Le blog paresseux du Bird... Des criticules rapides de mes lectures, mais pas seulement... Et même, peut-être, ça finira par ressembler à un vrai blog... ;-)
mardi 8 avril 2014
La Révolte - Suzanne Collins
Et de trois...
Heureusement que ça s'arrête là... La fière Katniss Everdeen a été sauvée de l'arène par les rebelles du 13e district qui veulent qu'elle incarne le "Geai Moqueur", symbole télévisuel de la Révolte, dans un monde post Irak où les guerres se mènent parallèlement armes à la main d'une part et émissions télés de l'autre...
Cela reste écrit d'une manière très limpide qui permet (heureusement) de filer d'une péripétie à l'autre jusqu'à la conclusion de la trilogie. Seulement dans ce volume 3, l'héroïne bat des records de tartitude inégalés, Sookie passe pour une intello pur jus à côté (et elle a des côtés sympa que Turnip, euh, Catnip n'a pas...) Donc entre une héroïne qui a le charisme d'une crêpe au sucre, son amoureux que le méchant de l'histoire a conditionné à la haïr, au point que dès qu'il la voit, il essaie de la tuer (on le comprend), le deuxième amoureux (quand on aime on ne compte pas) qui tourne au brave petit soldat CPNT et les autres personnages qui ont tendance à mourir l'un après l'autre, ce qui évite de devoir s'occuper de leur destin après le happy end, on se réjouit quand la dernière page arrive et on se dit qu'au moins on est sûr d'éviter les films qui en ont été tirés... Parce que quand on presse un navet, on obtient rarement un précieux nectar !!!
samedi 22 mars 2014
L'Embrasement - Suzanne Collins
Cette semaine, j'ai innové... Moi qui ne lis jamais plusieurs tomes d'une série à la suite, j'ai enchaîné par le deuxième tome de Hunger Games...
Sèverine m'avait prévenu "c'est bien, mais le deuxième... Bon. On verra bien si tu supportes le deuxième..."
Et bien non seulement je l'ai supporté, mais je l'ai peut-être mieux aimé que le premier... Bien qu'il soit toujours écrit au présent, solution de facilité, il fait un peu moins la part belle aux "jeux/téléréalité" et un peu plus aux motivations des personnages... "L'embrasement" du titre nous rappelle que c'est une saga héroïque qui va nous mener à "la révolte" du 3e tome. Les bons vont gagner et la tyrannie perdre...
Cela dit, bien qu'on sombre assez facilement dans le manichéisme et bien que l'héroïne ait tendance à devenir de plus en plus c... à mesure que l'aventure avance (de la part d'une auteure, c'est un peu triste), ce deuxième tome est plutôt sympathique à lire et un peu plus recherché que le précédent. Même si certaines péripéties sont un peu téléphonées (seuls les personnages ne savent pas où cela mène...)
Je me rends compte que j'ai la dent dure, mais cela reste un très bon roman de distraction, vif et agréable, plutôt orienté ado, certes, mais ce n'est pas un défaut ;) En tout cas, j'ai croisé bien des bouquins dont je n'avais pas envie de lire la suite, alors que là, j'enchaîne...
Rendez-vous la semaine prochaine pour le 3e tome ;)
samedi 15 mars 2014
Hunger Games - Suzanne Collins
Sur les bons conseils de la compagne de mon filleul, je me suis lancé dans la trilogie "Hunger Games", bien que ce soit devenu apparemment une grosse bouse à succès du cinéma américain...
Bon. Honnêtement, vue la vitesse où ça se lit, j'aurais pu attendre d'avoir fini les trois tomes pour en parler, mais bon, le temps presse un peu et je veux mettre cet article avant ce soir...
Hunger Games, c'est, comment dire, de la SF pour les jeunes qui n'en auraient jamais lu, mais c'est plus simple, plus linéaire, avec un peu de médiéval dedans... En fait... C'est de la fantasy, voilà, c'est dit. Mais dans le futur quand même. Mais pas trop spéculatif le futur, hein ? C'est juste un événement lâché au début du livre et qui justifie (est censé justifier) tout le reste. La guerre civile a ravagé les États-Unis, un État, le Capitole, a soumis tous les autres, nommés les Douze Districts. Pour rappeler leur soumission à ces districts, il organise des jeux mortels où chaque District est contraint de fournir un garçon et une fille de 12 à 18 ans : les tributs. Ces 24 tributs s'affronteront dans des combats mortels dont un seul devra sortir vainqueur.
Rien de bien nouveau sous le soleil, donc. Pas de critique sociale, crédibilité moyenne, un vernis de personnage révoltés, mais pas trop, de l'horreur, mais pas trop, de l'amour mais pas trop...
Ce qui fait l'intérêt du livre, ce sont des personnages bien ciblés, très typés, tout de suite identifiable et une narration très fluide et dynamique...
Pas de passé simple, cependant, on perd le côté magique des histoires pour prendre en direct dans la poire la sécheresse du scénario... Parce que je ne sais pas comment est le film (et je m'en fous, il faut dire), mais le livre est un scénario. Ça se lit comme on regarde une série. On est rarement surpris, mais on est content de lire la suite... Les Hunger Games, c'est juste l'émission de télé-réalité que je n'avais jamais vue. (En même temps, ce n'est pas trop difficile, puisque je n'en ai jamais vue !!!)
D'habitude, j'interromps ma lecture dans les "sagas" et je passe à autre chose... Là, je vais tout enchainer : les trois tomes me donneront l'équivalent d'un bon livre... Les tomes 2 et 3 s'appellent "l'embrasement" et "la révolte"... Peut-être puis-je espérer qu'ils seront un peu moins policés et polissés (ouais, je sais, c'est "polis" l'adjectif se rapportant à polissage, mais c'est dommage de rater un jeu de mots...)
vendredi 14 mars 2014
Un moment de grâce
Il y a des jours où on se paye une bonne tranche de
chance... Mercredi dernier par exemple... Et même jeudi avec...
Mercredi, donc, j’allais accompagner la classe de ma
plus grande au Planétarium de Villeneuve d’Ascq. Bon. Déjà,
c’est pas mal, parce que j’aime bien les planétariums et que
j’aime bien aussi ma fille. Il faut reconnaître quand même que
c’est le genre de sorties où je n’ai pas vu assez ma fille
(occupée à tenir son rôle de collégienne avec ses copines), ni le
planétarium (une séance vite fait), mais ce n’est pas grave, le
meilleur est après...
En sortant, bien entendu, en papivore accompli, je
prélevai sur un présentoir tout un assortiment de dépliants et
prospectus, dont la plupart seront parfaitement inutiles. Et puis, le
dernier numéro de Sortir. Je ne sais pas combien de numéros de
Sortir ont paru depuis l’apparition du numéro 1 dans ma folle
jeunesse, mais je sais que dès que j’en vois un, je le prends et
je l’épluche... Comme Presto, d’ailleurs, et pour les mêmes
raisons.
Dans le bus, je le feuillette, explore les concerts,
constate que je ne connais pas le dixième des groupes qui passent en
métropole et, soudain, je vois que Jacques Higelin passe le
lendemain au Casino Barrière de Lille !
Mince alors. Le Hige ! Mon vieux camarade. Je ne
l’ai pas vu en concert depuis un sacré bout de temps (est-ce que
je l’ai vu depuis « Les Héros de la voltige » ??
C’est bien possible...) En tout cas, je l’ai raté sur la tournée
d’Amor Doloroso, et celle de Coup de Foudre... Je me souviens qu’il
est déjà passé au Casino Barrière et aussi au Sébasto... Bon,
ses disques n’étaient pas les meilleurs qui soient et le camarade
a pris un méchant coup de vieux. Il nous a fait une tournée
« Higelin chante Trénet » aussi, et là, je ne voudrais
pas dire, mais ça ne m’attirait pas du tout...
Mais ce coup-ci, je ne sais pas, une envie... L’occasion
qui fait le larron... Le manque... J’ai bien envie de voir Higelin,
même s’il est âgé, même s’il est moins bon... Bref, je vais
sur le site de la Fnac pour voir s’il reste des tickets : il
en reste. Est-ce que ça dérange si je vais au concert jeudi soir ?
Pas du tout.
Bon, je retourne sur le site, place assise numérotée.
Dernier rang deuxième balcon. Mince. Je prends quand même. Trois
minutes plus tard, je retourne sur le site, pour revoir le plan de
salle : concert indisponible !!! Comme dirait Isi :
« Ah ouais, quand même... » Le bol, je vous dis...
Et comme si ça s’arrêtait là. Le lendemain, bien
que je sois prêt à l’heure, je pars de chez moi un poil trop
tard. J’arrive à Lille, me gare sans difficulté là où j’avais
prévu de me garer (comme d’habitude. J’ai une méthode
infaillible pour trouver une place : j’y crois!) et je me mets
en quête de la salle, que j’ai vue depuis la rocade... Direction
la gare. L’heure tourne. Où elle est cette tour ?
Ah ouais, la passerelle là-bas, c’est probablement
par là, je fais demi-tour... Je cours un peu... Mais avec le manteau
c’est pas trop pratique. Je prends la passerelle. Arrivé au
milieu, mince, je vois la tour, là-bas, j’étais sur le bon
chemin, pourquoi est-ce que j’ai fait demi-tour pour emprunter
cette passerelle qui m’éloigne ? Je rebrousse chemin de
nouveau, l’heure du début de concert approche. Oh ! Un
Quick... Pour maintenant, je ne suis plus à 5 minutes, j’ai raté
le début, c’est sûr...
Je continue ma marche forcée, tout en ingurgitant le
plus mauvais cheeseburger que j’aie jamais avalé de ma vie. Un
morceau de carton entre deux tranches de pain. Je le fais descendre
avec un coca largement dilué par les glaçons... Comment ces foutus
fast-food peuvent-ils continuer à engranger des bénéfices en
vendant des merdes pareilles ? Le prochain colis Amazon que je
reçois, je garde le carton pour en faire des hamburgers... Si ça se
trouve, je vais faire fortune, moi aussi.
Je finis par arriver à la salle. La parka et le jean,
ça dénote un peu avec les serviteurs du capitalisme en smoking et
jupes droites, mais, ho, je viens voir Higelin, merde. Qu’est-ce
qu’il vient fiche dans un endroit pareil...
J’emprunte un escalator (je le rendrais en sortant),
arrive sur le palier où se trouve l’entrée de la salle, entends
la musique qui sourd entre les portes. Bon ben j’ai pas eu de
chance jusqu’au bout...
…
Et ben si !!!
Une ouvreuse s’approche, déchire mon ticket et, comme
le concert est déjà commencé, elle m’emmène au parterre et
m’attribue un siège laissé vacant par quelqu’un qui n’est pas
venu (ou qui, moins résistant que moi, est mort en mangeant son
hamburger au Quick). Me voilà super bien placé... J’entends une
demie chanson, puis interroge ma voisine : c’est la première
de la soirée ! Je n’ai raté que l’entrée en scène et le
premier couplet de la première chanson. Trop fort...
Et comme la chance n’est pas avare en bonne surprise,
en voici une autre : c’était un super bon concert !!!
Jacquot était en forme, à part un nez qui coule qui lui a permis de
délirer régulièrement entre les morceaux, martyrisant son roadie,
qui ne demandait que ça... Les morceaux étaient bien choisis, bien
alternés, permettant à notre papy survolté de reprendre son
souffle avec les chansons douces, les musiciens étaient excellents
et j’ai passé un super bon moment...
Après l’entrée en matière composée de trois
chansons récentes (et dont je pourrais retrouver les titres en
fouinant dans ma discothèque, mais comme ça, à froid, je ne les
connais pas => "Délire d'Alarme", la première), entrecoupés de délires Higelinesques où, par
exemple, il introduit la chanson « La Ballade au Bord de l’eau »
par des cris de libellules acharnées (oui, je sais, ne me demandez
pas de les reproduire, faut être Hige lui-même pour oser... Si je
le trouve sur Youtube en rentrant de vacances, je vous mets l’extrait
tout de suite => pas trouvé...), la guitare nous fait l’intro caractéristique de
« J’suis qu’un grain de poussière », chouette... Ça
donnera le ton de cet excellent concert qui voguera de titres récents
en anciennes chansons, un vrai bonheur...
Il a encore pas mal de pêche et une voix qui tient la
route, d’autant qu’elle n’a jamais été un instrument très
mélodieux, plutôt une source d’énergie flamboyante pour gueuler
les mots (et une caresse dans les chansons douces). Il est, en plus,
un superbe musicien et il n’a pas son pareil pour changer de ton
quand il sent que ça voit ne va pas tenir la note originelle, ce qui
change certes la nuance des chansons, mais évite le couac ! La
seule chanson qui lui ait fait quelques misères et pour laquelle il
a un peu cafouillé dans la recherche de la « bonne note »,
c’est le Berceau de la Vie. Dommage, je l’adore... mais je ne lui
jetterai pas la pierre, au moins il n’est pas aussi gâteux que
Peter Gabriel qui était incapable de chanter dans le rythme un tube
aussi énorme que Solsbury Hill... Je n’ai pas pris la peine de
faire un article pour mon concert de Pete Gabe (c’est un projet
« pour demain »), mais en même temps, c’est pas
charitable de tirer sur l’ambulance... Il ferait mieux de prendre
sa retraite...
Joli et tendre moment, guitare/accordéon pour la
« rousse au Chocolat »
Version un peu molle, au début,
mais qui monte en puissance de « Paris-New York/New york
Paris »... De « Tombé du ciel », il nous évite le
titre éponyme, rebattu, pour nous chanter « Chanson » et
c’est vraiment très bon et je suis aux anges... « We are the
Show Men », d’Illicite, ça s’enchaîne, un titre après
l’autre, sans faux-pas, je m’éclate et je prends un plaisir
énorme, j’aime bien quand ça me prend comme ça par surprise, un
concert...
Quand il entame Champagne en duo piano/percussion avec
Mahut, je ne tiens plus, je me lève, en même temps qu’un paquet
de fans qui ont des fourmis dans les jambes et on va danser et
chanter devant la scène... Il nous joue encore... puis sort de
scène.
Il est temps de gueuler jusqu’au rappel, passage
obligé des concerts... En même temps, si personne ne disait rien,
il ne reviendrait pas non plus, faut pas déconner, alors, puisque
c’était bien, je gueule, faut pas me forcer...
Quand il revient, c’est pour chanter « Irradié »,
oh la la, difficile de ne pas sauter partout, j’espère juste que
mon genou ne va pas me jouer des tours... Mais non, le sol est
souple, tout va bien... Ca dure, y a la présentation des musiciens
incluse dans la chanson, c’est excellent... Quand le concert
s’achève, ça fait 2h40 que notre héros national est sur scène
et brûle les planches... J’en connais pas mal qui pourrait en
prendre de la graine...
Merci, Jacques !!!
mercredi 2 octobre 2013
Un beau moment
Ce week-end, une bonne partie du petit monde de la SF avait rendez-vous à la Médiathèque François Mitterrand de Clamart pour honorer la mémoire de Roland C. Wagner, bêtement disparu il y a un an, nous laissant orphelin de son œuvre à venir et, surtout, de sa présence chaleureuse...
"Chaleureuse", c'est un terme qu'on peut appliquer à cette rencontre, à ces retrouvailles de vieux et moins vieux amis de Roland, de sa famille, la vraie comme la littéraire, toutes les frontières étant floues chez lui, tant il avait sa place partout.
Comme un peu tout le monde, j'ai eu peur que le chagrin pèse au-dessus de cette rencontre, alors qu'elle a été un vrai moment festif (comme l'avait été la Bradocon qu'on lui avait dédiée l'an passé), un moment de souvenir intense, très marqué émotionnellement, mais empreint d'énormément de bonheur et de joie à l'évocation de ces souvenirs parfois partagés, parfois découverts, mais dans lesquels on reconnaissait sans cesse le Roland tel qu'on l'avait connu...
Pour moi, cette nouvelle plongée dans mon passé de fanzineux (pas complètement enfui, ni enfoui, apparemment) a commencé la veille en voiturant CJ jusque chez Oncle Joe, dans son superbe et minuscule appartement parisien, caché au cœur de Paris et qui s'est révélé, on s'en doutait, comme un antre mythique, enseveli sous des tonnes de bouquins. Ça me rappelait mes squats intempestifs chez Fred Blayo (même si son appartement était à l'époque plus grand (et plus irrespirable à cause du chat))... Le simple fait d'être accueilli "à la bonne franquette" chez quelqu'un pour la simple (et bonne !) raison que nous partageons à des degrés divers un amour de la SF me replongeait à 100% dans l'esprit fanique qu'il m'était arrivé de perdre un peu de vue...
Tout le monde ayant envie de voir les montagnes de livre, je vais être contrariant et vous mettre plutôt un cliché de l'étrange paysage urbain contemplé depuis la fenêtre de Joe... C'est extraordinaire et on le regarderait pendant des heures...
On peut même faire des variations assez extraterrestres sur le sujet :
Le samedi 28, retrouvailles dans unrestau snack arménien, qui remplit correctement son rôle : réunir tout le monde et caler les estomacs de façon conviviale. A peine entré, un gars me tombe dans les bras en disant "Philippe, ça fait longtemps", je dois avouer n'avoir hésité qu'une seconde avant de reconnaître Michel Pagel, mention honorable, puisque Michel et Francis Z. se sont croisés le matin-même à l'hôtel sans même se reconnaître... Le Z., puisque j'en parle, en voilà un autre personnage dont j'étais très heureux de croiser de nouveau la route... Heureusement qu'on m'avait prévenu qu'il avait fondu, qu'il s'était rasé et qu'il ressemblait maintenant à un simple monsieur très grand. Bon. Cela ne l'empêche heureusement pas d'être un très grand Monsieur... :P
A 13h30, nous nous dirigeons vers la médiathèque où nous sommes accueillis par de superbes et émouvants clichés de Roland, exhibant ses premiers romans et trophées, et d'autres de Roland, enfant, visiblement déjà passionné de SF :
A 14h30 précises, le grand ordonnateur et maître de cérémonie, Mister Jean-Luc Rivera ouvre l'événement :
Notre après-midi souvenir, s'acheva par 20 minutes d'exercice universitaire de la part de Simon Bréant, pas inintéressant...
Pardonnez-moi si j'ai oublié des micro-événements, mais cette journée était à l'image de Roland : passionnée et généreuse et les souvenirs ressurgiront probablement par vagues, au moment où l'on s'y attend le moins... Merci à tous les amis et les inconnus que j'ai croisé ce jour et ont fait de cette commémoration un beau moment...
"Chaleureuse", c'est un terme qu'on peut appliquer à cette rencontre, à ces retrouvailles de vieux et moins vieux amis de Roland, de sa famille, la vraie comme la littéraire, toutes les frontières étant floues chez lui, tant il avait sa place partout.
Comme un peu tout le monde, j'ai eu peur que le chagrin pèse au-dessus de cette rencontre, alors qu'elle a été un vrai moment festif (comme l'avait été la Bradocon qu'on lui avait dédiée l'an passé), un moment de souvenir intense, très marqué émotionnellement, mais empreint d'énormément de bonheur et de joie à l'évocation de ces souvenirs parfois partagés, parfois découverts, mais dans lesquels on reconnaissait sans cesse le Roland tel qu'on l'avait connu...
Pour moi, cette nouvelle plongée dans mon passé de fanzineux (pas complètement enfui, ni enfoui, apparemment) a commencé la veille en voiturant CJ jusque chez Oncle Joe, dans son superbe et minuscule appartement parisien, caché au cœur de Paris et qui s'est révélé, on s'en doutait, comme un antre mythique, enseveli sous des tonnes de bouquins. Ça me rappelait mes squats intempestifs chez Fred Blayo (même si son appartement était à l'époque plus grand (et plus irrespirable à cause du chat))... Le simple fait d'être accueilli "à la bonne franquette" chez quelqu'un pour la simple (et bonne !) raison que nous partageons à des degrés divers un amour de la SF me replongeait à 100% dans l'esprit fanique qu'il m'était arrivé de perdre un peu de vue...
Tout le monde ayant envie de voir les montagnes de livre, je vais être contrariant et vous mettre plutôt un cliché de l'étrange paysage urbain contemplé depuis la fenêtre de Joe... C'est extraordinaire et on le regarderait pendant des heures...
On peut même faire des variations assez extraterrestres sur le sujet :
Le samedi 28, retrouvailles dans un
Attablés, Joe Altairac, Michel Pagel,
Alvaro Salvat, l'ami d'enfance de Roland
et PJT (=PFH, les initiés comprendront)
Plaisir de manger entre Cathy (qui n'a pas changé d'un iota, ce qui énerve un peu, mais tant mieux pour elle ; ), Natacha (bon, là, j'admets qu'elle a grandi... Mais peut-être est-ce parce qu'elle avait quatre ou cinq ans ans la dernière fois que je l'avais vue) et mon ami André, rescapé du métro/RER...
Tout le monde est captivé par les souvenirs d'Alvaro
Qui a mis le Z. derrière les barreaux ?
A 13h30, nous nous dirigeons vers la médiathèque où nous sommes accueillis par de superbes et émouvants clichés de Roland, exhibant ses premiers romans et trophées, et d'autres de Roland, enfant, visiblement déjà passionné de SF :
Roland accueille en musique l'ami Jean-Luc Buard,
c'est pas cool, ça ?
A 14h30 précises, le grand ordonnateur et maître de cérémonie, Mister Jean-Luc Rivera ouvre l'événement :
Tout le monde saluera son impressionnante maîtrise de la situation, son respect du timing, son sens inné de l'organisation... Même si, c'est vrai, on terminera une minute en retard...
En premier lieu, Alvaro évoquera l'enfance de Roland, ses souvenirs du collège, il nous indiquera le garage qui se trouve maintenant à l'emplacement du bouquiniste où Roland, suite à un accord avec le commerçant, avait la primeur sur tout Fleuve Noir Anticipation qui entrait dans la boutique.
Puis vient l'évocation de nos premières années de fandom et de nos rencontres avec Roland. Michel Pagel ouvre le feu (et me rappelle pourquoi je n'arrivais plus trop à réunir mes souvenirs de Roland à Quétigny : l'animal n'était pas venu, on avait passé notre temps à l'attendre en vain...), sur l'écran passent quelques photos, dont celle que Marie-Pierre Rivelois, qui illustra quelques fanzines dans ces années-là, avait prise avec mon appareil, ce qui explique que, pour une fois, je partageais l'image avec Roland et Michel, on évoque l'aspect de rockloub de RCW, ses amitiés, son enthousiasme, sa gentillesse... Je glisse mes anecdotes personnelles, Joëlle Wintrebert raconte ses premières conventions également, Jean-Marc Ligny vient nous rejoindre pour parler de sa rencontre, puis nous lui cédons la place pendant qu'il raconte la naissance de Red Deff...
(photo : Marie M - merci...)
Claude Ecken rejoint Jean-Marc et évoque les aventures de Roland au Fleuve Noir. Je connais pas mal des anecdotes, pour les avoir entendues de Roland lui-même, mais il m'avait échappé que ce Schtroumpf avait sciemment fourgué avec jubilation son dyptique "Le Navire ancré dans le Ciel/La Mort marchait dans la rue" sous le titre "Les derniers jours de Mai", ravi que personne au Fleuve ne réalise qu'après un "dernier jour de mai - 1" vient forcément un "Dernier jour de mai - 2" !
A posteriori, je n'ai aucun mal à l'imaginer écroulé de rire, car c'était aussi la position dans laquelle il était le jour où il m'a annoncé que le Fleuve Noir allait publier les Red Deff : "tu te rends compte, Red Deff au Fleuve, ils n'ont rien vu, ah je suis fier..."
Claude Ecken...
...Et son public amusé, ici Joe Altairac et Laurent Génefort...
... qui seront les suivants, avec Philippe Caza et Jean-Luc Buard à évoquer leurs souvenirs et leurs collaborations avec Roland, entrecoupé d'un petit intermède "Garichankar" que Joe m'a incité à faire, JLB ayant cité les tirages effrayants que Roland imposait pour son fanzine (13 exemplaires pour le n°1, 20 pour le suivant)... Plus de gens réclamaient de Garichankar qu'il n'en existait (c'est bien pourquoi je suis si en rogne d'en avoir égaré deux numéros. Je pensais que Roland m'avait peut-être "oublié", mais en les voyant dans les vitrines de l'exposition de la médiathèque, je me suis bien souvenu : je les avais... Ils sont probablement dans une boite où ils n'ont rien à faire, cependant, je ne m'inquiète pas trop...)
Joe, Caza, très ému quand il explique que Roland l'a abordé un jour en lui disant "j'aimerais que tu fasses les couvertures de tous mes prochains romans"... Flatté, il a dit oui, puis il a plongé dans le monde de Roland et il en est devenu partie intégrante...
Magnifique histoire (et magnifiques couvertures...)
Magnifique histoire (et magnifiques couvertures...)
JLB et Laurent Génefort
Récréation musicale, car qui dit Roland dit forcément Rock, le toujours vibrionnant Pascal J. Thomas prend la scène comme un pro en tombant la chemise, comme une star, même s'il a prétendu que c'était pour faire le super-héros (ok, ce n'est pas moins prétentieux, mais c'est notre PJT, il peut et même il doit le faire...)
Remarquable exposé, avec de beaux extraits de garage bands qui faisaient soupirer tout le monde "ah ça, c'est Roland, c'est tellement lui"... Ligny et PJT ont souligné que Roland avait le don d'attirer l'attention de ses amis sur des disques qu'ils étaient susceptibles d'aimer, alors même que ce n'était pas des disques qui épousaient ses propres goûts... Allez, s'il ne faut qu'un regret, c'est que PJ n'ait pas passé un seul morceau de Brain Damage, ce qui est tout de même étonnant...
Les dinosaures parlent aux dinosaures...
L'heure des éditeurs sonne alors et Francis Z Saint-Martin, André-François Ruaud et Mireille Rivalland (où est son initiale centrale ?) viennent parler de leur expérience de travail avec Roland.
Le Z. ouvre le feu en parlant avec le sérieux indéfectible qui le caractérise du cycle du fandom et des pastiches commis par Roland aux éditions de l'hydre. Il emploie un ton tellement docte que ces trésors faniques en paraissent plus importants que les bô livres dont les autres intervenants parleront ensuite...
Ça m'a fait beaucoup rire, alors je suppose que ça aurait beaucoup plu à Roland... Même si, évidemment, il avait toutes les raisons d'être très fiers des publications dont Mireille et André se sont faits l'écho. Les magnifiques éditions des Moutons, qui viendront orner nos étagères à côté de Poupée, ne sont que justice pour une oeuvre essentielle de la SF, ce qu'André a rappelé avec beaucoup d'émotion...
Mireille a évoqué autant l'homme et le copain que l'auteur et c'est exactement ce qu'on avait envie d'entendre, car l'oeuvre était indissociable de la vie de Roland. L'entendre parler du fonctionnement de l'esprit de Roland, de sa construction mentale archi-précise de son oeuvre bien avant qu'elle soit couchée sur papier et de sa mémoire phénoménale a ramené une bonne quantité de souvenirs dans mon esprit... Je revois Roland, dans son appartement de "Bourre-la-Reine", en train de jubiler tout en me racontant par le menu le dernier roman dont il avait conçu l'histoire, avec un luxe de précisions et de détails tous tellement dingues que je me marrais avec lui, tout en doutant que tout cela finisse réellement sur le papier... Je vous laisse imaginer ma jubilation quelques temps plus tard en retrouvant toute l'histoire qu'il m'avait racontée dans le roman qui venait de sortir et qui était... La Balle du Néant...
Notre après-midi souvenir, s'acheva par 20 minutes d'exercice universitaire de la part de Simon Bréant, pas inintéressant...
Pour conclure cette après-midi, un petit mot très ému de Sylvie Denis (désolé de ne pas avoir tellement discuté avec Sylvie, mais elle était forcément très occupée)... Puis l'intervention du Sénateur-Maire Philippe Kaltenbach, sur la corde raide du mundane qui tente de parler d'un auteur qu'il ne connaît pas dans un genre qu'il ne connaît pas plus.... Pas trop mal, malgré un faux-pas qui fit rire tout le monde... Richard Wagner le lui aurait pardonné... D'autant que, malgré sa méconnaissance de l'auteur, il a soutenu et même imposé le projet à ses services, ce qui est tout à son honneur !
Sylvie, émue.
M. le sénateur-maire et la directrice de la Médiathèque,
en présence de Jean-Luc Rivera, Sylvie Denis,
Natacha Wagner et la maman de Roland,
dont la présence a fait chaud au coeur de tous les participants.
Ensuite quelques libations bienvenues pour que chacun puisse discuter avec chacune et réciproquement.... Je manque de photos sur ce coup-là, car la batterie de rechange que j'avais achetée exprès pour pouvoir être tranquille en cette journée... était restée chez Joseph !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Jean-Jacques Nguyen dans un vibrant hommage au Cycle du Fandom...
Après un moment de discussion sur le pavé de Clamart, pendant lequel nous pûmes faire nos adieux aux personnes occupées qui ne pouvaient partager le restau, nous nous rendîmes au restau Tex-mex, loin d'être extraordinaire, surtout pour le prix (mais les boissons étaient divisées entre tous et les SF-istes boivent comme des trous. Bon, j'ai trouvé la note un peu salée vu que je n'ai bu que de l'eau du robinet, mais c'était ma contribution à la convivialité de l'instant ;) ). Sérieusement, l'important c'était d'être ensemble et c'était bien...
Zandrine, le Z, l'AFR
CJ, Jeam Tag
Sylvie (à droite, bien sûr :P) et Jean-Luc Rivera
qu'on ne remerciera jamais assez pour sa superbe organisation
d'une journée qui résonnera dans nos cœurs pendant encore longtemps...
Le dernier épisode de cette journée est un hommage fanique en soi, le genre de plan que des gens respectables ne font pas... Heureusement que nous ne le sommes pas... J'avais proposé à Zandrine et à Jeam de les ramener à Paris, pour qu'ils puissent prendre plus aisément un métro à cette heure tardive. Christine et Joe étaient déjà de la partie, puisqu'on dormait de nouveau dans l'antre altairacien, quand AFR me demanda si je pouvais le ramener à Paris... Sur le coup, je lui dis qu'il n'y avait plus de place, ce dont j'étais désolé, mais devant son air déconfit, le remords nous taraudant, nous suivîmes la suggestion de Jones : se tasser !
Il est vrai qu'horizontalement, il n'y avait plus de place, mais verticalement, je suis sûr qu'on aurait pu entasser encore deux ou trois fans dans la bagnole...
(merci Jeam de m'avoir prêté son appareil qui, lui, avait de la batterie ;-) )
(Et félicitez-moi, braves passagers, d'avoir résisté à Claude
qui voulait que j'aille à Paris avec sa Ford Ka !!!)
Pardonnez-moi si j'ai oublié des micro-événements, mais cette journée était à l'image de Roland : passionnée et généreuse et les souvenirs ressurgiront probablement par vagues, au moment où l'on s'y attend le moins... Merci à tous les amis et les inconnus que j'ai croisé ce jour et ont fait de cette commémoration un beau moment...
lundi 2 septembre 2013
A poil en civil - Jerry Stahl
Le premier roman de Jerry Stahl est déjà une espèce
d’ovni littéraire, mais pas tant que ça... Dès les premières
pages on sait qu’on est dans un roman policier, mais on a
l’impression d’être plongé dans un film des frères Cohen. Les
personnages sont tarés, les situations glauques et hilarantes, c’est
un tour de grand huit macabre, pervers et déjanté... Le wagonnet
s’élève en cliquetant pendant deux chapitres et puis, zou, on
file le long du bouquin où tout se succède, s’entremêle et
s’imbrique pour former un réjouissant manège de branques...
Tous les personnages se croisent et jouent un rôle dans
le tableau, même les accessoires cités dans un chapitre
réapparaissent une centaine de page plus loin au cours d’une
action apparemment sans intérêt, sauf celui de faire rire le
lecteur et de montrer que l’auteur/peintre, maîtrise toutes ses
touches de pinceau. Ce que je trouve si irritant dans un roman
policier « sérieux » (Harlan Coben) à savoir les
rapports inévitables entre personnages (familiaux, amoureux,
professionnels) qui les fait se croiser et s’entrecroiser de façon
affreusement théâtrale, dans le mauvais sens du terme devient ici
un ressort puissant de l’ironie et de l’humour du bouquin. c’est
énorme et hilarant...
Bon, on espère un peu que les fantasmes sexuels de
Stahl lui permette d’avoir une vie plus « normale »,
parce que c’est un vrai festival de situations délirantes et
malsaines dans ce domaine-là aussi, même si c’est légèrement
plus « sage » que dans « Perv » !!!
vendredi 23 août 2013
Mes hommages à la donzelle - San-Antonio
En une seule journée et avec la gouaille qui le
caractérise, notre beau San-A des familles déjoue un complot
international visant à offrir à l’étranger les plans d’une
fusée ultra-secrète.
Bien sûr, l’histoire est linéaire et minimale, mais
la verve habituelle de San-Antonio prend son ampleur dans ce
quatrième volet des aventures du fameux commissaire. On a quitté
les temps de guerre, ce qui n’est pas plus mal, même si tous les
méchants sont Allemands ou assimilé (hé, c’est un San-Antonio,
faut pas s’attendre à de la subtilité).
En
fait, pour moi qui ai voulu reprendre la série à ses tout-débuts
et qui compte en descendre un de temps en temps, comme on suce un
bonbon des Vosges, rapidement et avec plaisir, pour passer le temps,
brève récréation dans une journée bien remplie, c’est la
première fois où j’ai l’impression de lire un vrai
San-Antonio. C’est tout dire...
samedi 17 août 2013
Vivants – Isaac Marion
![]() |
| Yo ! Sérieux une "praise" de Simon Pegg, ça le fait ! |
On a beau avoir lu (et surtout vu) des centaines
d’histoires de zombies, rares sont celles qui se démarquent des
règles du genre imposées de main de maître par le génial George
A. Romero devant lequel tous se prosternent et bavent en
reconnaissant sa suprême clairvoyance... De temps en temps, une
variation apparaît, cependant et, tout d’un coup, les monstres
accélèrent comme dans le film de Zack Snider ou ils sont massacrés
avec humour et dérision comme dans Shaun of the Dead...
Dans Vivants, pour la première fois, on découvre
l’histoire depuis le point de vue du zomvbie, de sa minimale
intelligence résiduelle et son manque de sentiments, logique chez un
mort... Évidemment, on aurait du mal à dépasser les trois pages de
« Grrr, argh, Akhhhh » si on en restait là... Mais Isaac
Marion est malin : pour commencer, notre Zombie déplore de ne
pouvoir articuler les mots auxquels il pense, puis il ressent un
flash de plaisir et de « souvenirs de l’avant-vie »
lorsqu’il dévore le cerveau d’un vivant...
C’est au cours d’un de ces repas « jouissifs »
qu’il ressent intensément les sentiments de sa victime, sous les
yeux du grand amour de celle-ci... Semblant de vie, puissance de
l’amour : le zombie kiffe la meuf (oh pardon, je m’suis
laissé emporter : c’est quand même assez ado ce bouquion ;-)
) Il sauve la vie de la fille en la dissimulant à ses compagnons
mort-vivants et il garde en poche une bonne dose de ce délicieux
cerveau qui lui lâche des bouffées de souvenirs amoureux...
Tout le bouquin est à la fois une classique aventure
zombiesque et une évolution des morts-vivants, vers un retour
partiel à la vie, une autre forme de vie à partir de la mort...
C’est excellent et très « vivant » (ok, c’était
facile!) pendant les trois quarts du livre, puis, malheureusement, ça
vire un peu fleur bleue, mais ça reste très plaisant... Un peu de
naïveté ne peut nuire en ces temps de cynisme total !
jeudi 15 août 2013
Joyland – Stephen King
Cela fait trente ans que je suis un « Constant
Reader » de Monsieur King, que j’ai suivi lors des ses
« ratages » (Tommyknockers, Dreamcatcher, Duma Key, et
quelques autres) et je me réjouis de le voir retrouver une
inspiration pleine entière tout en nous faisant bénéficier de son
expérience d’auteur serein et sage ;-)
Sérieusement, avec Nuit Noire, étoiles mortes, Dôme,
63/11/22 et même Blockade Billy et maintenant ce Joyland, je me suis
trouvé plongé dans les histoires de Papy King, emporté par la main
par son style inimitable, mâtiné de la nostalgie et du désabusement
de ses vieux jours. Et pourtant, malgré la noirceur et les
péripéties, je trouve toujours un incroyable optimisme et une
évidente jubilation du conteur qui me fait à chaque fois attendre
avec impatience le prochain volume... Puisse-t-il garder encore
longtemps sa fraîcheur d’écrivain et son enthousiasme de
narrateur, le paysage serait trop vide sans notre King annuel...
« Petit » roman de Stephen King, par la
taille, ce Joyland paru dans la même collection que le bien plus
anecdotique « Colorado Kid » voit le narrateur nous
raconter l’été de ses 21 ans, pendant lequel, pour faire bouillir
la marmite et contribuer à financer ses études, il trouva un emploi
de saisonnier dans un parc d’attraction, que les monstres
Disneyiens ne menaçaient pas encore... Ce parc, où il espère voir
se disparaître son premier chagrin d’amour, a été autrefois le
lieu d’un horrible crime non élucidé, et le train fantôme
abrite, paraît-il, un fantôme...
Ahhhh, le mot est lâché. On est dans un Stephen King,
donc vous pouvez rayer le « paraît-il » : il y a
un fantôme. Et un criminel impuni. Et un enfant qui possède
« the sight » (le « shining », quoi). Et un
jeune héros tout aussi héroïque qu’ordinaire, des amis
indéfectibles, des têtes de con, des vieilles dames sympathiques,
du rock’n’roll, de l’amour, et même Howie the hound, une
version romancée de Scooby-Doo, histoire de ne pas avoir de souci de
copyright (mais la référence est ouvertement citée, ça évitera
aux râleurs de parler de plagiat, il n’y aura pas de procès
d’Hanna-Barbera contre King ;-) )
L’auteur lâche ses éléments « durs »
par petits morceaux, comme d’habitude, et il s’intéresse
davantage à ses personnages, à leur vie, à leur interaction, il
parsème le tout des réflexions de notre narrateur d’une
soixantaine d’année regardant quarante ans en arrière, ce qui
donne le ton doux-amer, mêlant nostalgie et ironie, pas très
lointain de celui de « 63/11/22 » d’ailleurs. On le
suit dans cette histoire avec plaisir, en oubliant le pitch parfois.
Et on se dit soudain « mais au fait, il n’y avait pas un
fantôme dans cette histoire ? » C’est ce que King a dû
se dire aussi, alors, il y est revenu, c’est ce que j’adore dans
le bouquin : on y revient, tout est expliqué, élucidé à un
moment ou un autre sans effet grandiloquent, ni débauche de
surnaturel. Juste ce qu’il faut. Un délice.
C’est un court bouquin et c’est très bien, car
c’est une petite histoire. Il y a dix ans, elle aurait peut-être
été artificiellement gonflée pour atteindre le « format
best-seller » et c’est ce qui a donné certains des romans
les plus mal fichus du King. Là, elle a juste l’épaisseur dont
elle a besoin pour se développer harmonieusement, se raconter, se
vivre et se résoudre. J'ai adoré chaque moment que j'ai passé à le lire, me délectant des odeurs, des saveurs, des émotions. Un régal de bouquin...
mercredi 14 août 2013
Perv, une Histoire d’Amour – Jerry Stahl
Réjouissante découverte, via le forum, que ce Jerry
Stahl, écrivain américain à la croisée des John Fante, Brautigan,
et Christopher Moore...
Ce « Perv » est muni d’un étrange titre
français, le mot n’étant jamais utilisé dans le livre français,
il aurait peut-être fallu être logique et le baptiser « Dépravé,
une histoire d’amour »... Ou bien garder le terme « Perv
/ Pervert » dans le livre ? Je ne sais pas, je n’ai pas
le texte original sous la main.
Sinon, ce n’est pas le genre de livre qu’on a envie
de résumer, il vaut mieux s’y immerger carrément. De toutes
façons, c’est tout l’un ou tout l’autre : ou vous êtes
accro ou vous êtes dégoûté et vous le refermez...
Disons qu’on y suit les aventures d’un jeune
collégien qui se fait virer de son collège après une petite sortie
extra-scolaire nocturne qui a mal tourné.
Il faut dire que tout tourne mal tout le temps, à
chaque moment du livre. C’est complètement noir, déjanté,
ignoble, triste et en même temps irrémédiablement imprégné d’un
humour désespéré et horrifique.
Tous les personnages, l’un après l’autre, sont
gravement allumés et sexuellement « hors-norme », ce qui
mène à des situations souvent horribles et qui peuvent choquer.
Faut être cool et avoir le cœur bien accroché... Pourtant aussi
immonde que ça ait pu devenir à certains moments, j’ai été
accroché immédiatement par le style rentre-dedans et accrocheur à
l’humour troisième degré, mais aussi par le destin du personnage
principal et son invraisemblable quête d’amour, le titre n’est
pas mensonger...
Démesuré, désespéré et drôle...
À noter la magnifique photo(1) d'Eliott Erwitt, photographe dont le travail est tout simplement superbe... Suivez le lien...
(1) Et pas seulement parce qu'elle est callipyge, bande de mauvaises langues...
Le Déménagement – Meg Cabot
De Meg Cabot, je n’avais pas aimé le « journal
d’une Princesse » ; beaucoup trop formaté « jeune
fille issue de famille recomposée à l’américaine, bcbg pour
chaîne Disney », don,t le ton cependant était « presque »
à mon goût... du coup, j’avais entamé la série des Mediator,
fantastique pour midinette « à la Buffy », dont je
continue à dire du bien sur ce blog, tome après tome...
Je me suis donc décidé à entamer une autre de cette
série pour les jeunes plutôt destinée aux petites filles d’une
dizaine d’année... J’ai tendance à connaître la tranche d’âge.
Bon. c’est sympa, mais on retombe un peu trop dans le
formatage systématique. j’avoue que je me suis ennuyé et que j’ai
laissé tomber en cours de route. Mais ça doit pouvoir toucher son
public...
J’attends de pouvoir en discuter avec une vraie fille
de dix ans...
Bon, Lolo, tu le lis, oui ou non ?
dimanche 11 août 2013
Arizona Max- Robert Muchamore
Troisième tome des
(més)aventures de James et ses « super-zamis » espions
de moins de seize ans dont
il faut reconnaître la redoutable efficacité. C’est vif comme une
bonne série américaine et ça joue d’ailleurs sur les mêmes
ficelles et donc ça devient de mieux en mieux à mesure que les
personnages et leurs interactions sont développées. Dans cet
épisode, la mission de James et de son beau coéquipier, Dave, dont
l’expérience et la beauté physique qui auraient pu faire de
l’ombre au héros sont évacuées derechef dès le début de
l’aventure, est d’infiltrer le quartier haute-sécurité d’une
prison pour faire évader le fils d’une mystérieuse et
surpuissante terroriste, afin d’avoir levier sur elle...
Mission impossible meets Prison Break version
teen-agers.
Honnêtement, après plusieurs incursions dans le genre
« roman d’espionnage », force m’est d’avouer que
c’est cette série pour ados que je trouve la plus réjouissante et
addictive... J’aime distiller les séries et ne pas les
« enquiller », mais je doute que j’attende très
longtemps pour entamer le tome 4 !!!
samedi 10 août 2013
Le Tailleur De Pierre – Camilla Läckberg
Troisième « aventure » de Patrick Eldstrom
et Erica Falck écrite par Camilla Läckberg, nouvelle coqueluche
scandinave et « reine du crime ». Ce tome 3 commence à
accumuler/amplifier toutes les ficelles des deux premiers, tueur « local »
à l’histoire écrite « en parallèle », un chapitre
sur son crime actuel et l’enquête policière, un interlude sur son
passé censé justifié, à terme, son attitude létale.
Ce qui
faisait le sel du premier roman, à savoir l’enquête teigneuse de
la romancière qui dépassait et aiguillonnait les policiers locaux
est complètement absent de cet opus. La romancière est devenue une jeune maman
angoissée, voire même plutôt névrosée (mais à peu près tous
les personnages le sont, là-dedans : si l’ambiance décrite
est fidèle à la vie quotidienne dans cette région, désolé de le
dire, mais ils sont tous fous, ça fait peur !!!!), du coup
toute l’enquête est menée mollement par son mari Patrick, malgré
la nullité de la plupart de ses collègues. Le personnage ridicule
du commissaire est de nouveau mis en avant pour des épisodes
burlesques parfaitement inintéressants...
Bref, à mon sens, le
roman se laisse lire, si on l’a commencé, mais je ne me sens pas
trop l’envie de me plonger dans le prochain volume... Je le ferai
sûrement, tôt ou tard, pour tâter le terrain. Si je sens que ça
ne se « redresse » pas, j’irai voir ailleurs...
L’antestament – Metantropo
Sous
ce pseudonyme sans intérêt se cache (?) un auteur pour enfant :
Christophe Loupy. Personnellement, je trouve cela un peu bizarre et
je cherche à comprendre... Est-ce parce qu’il ne veut pas que ses
lecteurs enfants ouvrent par accident un de ses livres pour adultes,
attirés par son nom ?? Admettons...
En
tout cas, ce Metantropo aurait suffisamment de succès pour être
traduit en anglais et, à l’occasion de la publication en anglais
de ce livre, il aurait mis Stephen King au défi de deviner la fin.
Notez le conditionnel : j’ai vraiment du mal à gober la
réalité de cette publicité facile et, quand bien même ce serait
vrai, on n’a pas de trace de l’éventuelle réponse de Stephen
King... Il faut dire que pour que celui-ci réponde, il lui faudrait
réussir à lire en entier le roman, ce que je n’ai pas réussi à
faire !!! (Mais bon, je ne suis pas King, hélas ! Mais
j’ai retenu la leçon de ce bouquin, regardez : il suffit de
citer son nom à tort et à travers, Stephen King, et hop ! Mon
blog monte dans les moteurs de recherche ! Trop fort ! En
fait, je devrais le faire dans chacun de mes articles et je finirais
en première page de Google... :-P )
Pour
en revenir à ce roman, je comprends qu’il puisse plaire à
certains, il n’est pas mal écrit (encore que) et il y a sûrement
une aventure valable là-dessous (j’sais pas, j’ai autre chose à
lire, pas envie de creuser) et les aventures ésotériques à la Dan
Brown ont du succès (tiens, Dan Brown, pourquoi ne pas l’avoir mis
au défi, Dan Brown ? Là, on aurait mieux vu la filiation... Ça
rapportait moins de curieux, Dan Brown ? (En tout cas, je l’ai
cité 4 fois en trois lignes, on ne sait jamais...) Le problème pour
moi dans ce bouquin, c’est que c’est une espèce de « roller
coaster » sans épaisseur. Dès le premier chapitre, trois
jeunes gens, riches et beaux, affrontent la plus mystérieuse des
morts dans un déluge
d’action détaillée. On se croirait dans la dernière demie-heure
d’un Indiana Jones, mais rassurez-vous, « c’était un
rêve » (j’ai
toujours détesté cet expédient grossier). Le roman commence au
chapitre 2, alors ? Ben non, on part sur un épisode de la vie
d’un des personnages ; romanesque à souhait, grandiloquent,
creux. Rebelote au suivant et au suivant encore. Tout est écrit au
présent (faut pas bousculer le « lecteur de base »),
avec quelques envolées de vocabulaire (faut pas perdre le lecteur
« intello »), les personnages sont vides et flamboyants,
les péripéties héroïques et pas crédibles pour deux balles.
Bref, on s’ennuie (JE m’ennuie...)
Clic. Abandon. Passons au livre suivant...
Ah
ben tiens, coïncidence, c’est le dernier Stephen King, Joyland...
Pas de retour en arrière possible... 25 premières pages : il
ne se passe RIEN. Le narrateur raconte un été, 40 ans plus tôt, il
était étudiant et puceau, il était sur le point d’éprouver son
premier chagrin d’amour et il postulait pour un emploi au parc
d’attraction. Sur le chemin de celui-ci, tous les jours il faisait
un signe de la main à un enfant en chaise roulante, accompagné de
son chien et d’une jolie femme sur le pas de leur porte. Voilà.
Pas d’action, de l’exposition, avec toute l’humanité de
Stephen King à l’intérieur, des mots vrais, des émotions
tellement évidentes... On VEUT savoir la suite... Tout le monde
n’est pas Stephen King (PERSONNE n’est Stephen KING, à part
Stephen King), il est plutôt dangereux de s’en prévaloir si on ne
veut pas lui être comparé...
(Si
je ne monte pas dans les recherches Google, j’y comprends rien :-P
)
vendredi 9 août 2013
Ouh le tricheur !
Eh ben oui, mais non... C'est vrai que j'ai "posté" la carte postale le 6 août de chez moi, mais je l'avais écrite là-bas en vacances, c'est juste qu'il n'y avait pas de connexion là-bas... Même pas de téléphone, c'est dire...
Et bon, c'est pas fini de tricher : j'ai lu plein de bouquins là-bas et j'en ai chroniqué plusieurs... Mais je ne voudrais pas noyer mes fidèles lecteurs :-P (ni griller toutes mes cartouches)... Je vais distiller les chroniques l'une après l'autre, tranquillement.... L'idéal serait de continuer à en écrire pendant ce temps là, mais bon, la fainéantise, c'est chronique, malheureusement : je ne me fais pas trop d'illusions...
;-)
Et bon, c'est pas fini de tricher : j'ai lu plein de bouquins là-bas et j'en ai chroniqué plusieurs... Mais je ne voudrais pas noyer mes fidèles lecteurs :-P (ni griller toutes mes cartouches)... Je vais distiller les chroniques l'une après l'autre, tranquillement.... L'idéal serait de continuer à en écrire pendant ce temps là, mais bon, la fainéantise, c'est chronique, malheureusement : je ne me fais pas trop d'illusions...
;-)
mardi 6 août 2013
Carte Postale
A tous les malheureux qui travaillent comme des fourmis, j'offre un coup de fraîcheur...
Dans une semaine, je reviens de vacances, en temps ordinaire, le temps passe moins vite...
mercredi 10 juillet 2013
Main Square Festival - Arras - 5 juillet 2013
Je sais bien que le Main Square dure trois jours, mais je n'avais pris que des tickets pour le premier jour (vu le lumbago colossal que je me paie, j'ai été avisé de m'en tenir là)... Le samedi, surprise, le premier groupe c'était Mike and the Mechanics et j'aurais été curieux de voir ça, mais ma curiosité se serait à peu près arrêtée là... En tête d'affiche, c'était Sting... En 2013, je ne suis pas sûr que c'est une bonne idée... Mais je peux me tromper, faut reconnaitre que le gaillard était plutôt bon quand je l'ai vu... Il y a 25 ans !
Le dimanche, tandis que j'étais couché et bourré de Codéine et de paracétamol, il y avait quelques bons groupes... et puis Indochine à la fin.... Comme ça au moins, pas de regrets de rentrer chez soi ! Je suis dans l'incapacité totale de comprendre pourquoi 30000 clampins se sont pressés pour voir ces (vieux) blaireaux jouer mal leurs mauvaises chansons, mais bon... Il paraît que tous les goûts sont dans la nature, même les plus mauvais... Revenons plutôt au vendredi...
Étrange méthode pour ouvrir les portes : une énorme queue se forme devant les barrières où les gros bras laissent passer les gens dix par dix pour pouvoir les fouiller (selon des critères plus ou oins définis) On m'a tâté les poches et les cuisses, mais Coco est passée sans problème. A la place du fouilleur j'aurais fait l'inverse, mais il préférait probablement les grands barbus... Heureusement que j'avais donné à Claude les couteaux et les nunchakus... Pour la réserve de drogue, l'alcool et les faux billets, je les avais laissés à Eléonore : on suspecte moins facilement les moins de douze ans...
Sérieusement, heureusement qu'on était à l'avance et qu'on n'avait pas pris de dessert au restaurant japonais...
On arrive donc sur les lieux à 15h et déjà Twin Forks est en train de jouer, mais le son est au minimum et on comprend vite qu'ils finissent leur balance... Ils sortent de scène et on attend...
C'est la partie la moins cool de ce festival, celle qui va me casser le dos : l'attente, assis par terre, sans dossier, sur le coussin formé par le sac contenant pull et K-way, au cas où... vu le temps qu'il va faire, ce sac le fera chier pendant tous les concerts... Sa seule utilité sera de fournir une vague épaisseur sous mes fesses entre deux sets... "Insuffisant !" me crient les muscles contracturés autour de L4-L5...
A 16h, retour de Twin Forks sur scène, pour un set de près d'une heure... C'est très cool de la part du festival d'offrir même aux petits groupes un vrai set permettant de faire ses preuves... 45 minutes, c'est un peu juste, mais là, une heure, c'est royal... (et c'est traître aussi : quand le groupe est mauvais, ça craint !) Ce premier groupe est, heureusement, très sympa : du folk américain, avec une belle pêche. Un chanteur bondissant avec une guitare acoustique, un bassiste, un batteur et une jolie chanteuse avec une mandoline électrique. Très agréable et très sympa. Malheureusement, et ce sera vrai de presque tous les groupes de ce festival DE MERDE (ce qu'aucun média ayant couvert l'événement n'a signalé), le son est POURRI ! Le connard qui fait office d'ingé-son pousse les basses comme dans une discothèque confondant le rock et la techno. Résultat, on n'entend la guitare acoustique que quand elle joue seule. Tout le reste est noyé dans le fracas de la basse/batterie, ne parlons même pas de la mandoline. Les vidéos que j'avais vues sur le net et le disque écouté après coup me confirment que c'est un bon groupe (ils nous ont même fait la surprise et le plaisir de reprendre un titre de Fleetwood Mac), mais au Main Square, leur prestation est gâchée, on n'entend même pas la mandoline et on est obligé de se boucher les oreilles avec des BAB... Triste.
Si vous êtes curieux, vous pouvez envoyer un mail à twinforksmusic@gmail.com et vous recevrez immédiatement un lien pour télécharger gratuitement 4 chansons du groupe?. Sympa.
Un petit exemple de Twin Forks :
On a juste trouvé que la chanson "Praise the Lord cause I saw the light" était de trop... Va savoir pourquoi...
30 minutes de pause (vive la liseuse, j'ai avancé dans World War Z... Va falloir que je mette à jour ce blog avec tout ce que j'ai lu :) ) Il faut reconnaître à l'organisation du Main Square d'être très performante : les concerts démarrent très précisément à l'heure programmée. La grande classe... Il ne manquait qu'un ingénieur du son compétent...
A 17h, arrivée du groupe Rival Sons. Groupe de Californie. Sur les vidéos que j'avais vues, ça sonnait pas mal : à mi-chemin entre les Doors et Led Zeppelin... Les nouveaux "The Front"... sur scène, c'est une autre paire de manches... D'entrée de jeu, le chanteur m'exaspère avec ses poses de poète maudit vivant à fond ses chansons anecdotiques. C'est plat, c'est long, c'est banal, c'est ennuyeux ( et c'est quasiment inaudible, saloperies de basses à fond la caisse)...
De plus le batteur est misérable et ne se contente pas d'être à chier : en plus, il cherche les caméras du regard et prend les poses les plus diverses pour bien monter sa crête et ses tatouages.
Ringard et insupportable... J'ai sorti ma fidèle liseuse et j'ai lu pendant la moitié du set !!
Après les 30 minutes d'attente règlementaires, ce fut le tour des écossais de Biffy Cliro...
Bon; je n'avais vu qu'une paire de clips sur You tube, deux morceaux très cools et vaguement variété, et je m'attendais à un set vaguement chiant. Mais non, une heure avec des bariolés torses nus qui s'éclatent en tortillant mignonnement du croupion... Franchement pas mal. juste dommage que le son soit ruiné une fois de plus par le déferlement de basse, rendant le set assourdissant, obligeant à recourir aux bouchons d'oreille (au silicone, bien occultant). Dommage, très dommage, car ils avaient une vraie présence sur scène et leurs chansons paraissent pas mal du tout. Je vais écouter un album...
Arrivé à ce moment du festival, je dois avouer que j'étais assez désespéré : perdre autant de temps, avec autant d'inconfort pour écouter un son de merde, avec des bouchons, ce que je déteste. Mais voilà que tout ce que le public compte des minettes à peine pubères se précipitent dans les premiers rangs. Nous maintenons notre position avec difficulté (déjà qu'il avait fallu résister aux assauts des connards qui pogotaient sur Biffy Cliro (putain, ils devraient essayer d'écouter DU VRAI rock). Mais on y parvient... Entrent sur scène deux clampins en costume avec des masques à gaz. Ils restent stoïques pendant de longues minutes : ils font partie du décor de 30 seconds to Mars, le groupe suivant...
Un set de 90 minutes étonnant... Le groupe est très attendu, il a un succès phénoménal et, c'est paradoxal, il offre un show réjouissant et que je ne regrette pas une seconde, tout en n'offrant rien de bon... 30 STM est à au rock ce que McDo est à la gastronomie. Ça présente bien, ça nourrit, c'est consensuel (ou presque), c'est 100% programmé et dosé par le marketing... La musique n'est pas mauvaise (en gros, on dirait du U2), les musiciens pas mauvais (ça manque de soliste), le show épatant (à coups de ballons gonflables, acrobaties, lumières, pyrotechnie), la présence et l'implication sur scène de Jared Leto est à l'avenant : il n'arrête jamais, il se défonce, il communique avec le public et pas une seconde ça n'a l'air sincère. Il demande au public de sauter sans arrêt (mais la musique est un peu molle), il veut des mains en l'air, il veut même qu'on lève le poing sur une chanson intitulée "This is War", à l'imagerie guerrière (euh, là, désolé, je n'ai qu'un doigt à t'offrir, Jared... Il a fallu que j'aille vérifier après, sur le clip, que la chanson était contre la guerre : ce n'est pas du tout évident à l'écoute).
En revanche, j'ai enfin pu ôter les maudits bouchons de mes oreilles : le son est fort et bon. Putain, si seulement on avait pu bénéficier d'un réglage correct pour les groupes précédents !
Bref, 90 minutes excellentes, de quoi chauffer la "salle" avant Green Day...
En tout cas, c'est très rigolo : j'ai souffert le martyre pendant l'immonde bouillasse sonore de Biffy Cliro et j'ai envie d'écouter leurs disques, alors que je me suis bien amusé pendant les 90 minutes de 30 stm et que jamais je n'en mettrai un titre sur mes disques durs (et encore moins ma cédéthèque...)
Nouvelle attente, nouvel afflux de public et c'est le tour des rois de la soirée...
D'abord, envoi de Bohemian Rhapsody... vlan, comme ça, ça chauffe le public qui se met immédiatement à chanter... puis un petit coup d'Ennio Morricone... Je ne me souviens jamais si c'est "Le Bon, la Brute et le truand" ou un autre : j'ai vu aucun western spaghetti (non, sans rire, aucun) Et enfin, le lapin Duracell (sans queue) entre sur scène pour nous faire un sketch... Puis... Green Day !
Et alors là, le pied. Rien à dire : un show énorme, un son parfait, une présence sur scène incroyable. Juste un peu trop de "give me your hands", mais bon, on avait été vacciné avec Jared Leto... et puis ça manque de solo, mais c'est Green Day, on sait ce qu'on est venu voir et entendre : du rythme, de la pêche punk-rock et c'est ce qu'on a, ça arrache... Des moments magiques : une reprise d'AC/DC qui a l'air d'être complètement improvisée, un moment où Billie Joe Armstrong fait monter sur scène un gars pour lui faire jouer la guitare... Pendant 5 minutes on a un jeune au paradis devant nous, et à la fin, il se voit offrir la guitare sur laquelle il a joué... J'ai bien cru qu'il allait défaillir...
Non seulement, ils ont la pêche, non seulement ils sont bons, non seulement ils déchirent... Mais en plus ils jouent pendant 2h20 ces cinglés !!!! Et il faux voir le délire à la Marx Brothers sur King of the Day... Ah pardon, à la Benny Hill, plutôt, c'est moins prestigieux, mais bon...
Un grand moment de bonheur...
Après Green Day, il y avait The Prodigy. J'étais juste un peu curieux... Mais on s'est barré !! ;)
Le dimanche, tandis que j'étais couché et bourré de Codéine et de paracétamol, il y avait quelques bons groupes... et puis Indochine à la fin.... Comme ça au moins, pas de regrets de rentrer chez soi ! Je suis dans l'incapacité totale de comprendre pourquoi 30000 clampins se sont pressés pour voir ces (vieux) blaireaux jouer mal leurs mauvaises chansons, mais bon... Il paraît que tous les goûts sont dans la nature, même les plus mauvais... Revenons plutôt au vendredi...
Étrange méthode pour ouvrir les portes : une énorme queue se forme devant les barrières où les gros bras laissent passer les gens dix par dix pour pouvoir les fouiller (selon des critères plus ou oins définis) On m'a tâté les poches et les cuisses, mais Coco est passée sans problème. A la place du fouilleur j'aurais fait l'inverse, mais il préférait probablement les grands barbus... Heureusement que j'avais donné à Claude les couteaux et les nunchakus... Pour la réserve de drogue, l'alcool et les faux billets, je les avais laissés à Eléonore : on suspecte moins facilement les moins de douze ans...
Sérieusement, heureusement qu'on était à l'avance et qu'on n'avait pas pris de dessert au restaurant japonais...
On arrive donc sur les lieux à 15h et déjà Twin Forks est en train de jouer, mais le son est au minimum et on comprend vite qu'ils finissent leur balance... Ils sortent de scène et on attend...
C'est la partie la moins cool de ce festival, celle qui va me casser le dos : l'attente, assis par terre, sans dossier, sur le coussin formé par le sac contenant pull et K-way, au cas où... vu le temps qu'il va faire, ce sac le fera chier pendant tous les concerts... Sa seule utilité sera de fournir une vague épaisseur sous mes fesses entre deux sets... "Insuffisant !" me crient les muscles contracturés autour de L4-L5...
A 16h, retour de Twin Forks sur scène, pour un set de près d'une heure... C'est très cool de la part du festival d'offrir même aux petits groupes un vrai set permettant de faire ses preuves... 45 minutes, c'est un peu juste, mais là, une heure, c'est royal... (et c'est traître aussi : quand le groupe est mauvais, ça craint !) Ce premier groupe est, heureusement, très sympa : du folk américain, avec une belle pêche. Un chanteur bondissant avec une guitare acoustique, un bassiste, un batteur et une jolie chanteuse avec une mandoline électrique. Très agréable et très sympa. Malheureusement, et ce sera vrai de presque tous les groupes de ce festival DE MERDE (ce qu'aucun média ayant couvert l'événement n'a signalé), le son est POURRI ! Le connard qui fait office d'ingé-son pousse les basses comme dans une discothèque confondant le rock et la techno. Résultat, on n'entend la guitare acoustique que quand elle joue seule. Tout le reste est noyé dans le fracas de la basse/batterie, ne parlons même pas de la mandoline. Les vidéos que j'avais vues sur le net et le disque écouté après coup me confirment que c'est un bon groupe (ils nous ont même fait la surprise et le plaisir de reprendre un titre de Fleetwood Mac), mais au Main Square, leur prestation est gâchée, on n'entend même pas la mandoline et on est obligé de se boucher les oreilles avec des BAB... Triste.
Si vous êtes curieux, vous pouvez envoyer un mail à twinforksmusic@gmail.com et vous recevrez immédiatement un lien pour télécharger gratuitement 4 chansons du groupe?. Sympa.
Un petit exemple de Twin Forks :
On a juste trouvé que la chanson "Praise the Lord cause I saw the light" était de trop... Va savoir pourquoi...
30 minutes de pause (vive la liseuse, j'ai avancé dans World War Z... Va falloir que je mette à jour ce blog avec tout ce que j'ai lu :) ) Il faut reconnaître à l'organisation du Main Square d'être très performante : les concerts démarrent très précisément à l'heure programmée. La grande classe... Il ne manquait qu'un ingénieur du son compétent...
A 17h, arrivée du groupe Rival Sons. Groupe de Californie. Sur les vidéos que j'avais vues, ça sonnait pas mal : à mi-chemin entre les Doors et Led Zeppelin... Les nouveaux "The Front"... sur scène, c'est une autre paire de manches... D'entrée de jeu, le chanteur m'exaspère avec ses poses de poète maudit vivant à fond ses chansons anecdotiques. C'est plat, c'est long, c'est banal, c'est ennuyeux ( et c'est quasiment inaudible, saloperies de basses à fond la caisse)...
De plus le batteur est misérable et ne se contente pas d'être à chier : en plus, il cherche les caméras du regard et prend les poses les plus diverses pour bien monter sa crête et ses tatouages.
Ringard et insupportable... J'ai sorti ma fidèle liseuse et j'ai lu pendant la moitié du set !!
Après les 30 minutes d'attente règlementaires, ce fut le tour des écossais de Biffy Cliro...
Bon; je n'avais vu qu'une paire de clips sur You tube, deux morceaux très cools et vaguement variété, et je m'attendais à un set vaguement chiant. Mais non, une heure avec des bariolés torses nus qui s'éclatent en tortillant mignonnement du croupion... Franchement pas mal. juste dommage que le son soit ruiné une fois de plus par le déferlement de basse, rendant le set assourdissant, obligeant à recourir aux bouchons d'oreille (au silicone, bien occultant). Dommage, très dommage, car ils avaient une vraie présence sur scène et leurs chansons paraissent pas mal du tout. Je vais écouter un album...
Arrivé à ce moment du festival, je dois avouer que j'étais assez désespéré : perdre autant de temps, avec autant d'inconfort pour écouter un son de merde, avec des bouchons, ce que je déteste. Mais voilà que tout ce que le public compte des minettes à peine pubères se précipitent dans les premiers rangs. Nous maintenons notre position avec difficulté (déjà qu'il avait fallu résister aux assauts des connards qui pogotaient sur Biffy Cliro (putain, ils devraient essayer d'écouter DU VRAI rock). Mais on y parvient... Entrent sur scène deux clampins en costume avec des masques à gaz. Ils restent stoïques pendant de longues minutes : ils font partie du décor de 30 seconds to Mars, le groupe suivant...
Un set de 90 minutes étonnant... Le groupe est très attendu, il a un succès phénoménal et, c'est paradoxal, il offre un show réjouissant et que je ne regrette pas une seconde, tout en n'offrant rien de bon... 30 STM est à au rock ce que McDo est à la gastronomie. Ça présente bien, ça nourrit, c'est consensuel (ou presque), c'est 100% programmé et dosé par le marketing... La musique n'est pas mauvaise (en gros, on dirait du U2), les musiciens pas mauvais (ça manque de soliste), le show épatant (à coups de ballons gonflables, acrobaties, lumières, pyrotechnie), la présence et l'implication sur scène de Jared Leto est à l'avenant : il n'arrête jamais, il se défonce, il communique avec le public et pas une seconde ça n'a l'air sincère. Il demande au public de sauter sans arrêt (mais la musique est un peu molle), il veut des mains en l'air, il veut même qu'on lève le poing sur une chanson intitulée "This is War", à l'imagerie guerrière (euh, là, désolé, je n'ai qu'un doigt à t'offrir, Jared... Il a fallu que j'aille vérifier après, sur le clip, que la chanson était contre la guerre : ce n'est pas du tout évident à l'écoute).
En revanche, j'ai enfin pu ôter les maudits bouchons de mes oreilles : le son est fort et bon. Putain, si seulement on avait pu bénéficier d'un réglage correct pour les groupes précédents !
Bref, 90 minutes excellentes, de quoi chauffer la "salle" avant Green Day...
En tout cas, c'est très rigolo : j'ai souffert le martyre pendant l'immonde bouillasse sonore de Biffy Cliro et j'ai envie d'écouter leurs disques, alors que je me suis bien amusé pendant les 90 minutes de 30 stm et que jamais je n'en mettrai un titre sur mes disques durs (et encore moins ma cédéthèque...)
Nouvelle attente, nouvel afflux de public et c'est le tour des rois de la soirée...
D'abord, envoi de Bohemian Rhapsody... vlan, comme ça, ça chauffe le public qui se met immédiatement à chanter... puis un petit coup d'Ennio Morricone... Je ne me souviens jamais si c'est "Le Bon, la Brute et le truand" ou un autre : j'ai vu aucun western spaghetti (non, sans rire, aucun) Et enfin, le lapin Duracell (sans queue) entre sur scène pour nous faire un sketch... Puis... Green Day !
Et alors là, le pied. Rien à dire : un show énorme, un son parfait, une présence sur scène incroyable. Juste un peu trop de "give me your hands", mais bon, on avait été vacciné avec Jared Leto... et puis ça manque de solo, mais c'est Green Day, on sait ce qu'on est venu voir et entendre : du rythme, de la pêche punk-rock et c'est ce qu'on a, ça arrache... Des moments magiques : une reprise d'AC/DC qui a l'air d'être complètement improvisée, un moment où Billie Joe Armstrong fait monter sur scène un gars pour lui faire jouer la guitare... Pendant 5 minutes on a un jeune au paradis devant nous, et à la fin, il se voit offrir la guitare sur laquelle il a joué... J'ai bien cru qu'il allait défaillir...
Non seulement, ils ont la pêche, non seulement ils sont bons, non seulement ils déchirent... Mais en plus ils jouent pendant 2h20 ces cinglés !!!! Et il faux voir le délire à la Marx Brothers sur King of the Day... Ah pardon, à la Benny Hill, plutôt, c'est moins prestigieux, mais bon...
Un grand moment de bonheur...
Après Green Day, il y avait The Prodigy. J'étais juste un peu curieux... Mais on s'est barré !! ;)
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