrik Hedström, et réciproquement. En
combinant la curiosité insatiable de l'une avec l'exploration
méthodique de l'autre, les ficelles assez enchevêtrées d'une
intrigue bien réfléchie se dénouent et on lit avec grand plaisir
cette enquête se passant dans un petit village où tout le monde se
connaît. C'est le syndrome Elizabeth Georges transposé à la
Suède...
Seuls
les passages mettant en scène le trop caricatural supérieur
hiérarchique de Patrik ne m'ont pas convaincus. Destiné à être le
faire-valoir grotesque, mettant en valeur le jeune héros, un peu
insipide face à sa dulcinée bien campée, l'exagération
enthousiaste de l'auteur le détourne de son rôle et lasse
rapidement... J'espère qu'il sera éliminé des volumes suivants...
A suivre, car nonobstant ce défaut, le livre se dévore en un temps
record...
;-)
jeudi 16 août 2012
Oscar et la Dame rose – Eric-Emmanuel Schmidt
Il y a certains actes que l'on accomplit seul, dans son
coin. On laisse son esprit vagabonder, on se raconte des histoires,
on se tripote rêveusement le sexe et, qu'on soit mâle ou femelle,
ça se termine en plaisir et flaque humide... On passe ensuite un
petit bout de Sopalin, on se rajuste et on oublie.
Eric-Emmanuel
Schmidt (hmm, Eric, c'était trop banal ?) s'est enfermé dans son
petit bureau, seul. Il a laissé son son esprit vagabonder, s'est
raconté des histoires en se tripotant rêveusement l'engin (ici, un
ordinateur) et ça s'est terminé avec un petit texte humide (la
preuve, il coule tout seul quand on le lit)... Hélas, au lieu de
passer le Sopalin, il a été tout fier de sa production, l'a envoyée
à son éditeur qui, ne reculant devant rien (c'est le propre de
l'éditeur), l'a reproduite en grosses lettres, pour que ça fasse
quand même 96 pages (fallait bien que ça ressemble à un livre pour
le vendre) et l'a publiée.
Il faut dire que depuis qu'Howard Buten a fait un carton
avec « Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué » (carton
mérité, car ça, c'était un bon livre), il est courant de trouver
des livres écrits à la première personne comme si c'était un
enfant qui parlait...
Dans le cas d'E-E Schmidt, le narrateur est un pauvre
petit garçon leucémique vivant ses derniers jours à l'hôpital et
nous suivons sa correspondance avec Dieu (yurk). Pathos garanti. Sauf
que le langage n'est pas celui d'un enfant de dix ans, c'est celui
d'un de ces écrivains qui se regardent écrire avec délectation, à
la Djian. C'est facile à lire, certes, mais c'est gonflant, surtout
quand ça vient mêler mysticisme à deux balles, personnages hauts
en couleurs, situations rocambolesques, sentiments à la noix... Tout
ça déjà vu mille fois en plus... Sur le même thème, voir le film
Tom et Lola, dix fois plus joli et poétique...
Bilan
de la chose : trois quarts d'heure de lecture pénible... Ensuite, il
faut faire soi-même ce que l'auteur aurait dû faire de cette œuvre
onaniste dans la solitude de son petit bureau : Sopalin
et on oublie !
mercredi 15 août 2012
Insupportable – Didier Porte
Dans
ce court bouquin, l'humoriste viré de France Inter par les hérauts
de la Sarkozie triomphants, Jean-Luc Hees et Philippe Val, dit
l'arriviste vire-casaque, revient sur les raisons et les modalités
de son limogeage couplé à celui de Stéphane Guillon.
Ça
se lit très facilement et c'est toujours intéressant de lire les
dessous d'une telle affaire, d'autant que Porte manie assez bien le
langage et l'ironie. Toutefois, il n'y a quand même pas matière à
remplir un livre et l'humoriste bouche les trous sans hésiter avec
de longs extraits de ses chroniques, leur donnant ainsi une seconde
(ou parfois troisième) vie. Après tout ces papiers sont déjà
écrits et s'ils peuvent rapporter un peu d'oseille à un pauvre
chômeur, ce n'est pas plus mal, d'autant que (pour certains) on les
relit avec délectation...
PS : La postface de Raoul Vaneigeim est au moins aussi intéressante que le livre... ;-)
lundi 13 août 2012
Persistance de la Vision...
Dix jours maintenant que Roland a disparu et le monde tourne toujours, il y a juste un vide, là, comme si un millénariste transparent était assis dans ce coin...
Le matin de la cérémonie d'adieu, j'étais en voiture et c'était un moment où je n'y pensais plus, concentré sur ce que nous allions faire. Le random du lecteur de mp3 de la voiture nous a balancé du Brain Damage, à 11h, l'heure où son corps devait quitter la terre, ne laissant que son souvenir errer dans la psychosphère...
J'ai abandonné mes convictions religieuses dans mon enfance, à la découverte de l'inexistence des cloches de Pâques (il y avait des œufs en chocolat plein l'armoire !). Ce jour-là, j'ai pris conscience que la petite souris n'existait pas non plus. Pire, que le Père Noël était aussi imaginaire. Et le plus horrible : les êtres en qui j'avais la plus aveugle confiance, mes parents, m'avaient menti sur tous ces sujets durant toute ma vie (même ça ne faisait pas si longtemps que ça). J'ai pleuré à chaudes larmes sur cette trahison et j'ai douté ensuite systématiquement de ce qu'ils me disaient, balançant aux chardons par la même occasion, les sornettes débitées par les curés, catéchèses et autres fous quotidiens de dieu (ah merde, je ne trouve plus la majuscule. Bon. C'est pas plus mal...) Tout ça pour dire que je sais bien que c'est le hasard qui m'a mis du Brain Damage à cette heure-là (d'autant que la probabilité est renforcée par le fait qu'il y a beaucoup de titres de BD dans ma sélection), mais quand même, s'il devait y avoir un coup de pouce surnaturel, je préfèrerais que cela vienne de l'Archétype Incarné de l'écrivain rebelle de SF...
Comme j'ai peu confiance dans la pérennité des forums, je recopie ici, dans ce blog transformé en journal intime / carnet de souvenirs, deux textes que j'ai écrit sur des forums tout de suite après avoir reçu la triste nouvelle...
1/
J'ai appris ça par téléphone ce midi et je m'arrange pour rester avec les enfants, parce que tout seul, je pleure...
Roland était un type extraordinaire et on a passé de bons moments de conventions en festivals... J'ai beaucoup pleuré chez lui dans les années 80, à cause de mon allergie féline et l'omniprésence de Shayol, son chat (nommé ainsi d'après la fameuse planète dans Les Seigneurs de l'Instrumentalité, Roland, c'était la SF 24h sur 24)... J'ai plongé dans la psychosphère dès ses débuts, j'ai publié une paire de ses nouvelles au temps glorieux des fanzines avant qu'il soit professionnel. Il m'a fait découvrir plein de choses, y compris des trucs qui n'ont rien à voir avec la SF (comme le halva, miam). J'aimais ses colères, son érudition, ses contradictions. J'aimais son végétarisme à géométrie variable. J'aimais ses enthousiasmes, son acharnement, sa générosité... Bref, j'aimais Roland et les années passées sans le voir n'y changent rien...
Et puis j'aimais, j'aime et j'aimerai ses livres, son univers construit petit à petit, avec humour (toujours), démesure et intelligence... J'étais en train de relire Les Futurs Mystères de Paris, que j'ai rachetés dans l'édition de l'Atalante... J'avais justement relu le mois dernier, les dédicaces délirantes qu'il m'avait faites sur les livres de Jimmy Guieu écrits par ses soins sous le pseudonyme de Richard Wolfram... Excellent...
Si vous voulez rire un peu, voici deux nouvelles de l'époque joyeuse du fanzinat qu'il offrait en ebook :
http://shayolfreepress.blogspot.fr/
Oui, Shayol encore...
Quant aux disques de Brain Damage (sur Shayol Records, bien sûr...), si vous voulez y jeter une oreille, ils sont presque tous en téléchargement gratuit sur le site du groupe que Roland avait mis en ligne il y a quelques années :
http://rcw.nerim.net/brain/brainac.html
Mes filles adorent écouter "Viens danser le Smurf avec les Schtroumpfs" et je me souviens des gens qui se retournaient sur ma cadette dans la rue, un jour qu'elle chantait "Payez, payez pour l'oxygène"... Faut dire qu'elle avait 4 ans...)
Et allez le voir déconner dans un clip fait maison sur "Clique sur le mulot" :
http://www.dailymotion.com/video/x2z4m4_brain-damage-clique-sur-le-mulot_music
"La culture n'appartient à personne, ou plutôt elle est à nous tous, elle doit circuler librement dans toute l'humanité, sans la payer, la richesse des créations humaines doit être partagée en toute liberté, pour que chacun puisse s'enrichir, élargir sa connaissance spirituelle...
(...)
Fuck le pognon !
Nique l'argent !"
C'est tout Roland en quelques mots : révolte, générosité, mais aussi dérision, humour, naïveté, enthousiasme...
J'arrête. Je retourne vivre. Et je vais faire gueuler Brain Damage sur ma chaine, pour faire rire Roland, où qu'il soit.
2/
Depuis lundi, quand Jones m'a téléphoné pour m'annoncer la triste nouvelle, il ne se passe pas une heure sans que je revoie Roland...
Dans des conventions de SF, la cigarette au bec en train de raconter avec enthousiasme son prochain roman; au micro de Brain Damage dans une petite salle de répét' sordide où il m'avait trainé; dans une chaise longue à Longpont sur Orge, chez Michel Pagel, où il avait séjourné un moment et m'avait invité quelques jours (en l'absence de Michel, dommage); chez moi à Roubaix, tard dans la nuit, tandis qu'on expliquait avec enthousiasme au Z. les longs dialogues et le fun qu'on prenait sur RTEL, en 3614, juste avant que Francis saisisse ma batte de base ball et la brandisse en criant "moi aussi, je vais taper sur le minitel"...
Je le revois aussi courant sur le bar d'un petit bistrot Parisien où Brain Damage donnait un concert sur une scène de 4m², et rentrant super-content ("c'était un bon concert : j'ai couru sur le bar...") ou découvrant la photo mal scannée d'une maîtresse en corset de cuir illustrant la chanson "esclave" dans le recueil de textes de Brain Damage que j'avais publié (avec la nouvelle alors inédite "Hors Monde, Hors Temps", magnifique) et son commentaire amusé "on lui voit la touffe, c'est bien", là où tout ce que je voyais, c'était une belle paire de fesses, chacun son obsession...
Je le revois aussi me répondre avec sa mauvaise foi caractérisée, un jour où je me fichais de lui parce qu'il se régalait de crevettes, pauvres animaux innocents sacrifiés dans son estomac végétarien, enfin végétarien sauf ce soir-là... Et lui, très sérieusement, très véhémentement, très Wagnérien : "mais ces animaux-là ne pensent pas, alors ça ne compte pas..."
Plein d'autres moments encore, car il ne fallait pas fréquenter longtemps Roland pour accumuler les anecdotes, il était incroyable. Incroyablement chaleureux, incroyablement humain, incroyablement talentueux, incroyablement chiant aussi, voire même chieur, il en était fier (mais je m'en fous : j'ai toujours été du bon côté, ouf
),
Je ne l'avais pas vu depuis une quinzaine d'années, mais on avait échangé quelques mails, je savais ce qu'il devenait quand je croisais AFR, et puis je lisais toujours ses romans, moi qui ne lisais quasiment plus de SF (au point que je ne connaissais même pas ce forum, où je ne suis arrivé qu'ici, à cause de lui et de sa mort idiote.)
Je remettais toujours au lendemain le fait de reprendre contact avec lui (ceux qui me connaissent savent que c'est une de mes spécialités), et je m'en accommodais très bien car je savais qu'au hasard d'un événement ou d'un moment de vacances pas trop loin de chez lui, je n'aurais qu'à sonner pour le retrouver et déconner comme si c'était hier...
Connerie ! J'aurais dû savoir que la probabilité que tout aille bien diminue drastiquement avec les années, mes albums de photos commencent à contenir plus de disparus que d'amis vivants, et ce n'est qu'un début.
Je n'ai plus que le regret d'avoir remis au lendemain. Des regrets et un immense chagrin, des larmes qui coulent à chaque évocation de ce type fabuleux que je n'ai pas peur d'appeler mon ami, même après tant d'années sans le voir... L'absence n'est rien quand on sait qu'un coup de fil peut la gommer, elle est insupportable quand elle est inéluctable.
Merde.
Je pense à toi Sylvie, qui reste et qui souffre. Je ne t'ai pas vue depuis au moins autant d'années, mais mon amitié n'en est pas moindre.
Le matin de la cérémonie d'adieu, j'étais en voiture et c'était un moment où je n'y pensais plus, concentré sur ce que nous allions faire. Le random du lecteur de mp3 de la voiture nous a balancé du Brain Damage, à 11h, l'heure où son corps devait quitter la terre, ne laissant que son souvenir errer dans la psychosphère...
J'ai abandonné mes convictions religieuses dans mon enfance, à la découverte de l'inexistence des cloches de Pâques (il y avait des œufs en chocolat plein l'armoire !). Ce jour-là, j'ai pris conscience que la petite souris n'existait pas non plus. Pire, que le Père Noël était aussi imaginaire. Et le plus horrible : les êtres en qui j'avais la plus aveugle confiance, mes parents, m'avaient menti sur tous ces sujets durant toute ma vie (même ça ne faisait pas si longtemps que ça). J'ai pleuré à chaudes larmes sur cette trahison et j'ai douté ensuite systématiquement de ce qu'ils me disaient, balançant aux chardons par la même occasion, les sornettes débitées par les curés, catéchèses et autres fous quotidiens de dieu (ah merde, je ne trouve plus la majuscule. Bon. C'est pas plus mal...) Tout ça pour dire que je sais bien que c'est le hasard qui m'a mis du Brain Damage à cette heure-là (d'autant que la probabilité est renforcée par le fait qu'il y a beaucoup de titres de BD dans ma sélection), mais quand même, s'il devait y avoir un coup de pouce surnaturel, je préfèrerais que cela vienne de l'Archétype Incarné de l'écrivain rebelle de SF...
Comme j'ai peu confiance dans la pérennité des forums, je recopie ici, dans ce blog transformé en journal intime / carnet de souvenirs, deux textes que j'ai écrit sur des forums tout de suite après avoir reçu la triste nouvelle...
1/
J'ai appris ça par téléphone ce midi et je m'arrange pour rester avec les enfants, parce que tout seul, je pleure...
Roland était un type extraordinaire et on a passé de bons moments de conventions en festivals... J'ai beaucoup pleuré chez lui dans les années 80, à cause de mon allergie féline et l'omniprésence de Shayol, son chat (nommé ainsi d'après la fameuse planète dans Les Seigneurs de l'Instrumentalité, Roland, c'était la SF 24h sur 24)... J'ai plongé dans la psychosphère dès ses débuts, j'ai publié une paire de ses nouvelles au temps glorieux des fanzines avant qu'il soit professionnel. Il m'a fait découvrir plein de choses, y compris des trucs qui n'ont rien à voir avec la SF (comme le halva, miam). J'aimais ses colères, son érudition, ses contradictions. J'aimais son végétarisme à géométrie variable. J'aimais ses enthousiasmes, son acharnement, sa générosité... Bref, j'aimais Roland et les années passées sans le voir n'y changent rien...
Et puis j'aimais, j'aime et j'aimerai ses livres, son univers construit petit à petit, avec humour (toujours), démesure et intelligence... J'étais en train de relire Les Futurs Mystères de Paris, que j'ai rachetés dans l'édition de l'Atalante... J'avais justement relu le mois dernier, les dédicaces délirantes qu'il m'avait faites sur les livres de Jimmy Guieu écrits par ses soins sous le pseudonyme de Richard Wolfram... Excellent...
Si vous voulez rire un peu, voici deux nouvelles de l'époque joyeuse du fanzinat qu'il offrait en ebook :
http://shayolfreepress.blogspot.fr/
Oui, Shayol encore...
Quant aux disques de Brain Damage (sur Shayol Records, bien sûr...), si vous voulez y jeter une oreille, ils sont presque tous en téléchargement gratuit sur le site du groupe que Roland avait mis en ligne il y a quelques années :
http://rcw.nerim.net/brain/brainac.html
Mes filles adorent écouter "Viens danser le Smurf avec les Schtroumpfs" et je me souviens des gens qui se retournaient sur ma cadette dans la rue, un jour qu'elle chantait "Payez, payez pour l'oxygène"... Faut dire qu'elle avait 4 ans...)
Et allez le voir déconner dans un clip fait maison sur "Clique sur le mulot" :
http://www.dailymotion.com/video/x2z4m4_brain-damage-clique-sur-le-mulot_music
"La culture n'appartient à personne, ou plutôt elle est à nous tous, elle doit circuler librement dans toute l'humanité, sans la payer, la richesse des créations humaines doit être partagée en toute liberté, pour que chacun puisse s'enrichir, élargir sa connaissance spirituelle...
(...)
Fuck le pognon !
Nique l'argent !"
C'est tout Roland en quelques mots : révolte, générosité, mais aussi dérision, humour, naïveté, enthousiasme...
J'arrête. Je retourne vivre. Et je vais faire gueuler Brain Damage sur ma chaine, pour faire rire Roland, où qu'il soit.
2/
Depuis lundi, quand Jones m'a téléphoné pour m'annoncer la triste nouvelle, il ne se passe pas une heure sans que je revoie Roland...
Dans des conventions de SF, la cigarette au bec en train de raconter avec enthousiasme son prochain roman; au micro de Brain Damage dans une petite salle de répét' sordide où il m'avait trainé; dans une chaise longue à Longpont sur Orge, chez Michel Pagel, où il avait séjourné un moment et m'avait invité quelques jours (en l'absence de Michel, dommage); chez moi à Roubaix, tard dans la nuit, tandis qu'on expliquait avec enthousiasme au Z. les longs dialogues et le fun qu'on prenait sur RTEL, en 3614, juste avant que Francis saisisse ma batte de base ball et la brandisse en criant "moi aussi, je vais taper sur le minitel"...
Je le revois aussi courant sur le bar d'un petit bistrot Parisien où Brain Damage donnait un concert sur une scène de 4m², et rentrant super-content ("c'était un bon concert : j'ai couru sur le bar...") ou découvrant la photo mal scannée d'une maîtresse en corset de cuir illustrant la chanson "esclave" dans le recueil de textes de Brain Damage que j'avais publié (avec la nouvelle alors inédite "Hors Monde, Hors Temps", magnifique) et son commentaire amusé "on lui voit la touffe, c'est bien", là où tout ce que je voyais, c'était une belle paire de fesses, chacun son obsession...
Je le revois aussi me répondre avec sa mauvaise foi caractérisée, un jour où je me fichais de lui parce qu'il se régalait de crevettes, pauvres animaux innocents sacrifiés dans son estomac végétarien, enfin végétarien sauf ce soir-là... Et lui, très sérieusement, très véhémentement, très Wagnérien : "mais ces animaux-là ne pensent pas, alors ça ne compte pas..."
Plein d'autres moments encore, car il ne fallait pas fréquenter longtemps Roland pour accumuler les anecdotes, il était incroyable. Incroyablement chaleureux, incroyablement humain, incroyablement talentueux, incroyablement chiant aussi, voire même chieur, il en était fier (mais je m'en fous : j'ai toujours été du bon côté, ouf
Je ne l'avais pas vu depuis une quinzaine d'années, mais on avait échangé quelques mails, je savais ce qu'il devenait quand je croisais AFR, et puis je lisais toujours ses romans, moi qui ne lisais quasiment plus de SF (au point que je ne connaissais même pas ce forum, où je ne suis arrivé qu'ici, à cause de lui et de sa mort idiote.)
Je remettais toujours au lendemain le fait de reprendre contact avec lui (ceux qui me connaissent savent que c'est une de mes spécialités), et je m'en accommodais très bien car je savais qu'au hasard d'un événement ou d'un moment de vacances pas trop loin de chez lui, je n'aurais qu'à sonner pour le retrouver et déconner comme si c'était hier...
Connerie ! J'aurais dû savoir que la probabilité que tout aille bien diminue drastiquement avec les années, mes albums de photos commencent à contenir plus de disparus que d'amis vivants, et ce n'est qu'un début.
Je n'ai plus que le regret d'avoir remis au lendemain. Des regrets et un immense chagrin, des larmes qui coulent à chaque évocation de ce type fabuleux que je n'ai pas peur d'appeler mon ami, même après tant d'années sans le voir... L'absence n'est rien quand on sait qu'un coup de fil peut la gommer, elle est insupportable quand elle est inéluctable.
Merde.
Je pense à toi Sylvie, qui reste et qui souffre. Je ne t'ai pas vue depuis au moins autant d'années, mais mon amitié n'en est pas moindre.
lundi 6 août 2012
Salut Roland
Je viens d'apprendre qu'hier après-midi, pendant que le monde vaquait à ses occupations diverses, Roland C. Wagner a été victime d'un accident de voiture fatal. Je me réjouissais de découvrir cet été ses deux derniers livres et comptais bien profiter de l'avis que je leur porterais pour tenter de sortir une fois de plus l'ours de sa caverne afin d'avoir quelques nouvelles, car ça faisait vraiment trop longtemps qu'on ne s'était pas croisé.
Putain. On remet toujours au lendemain et il y a de moins en moins de lendemains. Tu me manquais déjà Roland, mais je te savais vivant et délirant sous d'autres cieux, je n'étais pas pressé de te revoir, car je savais que ça arriverait tôt ou tard, à la Bradocon, dans une manifestation SF ou au détour d'une route de vacances... Là, tu vas me manquer beaucoup. Eternellement, en fait.
J'arrête là, je pleure comme un con. Connerie de route. Bordel de vie.
Je suis de tout cœur avec toi, Sylvie, si tu me lis un jour. Avec toi, Natacha, même si tu ne me connais pas (la dernière fois que je t'ai vue, tu avais sept ans !). Une pensée à tous tes amis qui partagent aujourd'hui leur peine. A tous tes fans aussi.
Putain. On remet toujours au lendemain et il y a de moins en moins de lendemains. Tu me manquais déjà Roland, mais je te savais vivant et délirant sous d'autres cieux, je n'étais pas pressé de te revoir, car je savais que ça arriverait tôt ou tard, à la Bradocon, dans une manifestation SF ou au détour d'une route de vacances... Là, tu vas me manquer beaucoup. Eternellement, en fait.
J'arrête là, je pleure comme un con. Connerie de route. Bordel de vie.
Je suis de tout cœur avec toi, Sylvie, si tu me lis un jour. Avec toi, Natacha, même si tu ne me connais pas (la dernière fois que je t'ai vue, tu avais sept ans !). Une pensée à tous tes amis qui partagent aujourd'hui leur peine. A tous tes fans aussi.
dimanche 1 juillet 2012
Brilliant
Contre toute attente, malgré mes constantes inclinations envers les groupes aux guitares lourdes, j'ai craqué un jour de 1985 pour Ultravox... Je n'étais pas très branché "new wave", même si j'écoutais The Cure depuis les débuts (les fans d'étiquettes vont sauter au plafond, mais je n'en ai qu'un nombre très limité dans ma boîte et "new wave" est celle qui couvre tout un pan de musique rock de The Cure à A-ha)...
Mon camarade de combat Eric, puisque j'étais à l'armée, dans un bureau à attendre que ça se passe, n'écoutait que ce genre, qui était au top de la mode et j'ai donc d'emblée eu sous l'oreille les groupes connus et inconnus (la France et ses médias sous-développés ayant enterré d'office 80% de la production, comme c'est toujours le cas). Je gérais ce raz-de-marée de nouveautés avec la subtilité qui me caractérise, en recopiant sur cassettes tout ce que j'aimais et en éliminant le reste. Exit Depeche Mode, OMD, New Order, Indochine (yurk !) Talk Talk (exceptionnellement, j'y suis revenu dans les années 2000, faut croire que je ne suis pas si définitif dans mes choix ;-) ) et dans la boîte House of Tears, Tears for Fears et surtout, avant tout, Ultravox, dont l'emphase, la voix superbe de Midge Ure, la vraie batterie de Warren Cann en plus des boîtes à rythmes des synthés de Billy Currie et le vrai son de guitare (Ure, de nouveau) m'avaient tapé dans l'oreille...
Dans les années qui suivirent, je me procurai toute la discographie du groupe, profitant de mes voyages à Londres pour acheter d'occase, l'un après l'autre, tous les maxi-singles, le groupe n'étant pas avare d'inédits et de remix... Je découvris alors que le groupe avait connu une incarnation post-punk et pré-Ure (j'adore ce genre de phrases incompréhensible au commun des mortels), Ultravox! (ne pas oublier le point d'exclamation), avec John Foxx au chant et Stevie Shears/Robin Simon, formation responsable de trois excellents albums, dans une autre veine...
Bref, il n'y a guère que les deux réincarnations des années 1990, initiées par Billy Currie qui avait regroupé quelques parfaits inconnus pour tenter de profiter du nom du groupe, que je n'ai pas aimées (le brave vieux Billy avait un peu exagéré sur ce coup-là, ce qui est d'autant plus dommage que j'ai quelques uns de ses albums solos et qu'ils sont tout à fait honorable).
Quand les musiciens se retrouvèrent en 2008 pour une tournée "Return of Eden", je m'en suis réjoui, surtout que l'album est excellent, même si la voix de Midge Ure est, forcément, un peu érodée par l'âge. Quand ils annoncèrent en 2011 leurs retrouvailles durables pour un nouvel album studio, je ne pus m'empêcher de sourire et de précommander l'album...
Y avait-il un risque qu'ils pondent une daube ? Pas vraiment... Il n'y a aucune chance que cet album vienne relancer leur carrière, ils ne l'ont visiblement pas fait pour ça et leurs messages enthousiastes tout le long de la réalisation du disque montraient qu'ils prenaient du plaisir à l'écrire et le produire, nous promettant autant de plaisir à l'écouter...
Pari tenu, l'album n'est peut-être pas Brillant (leur fameuse mégalomanie ;-) ) mais il vaut largement l'écoute. On retrouve en trois notes le "son Ultravox", le sens du détail (les titres en un mot), le soin de la production, l'immédiat accès à une musique qui bouge, aux mélodies évidentes et parfaites du clavier de Currie et pourtant aux richesses harmoniques qui font que dans dix ans, on pourra encore le réécouter avec le même sourire.
Flow
En attendant, j'ai 8 chansons nouvelles d'Ultravox (au complet : Ure/Cann/Cross/Currie) et ça me convient, car je ne l'aurais jamais espéré...
D'autant qu'il y a une tournée à l'appui et que j'aimerais bien y aller (je suis toujours frustré, après plus de 25 ans, d'avoir raté leur passage à Bercy pour la tournée U-Vox)... Mais évidemment, c'est au beau milieu d'une semaine juste avant les vacances de Toussaint et j'ai le choix entre Anvers (160km), Paris (226km) et Tilburg (237km)... La distance ne me dérange pas trop, mais ce serait cool de ne pas être tout seul et je ne vois pas grand monde pour m'y accompagner... Mais bon, ça ne va probablement pas m'arrêter et je vais sûrement craquer pour Tilburg, parce que le 013 est une salle que j'adore...
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